Inaugurée en grande pompe mercredi après-midi, la nouvelle ligne de production de couches de la gamme Pampers est devenue la fierté de la filiale du géant américain des produits de grande consommation, Procter and Gamble (P&G). Et ce n'est pas un hasard si Abdelkader Aâmara, ministre de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, a lui-même coupé le ruban. Installée à Mohammedia et opérationnelle depuis décembre, cette nouvelle unité intègre une nouvelle technologie de production qui permet de doubler la capacité de production annuelle des couches Pampers, de la gamme Premium Care. Cette inauguration est en réalité la première phase d'un plan de modernisation au coût global de 400 millions de DH. Elle remplace ainsi deux anciennes lignes de production afin de mieux assurer le marché à l'export, qui pèse pour 30% du chiffre d'affaires de P&G, mais ce plan de 400 MDH prévoit également l'extension du bâtiment concerné, afin qu'il puisse héberger jusqu'à trois lignes de production et comprend aussi l'externalisation de la plateforme de produits finis. La construction de ce nouveau bâtiment aura nécessité 600 journées de travaux, l'implication de 15 entreprises marocaines et de 9 étrangères. L'ensemble du projet aura connu la participation de plus de 300 entreprises marocaines opérant entre autres dans les domaines techniques (du génie civil, de la mécanique, de la production électrique) et tertiaires (de la maintenance, de la sécurité et du transport). En attendant 2015 Autant dire que ce projet a tenu en haleine bon nombre de personnes. Il n'est pas étonnant que le ministre Aâmara se soit félicité : «Nous ne pouvons que nous réjouir de l'impact et des retombées hautement favorables de la mise en service de l'unité pour l'économie marocaine», a-t-il déclaré. Depuis 2001, P&G a investi 600 MDH dans son développement, à travers notamment la construction de deux usines, à Aïn Sebaâ et Mohammedia. Deux conventions, en 2000 et 2007, avaient alors été conclues avec le gouvernement pour des montants respectifs de 380 MDH et 220 MDH. Une troisième a été conclue cette année et court jusqu'en 2015, pour un nouveau montant de 220 MDH. P&G North West Africa n'a pas pour autant lésiné sur les moyens de formation. Ce n'est pas moins de 14 MDH qui ont ainsi été investis, pour former 52 ingénieurs et techniciens à l'étranger. Chacun aura reçu entre deux et douze semaines de formation dans les usines «jumelles» du groupe P&G (en Allemagne, Pologne, Egypte, Afrique du Sud, et en Arabie Saoudite) totalisant ainsi 85.000 heures de formation. Omar Channawi, Dg de P&G North West Africa. «Nous progressons plus vite que le marché» Les Echos quotidien : Comment s'est portée votre activité en 2011 ? Omar Channawi : Le Maroc est un hub. Je ne peux donc pas vous donner les chiffres consolidés pour le Maroc. Mais pour la région North West Africa, comprenant le Maroc, l'Algérie et les pays vers lesquels nous exportons, P&G a réalisé un chiffre d'affaires compris en 300 et 350 millions de dollars, soit 3,5 MMDH. Nous progressons plus vite que le marché et nous sommes leaders sur toutes les catégories dans lesquelles nous exerçons. Nous commercialisons aujourd'hui une vingtaine de marques au Maroc comprenant Tide, Ariel, Ace, Gillette, Head&Shoulders, etc. Nous sommes dans trois secteurs : l'hygiène domestique (détergents), les cosmétiques, et l'hygiène personnelle. Notre portefeuille au Maroc est assez large, mais il ne représente que 20% du catalogue de P&G à l'international. Avez-vous l'intention d'introduire de nouvelles gammes au Maroc ? En 2012, il n'y aura rien de nouveau pour les détergents. Néanmoins, nous pouvons très bien prévoir d'introduire des extensions de produits existant déjà au Maroc. C'est le cas par exemple pour notre gamme de lessive Ariel. Ailleurs, vous trouverez la lessive en tablettes, en capsules. Nous avons beaucoup d'opportunités à ce niveau là. Vous pouvez désormais trouver des solutions compactes de lessive Ariel. Pour les cosmétiques et l'hygiène personnelle, nous avons prévu de lancer de nouvelles catégories qui n'existent pas encore. Nous avons 20 millions de consommateurs actuels dans notre région. Ils achètent au moins une marque P&G. Notre ambition pour les 3 années à venir est d'ajouter 20 millions de nouveaux consommateurs et d'augmenter leur panier de 1 à 3 marques. Pour cela, nous avons besoin de nous étendre géographiquement et d'élargir, à la fois, en profondeur de gammes et en nouvelles gammes. Nous retardons nos introductions car nous le ferons quand nous aurons les ressources humaines et financières. Pourquoi avoir choisi le Maroc pour cette nouvelle unité ? Le marché marocain est important. Nous voulons toujours être proches de nos consommateurs. Les lignes que nous ramenons sont des lignes de grande capacité, très performantes, qui peuvent produire plusieurs types de performances et dont nous n'avons pas toujours besoin dans le pays. Nous nous assurons d'avoir un marché important à l'export pour utiliser toutes les capacités de l'unité. Or l'export est justement une priorité sur laquelle nous mettons l'accent.