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Mohamed Jadri : "La vulnérabilité à la pauvreté, surtout de la classe moyenne, est assez élevée"
Publié dans Les ECO le 18 - 02 - 2025


Economiste et expert
Selon l'enquête nationale menée par le HCP sur le niveau de vie des ménages entre mars 2022 et mars 2023, le creusement des inégalités du niveau de vie des Marocains se confirme, atteignant 40,5% en 2022. Quant à la vulnérabilité urbaine, elle est en hausse avec une tendance au changement dans la manifestation de la pauvreté. Près de la moitié des personnes vulnérables sont des citadins (47,2%), les classes moyennes n'ayant véritablement bénéficié ni des fruits de la croissance ni des politiques de redistribution.
Le HCP affirme dans son enquête que, structurellement, le niveau de vie des ménages s'améliore, sans que cette dynamique ne s'accompagne d'une réduction des inégalités. Pourquoi, selon vous ?
Effectivement, à travers les données déclarées par le HCP, la situation économique s'est certes améliorée de manière générale pour les ménages, quelles que soient leurs catégories sociales.
De ce fait, on voit qu'il y a une nette amélioration entre 2014 et 2019, mais qui a été toutefois accompagnée d'une dégradation à partir de 2019 jusqu'au 2022, en raison de la crise pandémique. Pour quelle raison cela n'a pas impacté pas la réduction des inégalités sociales ? Tout simplement parce que les politiques publiques, de manière générale, ne sont pas assez ciblées, surtout quand on parle de subventions dédiées à la farine, au sucre ou encore aux produits pétroliers, dans le passé (entre 2014 et 2016), et au gasoil, touchant toutes les catégories sociales.
De ce fait, on constate qu'il n'y a pas un ciblage pointu. C'est la raison pour laquelle on constate une amélioration globale, sans pour autant qu'elle se répercute sur toutes les couches sociales, notamment la classe moyenne, laquelle ne bénéficie pas de fortes subventions, à l'instar des ménages défavorisés.
Par ailleurs, je suis persuadé que la prochaine enquête permettra de constater un impact significatif sur la réduction des inégalités sociales.
En effet, il y a aujourd'hui un ciblage par rapport aux subventions, d'une manière générale, auparavant consacrées seulement aux familles défavorisées (aides sociales directes) alors que la classe moyenne n'en a pas bénéficié.
Des changements significatifs dans la consommation des ménages sont constatés avec plus de charges pour l'alimentation et les dépenses d'habitation et d'énergie. Quel sont les facteurs qui expliquent cette tendance ?
Aujourd'hui, on voit qu'il y a un changement de comportement quant aux modalités de consommation des ménages d'une manière assez conséquente, ce qui affecte les chiffres et leurs tendances.
Entre 2014 et 2022, il y a pas mal de facteurs conjoncturels et structurels qui sont intervenus, à commencer par la question de l'inflation, surtout alimentaire. C'est pour cela que le budget alloué à ce volet est devenu assez conséquent dans le budget des ménages, de manière générale.
Outre la hausse des dépenses alimentaires dans le budget total des ménages, celles d'habitation et d'énergie ont augmenté. Ceci s'explique par l'effet multiplicateur de cette inflation sur les autres secteurs, ainsi que par la question de la propriété, avec la hausse des crédits immobiliers pour l'acquisition des biens immobiliers, en plus de la hausse de la consommation d'énergie.
Face à cette situation, le resserrement du budget ne permet pas aux ménages de consacrer plus de dépenses aux soins de santé, au transport, aux équipements ménagers ni aux loisirs, à la culture, etc.
La vulnérabilité à la pauvreté renseigne sur le risque de basculer dans la pauvreté si des filets de sécurité ne protègent pas des chocs économiques et sociaux, surtout en milieu urbain. Quelle relation avec le taux de chômage élevé dans ce milieu, avec 16,9% en 2024 ?
Actuellement, la vulnérabilité à la pauvreté, surtout de la classe moyenne, est assez élevée. Les ménages répondent à peine à leurs besoins basiques, d'une part, avec un pouvoir d'achat très affecté et des salaires vulnérables à cette conjoncture économique et sociale, surtout les salaires correspondant au SMIG et au SMAG.
D'autre part, les ménages marocains n'arrivent plus à mettre de l'argent de côté en termes d'épargne puisqu'ils couvrent à peine leurs besoins, surtout pour ce qui est des familles nombreuses. Tout ceci les expose aux chocs extérieurs. Ces derniers accentuent cette vulnérabilité galopante qui se manifeste par la fermeture d'entreprises, la perte d'emplois et l'exposition aux différentes crises extérieures (sanitaire, économique et climatique, notamment).
Yassine Saber / Les Inspirations ECO


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