Réformes fiscales : le FMI salue les avancées réalisées par le Maroc    Venezuela : vers la fin de l'embargo pétrolier américain après un accord énergétique inédit avec Washington    Fortes pluies orageuses, neige et vent, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Oncorad Group sacré à Dubaï pour son avancée en chirurgie robotique    Maroc - Comores. Plus besoin de visa    Maroc : 3 MMDH pour soutenir les populations sinistrées    Barrage Oued El Makhazine : Les retenues atteignent 1 097,9 millions m3    Suspension du trafic maritime entre Tarifa et Tanger en raison du mauvais temps    Croissance, importations, déficit : ce que disent vraiment vingt ans de chiffres    Sidi Kacem : L'ONSSA assure le suivi sanitaire du cheptel affecté par les crues    HPS : la cession de l'activité Testing n'aboutit pas    Marrakech : Appel à une action mondiale contre le travail des enfants    Revue de presse de ce jeudi 12 février 2026    Les Marocains, 2èmes bénéficiaires des visas Schengen accordés par la France en 2025    Officiel : annonce du premier pays arabe fixant la date du début du Ramadan    Magnitude 3.7 earthquake recorded near Setti Fadma    Maroc : Un séisme d'une magnitude de 3,7 près de Setti Fadma    Intempéries en France: Un mort et un blessé grave, cinq départements en alerte maximale    Etats-Unis : L'ambassade du Maroc propose un guide des supporters au Mondial 2026    Edito. Pari sur le Mondial    CAN 2028 : La FRMF entretient le mystère sur une éventuelle candidature du Maroc    Après les perturbations météorologiques... le gouvernement classe quatre villes marocaines en zones sinistrées    Projet de loi 66.23 : la Primature rouvre le dialogue    Chefchaouen: Reanudación de clases tras la mejora de las condiciones meteorológicas    Intempéries : Ouverture de 124 sur 168 tronçons routiers endommagés    Coopération sanitaire : Tehraoui s'entretient avec son homologue émirati    Algeria plays the Polisario football team card once again    Algerian soldiers reportedly cross into Moroccan territory at Ksar Ich    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Berlinale 2026 : Le cinéma marocain sous les projecteurs à l'European Film Market    Une chanteuse namibienne entre dans le catalogue mondial de Sony Music    OM : Nayef Aguerd rend hommage à Roberto De Zerbi après son départ    Semaine décisive pour le retour d'Ounahi : AS évoque une possible reprise face au Barça    Trafic record à l'aéroport de Dubaï en 2025, avec 95,2 millions de passagers    UNESCO : « L'artisanat marocain » célébré à Paris comme patrimoine vivant « en mouvement »    Banque confédérale du Sahel : le Pr Bayala prend les commandes    Dakar Restaurant Week 2026 : la capitale sénégalaise célèbre la gastronomie    « 3ech Tma3 » : le thriller choc qui va secouer le public pendant le Ramadan    L'Algérie réactive la carte de l'équipe de football du Polisario    Officiel. Amical : le Maroc affronte l'Equateur et le Paraguay les 27 et 31 mars    Mondial 2030: les patronats des trois pays organisateurs passent à l'offensive    Maroc-Comores : exemption de visa pour les passeports diplomatiques et de service    39e sommet de l'UA : la problématique de l'eau au cœur des débats    Coopération sécuritaire : à Riyad, le Maroc consolide son ancrage stratégique dans le Golfe    Stoïcisme à l'ère numérique : une philosophie vendue en 15 secondes ?    Inondations : les Emirats arabes unis expriment leur solidarité avec le Maroc    Ramadan sur Athakafia : Une programmation alliant spiritualité et découverte    Le Marché dar Essalam enrichit le quotidien avec l'ouverture de son aile ouest et du cinéma pathé    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Exclusif. L'Office des changes amorce une nouvelle ère
Publié dans Les ECO le 21 - 10 - 2025


Directeur général de l'Office des changes
À l'aube de la mise en œuvre de sa stratégie 2025-2029, l'Office des changes entame une transformation en profondeur de son cadre réglementaire et opérationnel. Dans cet entretien exclusif, son directeur général, Driss Benchikh, dévoile les grands axes de cette réforme ambitieuse : refonte de l'Instruction générale des opérations de change, recours à l'intelligence artificielle pour un contrôle intelligent, digitalisation des services, et assouplissement progressif du régime des changes pour soutenir l'attractivité économique du Maroc.
Votre nouvelle stratégie 2025-2029 met l'accent sur la simplification, la digitalisation et le renforcement du contrôle. Quelles sont les réformes prioritaires qui seront visibles dès 2025 pour les opérateurs économiques et les particuliers ?
Notre stratégie 2025-2029 marque une étape majeure dans le renouveau de l'action de l'Office des changes. Elle traduit notre ambition d'«être une institution au service du développement économique du Maroc et de la préservation des équilibres extérieurs». Cette vision se décline en un programme d'actions structurées, mobilisant l'innovation réglementaire, la transformation numérique, la modernisation de la production statistique, l'instauration d'un contrôle intelligent fondé sur l'exploitation des données et l'intelligence artificielle, ainsi que la consolidation d'une gouvernance durable et responsable.
Dès 2026, plusieurs réformes concrètes seront perceptibles pour les opérateurs économiques et les particuliers. La première concerne la publication, au début de l'année, de la nouvelle version de l'Instruction générale des opérations de change. Cette mise à jour vise à clarifier, simplifier et moderniser le cadre réglementaire, offrant ainsi une meilleure lisibilité et un accès plus aisé aux dispositions de la réglementation des changes.
Parallèlement, l'Office des changes engagera une réingénierie approfondie de son dispositif de contrôle, visant son optimisation et le renforcement de son efficacité. Cette évolution s'appuiera sur l'intégration de solutions d'intelligence artificielle et sur le recoupement des données internes et externes, permettant une analyse prédictive et dynamique des risques.
Ce modèle de contrôle intelligent favorisera une meilleure anticipation des vulnérabilités et une allocation plus efficiente des ressources de supervision. La digitalisation constitue également un pilier central de ces réformes. Nous poursuivrons la modernisation de nos systèmes d'information par le développement de nouvelles solutions numériques.
L'Office des changes procédera, dans ce cadre, au déploiement d'une solution digitale unifiée permettant la traçabilité en temps réel des opérations de change de devises en billets de banque étrangers. Dans le même esprit de renforcement de la transparence et de la conformité internationale, l'Office poursuivra également ses efforts en matière de Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), en optimisant ses outils internes et en consolidant ses programmes de formation et de sensibilisation auprès des sociétés de change de devises.
Ces mesures visent non seulement à accroître la conformité du secteur aux exigences et aux standards internationaux, mais également à améliorer la notation du Maroc vis-à-vis du GAFI et à renforcer la position du pays sur la scène financière mondiale ainsi que sa réputation en matière de sécurité et de transparence financière.
Cette dynamique sera soutenue par une organisation interne renouvelée. Les travaux relatifs à cette réorganisation sont actuellement en phase finale et s'inscrivent dans une démarche participative impliquant l'ensemble des parties prenantes. Cette réorganisation vise à renforcer la capacité de l'institution, à porter efficacement sa stratégie, à consolider sa gouvernance et à optimiser son fonctionnement pour mieux répondre aux besoins des opérateurs économiques et des particuliers.
L'Office a annoncé vouloir moderniser l'Instruction générale des opérations de change. Quels sont les principaux assouplissements envisagés, notamment pour les entreprises exportatrices et les investissements à l'étranger ?
La révision de l'Instruction générale des opérations de change (IGOC) s'inscrit pleinement dans le cadre de la mise en œuvre de la vision stratégique de l'Office des changes. Elle constitue une étape majeure de modernisation de la réglementation des changes et de consolidation du processus de convertibilité. L'objectif de cette refonte est de clarifier le cadre réglementaire, d'en faciliter l'accès et d'en renforcer la compréhension pour l'ensemble des usagers, qu'il s'agisse des particuliers ou des opérateurs économiques.
La nouvelle version de l'IGOC, prévue pour 2026, sera structurée de manière harmonieuse selon des principes de clarté, d'accessibilité et d'effectivité des prestations. Elle mettra un accent particulier sur la lisibilité des dispositions réglementaires, afin que tous les acteurs concernés puissent les appliquer correctement.
Cette approche contribuera à rendre l'environnement réglementaire plus intelligible pour les entreprises et les particuliers, favorisant ainsi une meilleure appropriation des dispositions de la réglementation des changes. Il y a lieu de souligner que cette refonte est conduite dans un esprit de concertation approfondie avec les banques, les opérateurs économiques et l'ensemble des parties prenantes, afin de s'assurer que le nouveau cadre réglementaire réponde réellement aux besoins des usagers.
Ce travail permettra, à terme, de créer un environnement réglementaire plus transparent, prévisible et efficient, offrant aux entreprises et aux particuliers les conditions nécessaires pour réaliser leurs transactions à l'international.
Les dotations en devises – allocation touristique, voyages pour études, investissements – sont un sujet sensible. Envisagez-vous de revoir certains plafonds dans le cadre de la stratégie 2025-2029, notamment en lien avec la convertibilité progressive du dirham ?
La question des dotations en devises s'inscrit au cœur de la politique d'ouverture maîtrisée conduite par l'Office des changes. Depuis 2022, un régime simplifié a été instauré pour les voyages personnels, offrant aux citoyens un plafond annuel de 100.000 dirhams, avec la possibilité de bénéficier d'une dotation supplémentaire égale à 30% de l'Impôt sur le revenu payé. Ce dispositif répond déjà à une logique de simplification et d'élargissement des facilités accordées.
Dans cette continuité, la révision des plafonds des différentes dotations s'effectue en fonction du contexte macroéconomique, des demandes exprimées par les opérateurs économiques ou les particuliers, après évaluation de la portée et de la pertinence de ces demandes. Les études d'impact menées par les services de l'Office des changes permettent ensuite d'en mesurer les effets potentiels sur la balance des paiements et les équilibres extérieurs du pays.
Cette démarche traduit le devoir de notre institution de concilier ouverture et préservation de la stabilité économique. Pour les voyages pour études à l'étranger, la réglementation actuelle prévoit une large souplesse. Les frais de scolarité et de loyer peuvent être réglés librement par la banque sur présentation des justificatifs appropriés et sans aucun plafond.
En ce qui concerne les frais de séjour, le plafond fixé à 12.000 dirhams par mois peut être dépassé lorsque le coût de la vie dans le pays d'accueil le justifie, sous réserve de présentation de documents probants, conformément à la circulaire n°1/2025. Ce dispositif souple et avantageux témoigne de l'engagement de l'Office des changes à accompagner les étudiants marocains dans la réussite de leur parcours académique.
En matière d'investissements à l'étranger, les entreprises nationales ayant au moins trois années d'activité et disposant d'une comptabilité certifiée peuvent investir jusqu'à 200 millions de dirhams par an. Des dispositions spécifiques ont également été introduites pour les jeunes entreprises innovantes dans le domaine des nouvelles technologies (startups), leur permettant de créer des filiales à l'étranger dans le cadre de partenariats stratégiques.
Dans la continuité de cette ouverture graduelle, l'Office des changes conduit actuellement une étude d'impact sur l'éventuel relèvement de certains plafonds et assouplissement des conditions applicables, notamment pour les investissements à l'étranger et les dotations professionnelles. Cette réflexion vise à concilier les besoins de compétitivité et de rayonnement international des entreprises marocaines avec l'impératif de préservation des équilibres extérieurs.
Comment l'Office des changes articule-t-il sa mission de régulateur avec l'objectif national d'attractivité des investissements directs étrangers et de promotion de la convertibilité du dirham ?
Il est important de signaler, dans ce contexte, que la régulation, l'ouverture économique et l'attractivité internationale sont des principes indissociables. Elles constituent des composantes complémentaires d'une stratégie globale, orientée vers un Maroc résilient, compétitif et pleinement intégré dans les chaînes de valeur mondiales.
L'Office des changes s'inscrit pleinement dans cette logique en veillant à ce que sa mission de régulateur des opérations de change soutienne à la fois le développement économique du Royaume et la stabilité des équilibres extérieurs.
Dans ce cadre, le régime applicable aux investissements étrangers au Maroc garantit aux investisseurs étrangers, personnes morales ou physiques, résidentes ou non-résidentes, ainsi qu'aux Marocains résidant à l'étranger, la possibilité de réaliser librement des opérations d'investissement au Maroc, sans exigence préalable de déclaration ou d'enregistrement auprès de l'Office des changes. Lorsqu'ils sont financés en devises ou en dirhams convertibles, ces investissements bénéficient du régime de convertibilité, qui assure le transfert libre et sans limitation des revenus générés, ainsi que le rapatriement intégral du produit de cession ou de liquidation, y compris les plus-values réalisées.
Pour renforcer cette attractivité, l'Office des changes met en place un cadre réglementaire moderne, clair et accessible, garantissant la protection des intérêts nationaux tout en offrant aux investisseurs la prévisibilité et la sécurité juridique nécessaires pour engager leurs projets au Maroc. Cette approche favorise la confiance des acteurs économiques, qu'ils soient nationaux ou internationaux, et constitue un levier essentiel pour renforcer l'attractivité du Royaume en matière d'investissements directs étrangers.
Par ailleurs, l'assouplissement des dispositions de la réglementation des changes est complété par le renforcement des dispositifs de contrôle intelligent. Cette combinaison permet de concilier ouverture économique et préservation des équilibres extérieurs. L'Office des changes contribue ainsi à créer un environnement stable, transparent et prévisible, propice au développement des investissements, tout en assurant la maîtrise des risques pour l'économie nationale.
Le déficit commercial a fortement augmenté en 2025. Comment analysez-vous cette évolution et quelles implications voyez-vous sur la balance des paiements à moyen terme ?
Au titre des huit premiers mois de l'année 2025, les importations s'établissent à 533.420 MDH contre 492.016 MDH, soit une hausse de +8,4% ou +41.404 MDH. En parallèle, les exportations enregistrent une augmentation de 3,8% ou +11.119MDH, se situant à 307.490 MDH (296.371 MDH à fin août 2024). Ainsi, le déficit commercial augmente de 15,5%.
Le taux de couverture, quant à lui, perd 2,6 points. Il convient toutefois de souligner que le déficit commercial, pris isolément, ne reflète pas l'ensemble de la situation extérieure du Royaume. Une part importante de nos importations — près de 45% — est constituée de biens d'équipement et de demi-produits, composantes phares d'une économie en développement et en transformation structurelle, traduisant le dynamisme de l'investissement productif et l'essor des filières industrielles.
Par ailleurs, la balance des paiements du Maroc demeure soutenue par la solidité d'autres composantes notamment les transferts des Marocains résidant à l'étranger et les recettes touristiques, qui représentent un apport régulier et significatif en devises ainsi que les investissements directs étrangers, témoignant de la confiance des partenaires internationaux dans la stabilité et les perspectives de l'économie nationale.
À moyen terme, la mise en œuvre de la politique du Royaume en matière de développement économique, fondée sur l'ouverture, la compétitivité et l'innovation, devrait favoriser une montée en puissance des exportations, une diversification des marchés de destination, ainsi qu'un renforcement des filières industrielles à forte valeur ajoutée contribuant, in fine, à atténuer les déséquilibres du commerce extérieur.
Ces évolutions, conjuguées à la résilience des autres composantes de la balance des paiements, permettront au Maroc de consolider sa position extérieure et de maintenir ses réserves en devises à des niveaux confortables.
Les transferts des Marocains résidant à l'étranger sont en léger recul. Quelles mesures pourraient être envisagées pour soutenir ce flux vital pour l'économie marocaine ?
Les transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE) constituent depuis de longues années un pilier essentiel de l'économie nationale. Ils représentent l'une des principales sources d'entrées de devises, contribuant, ainsi, au soutien de la balance des paiements face au déficit commercial. Au cours de la dernière décennie, ces transferts ont presque doublé, passant de 60,2 milliards de dirhams en 2015 à près de 119 milliards en 2024, atteignant ainsi des niveaux historiques.
À fin août 2025, ils se sont établis à 81,7 milliards, contre 82,2 à la même période de l'année précédente, soit une quasi-stabilité d'une année à l'autre. Pour l'avenir, l'enjeu n'est pas seulement de préserver la dynamique de ces transferts, mais aussi de mieux les valoriser. Il s'agira, d'une part, de moderniser et de sécuriser les circuits de transfert et, d'autre part, de développer des produits financiers adaptés aux besoins des MRE, afin de favoriser une meilleure orientation de ces ressources vers de l'investissement productif et la création de valeur au service de l'économie marocaine.
Les Emirats Arabes Unis (EAU) se sont hissés en première position parmi les investisseurs étrangers au Maroc en 2024. Quels signaux cette évolution envoie-t-elle sur la diversification des partenariats financiers du Royaume ?
À fin 2024, les EAU se sont hissés au premier rang des investisseur étranger au Maroc, avec un flux net de 3,1 milliards de dirhams, soit 18,9% du total des investissements directs étrangers (IDE). Ce volume marque une progression de 57,8% par rapport à 2023, où le flux s'élevait à 1,9 milliard. Ce repositionnement illustre plusieurs tendances majeures.
Il témoigne d'abord de l'attractivité croissante du Royaume en tant que hub régional et plateforme d'investissement, portée par la stabilité de son cadre macroéconomique, la modernisation de ses infrastructures et la poursuite des réformes structurelles. Il reflète également la dynamique de diversification des partenariats financiers et économiques du Maroc, au-delà de ses partenaires traditionnels, vers de nouveaux pôles stratégiques tels que les pays du Golfe, la Chine — troisième investisseur en 2024 — et les Etats-Unis, qui occupent le quatrième rang.
L'intérêt accru des Emirats pour le Maroc confirme par ailleurs la solidité des relations bilatérales et leur ancrage dans une vision commune de développement et de prospérité partagée. Enfin, cette évolution renforce la position du Maroc comme destination sûre, compétitive et durable pour les investissements étrangers. Elle consolide également son rôle stratégique de passerelle entre l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient, tout en soutenant l'objectif d'intégration du Royaume dans les chaînes de valeur mondiales.
L'Office des changes a récemment lancé des enquêtes sur des transferts financiers jugés suspects. Quelles sont les pratiques irrégulières les plus fréquentes, et comment l'Office entend-il renforcer la transparence des opérations internationales ?
Dans le cadre de sa stratégie 2025-2029, l'Office des changes fait évoluer son approche du contrôle pour l'adapter à la complexité croissante des opérations financières internationales. Les mécanismes classiques de sous-facturation ou de surfacturation, désormais identifiés de façon quasi automatique grâce à la modernisation des systèmes d'analyse, ne constituent plus le principal enjeu.
L'action de l'Office se concentre désormais sur la détection de schémas plus élaborés, mobilisant des structures interposées ou des montages financiers complexes à l'étranger, parfois utilisés pour détourner la finalité économique réelle des opérations ou masquer la destination des fonds.
Cette évolution s'appuie sur un dispositif de supervision intelligent, intégrant l'analyse avancée des données et l'intelligence artificielle, ainsi que sur un renforcement de la coopération avec les administrations partenaires, à l'échelle nationale et internationale. L'objectif est de garantir une surveillance plus fine et plus réactive des flux internationaux, tout en consolidant la transparence et la crédibilité du dispositif national des changes.
Face aux multinationales qui utilisent parfois les prix de transfert pour réduire artificiellement leur base imposable, quelles nouvelles méthodes de contrôle comptez-vous mettre en place ? Et en quoi l'intelligence artificielle et la data science vont-elles transformer le rôle de l'Office des changes dans ce domaine ?
Les opérations de contrôle effectuées auprès des entreprises multinationales révèlent dans certains cas des irrégularités liées à la facturation de prestations intragroupe, notamment en matière d'assistance technique, de services de gestion ou de redevances. Il est à préciser, dans ce cadre, que l'Office des changes veille à ce que les transferts effectués par les filiales de groupes étrangers soient fondés sur des transactions effectives et des contreparties réelles, dûment justifiées et conformes aux conditions et modalités fixées par la réglementation des changes.
Pour renforcer l'efficacité de son dispositif, l'Office intègre désormais les technologies d'intelligence artificielle et les outils de data science dans ses processus de supervision. Ces innovations permettent une analyse approfondie des données, une détection précoce des anomalies et une orientation ciblée des contrôles vers les secteurs présentant les plus grands risques.
L'exploitation de ces outils offrira une capacité prédictive accrue, facilitant l'anticipation des comportements à risque et la traçabilité des flux financiers. Elle marquera une évolution majeure du rôle de l'Office des changes, désormais tourné vers une supervision proactive, fondée sur l'analyse des données et la transparence des transactions internationales.
La digitalisation est au cœur de vos orientations. Quels nouveaux e-services allez-vous déployer en priorité pour simplifier les démarches des particuliers et des entreprises, et quelles améliorations concrètes attendez-vous en matière d'accessibilité et de sécurité des opérations ?
La transformation digitale constitue un axe stratégique majeur pour l'Office des changes, qui s'attache à moderniser ses processus, à simplifier les démarches des usagers et à renforcer la sécurité de son écosystème numérique.
Engagé depuis plusieurs années dans un vaste chantier de dématérialisation, l'Office a développé la plateforme SMART, qui centralise plusieurs services en ligne, notamment les demandes d'autorisation, le supplément de dotation pour voyages personnels, la télé-déclaration EX-MRE, le bureau d'ordre digital et les services de réclamation.
Dans le prolongement de cette dynamique, de nouveaux e-services seront déployés, dont une solution digitale unifiée assurant la traçabilité en temps réel des opérations de change, la e-déclaration et une nouvelle version de l'application OC Connect. Ces évolutions s'accompagnent du renforcement continu de la sécurité de nos systèmes d'information, à travers la mise en place d'un Système de management de la sécurité de l'information aligné sur les standards internationaux, complété par un dispositif garantissant la continuité et la disponibilité des services.
La digitalisation menée par l'Office des changes dépasse ainsi la simple modernisation technologique pour s'imposer comme un levier de confiance, de transparence et d'efficacité au service des opérateurs économiques et des citoyens.
Sanae Raqui / Les Inspirations ECO


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.