La CAN est derrière nous. Elle laisse des stades pleins, une organisation maîtrisée, ainsi que des retombées économiques tangibles. Ce fut un test grandeur nature. Il a rassuré et validé un savoir-faire. Mais 2030 ne sera pas une répétition. Ce sera un changement d'échelle. À Salé, avec la FRMF, les patronats marocain, espagnol et portugais ont parlé investissements, consortiums et chaînes de valeur. Le Mondial sera inédit par sa géographie, entre deux rives et trois pays. Il sera surtout jugé sur sa solidité économique. Les bases existent pour le Maroc : infrastructures modernisées, LGV performante, aéroports en extension, hub portuaire consolidé… L'Espagne avance avec l'expérience et des stades déjà prêts à entrer en scène. Le Portugal est également rodé. Depuis le début, ils sont prêts. Chacun connaît sa partition… Reste à trouver l'harmonie. Le vrai défi commence là ! Réussir l'équation financière est indispensable. Des stades vivants toute l'année et des modèles crédibles. Des partenariats qui survivent au calendrier d'un tournoi. Le football attire la lumière, et les montages industriels assurent la structure. Et puis il y a l'autre match, celui de l'image. Un Mondial ne se résume plus à quatre semaines de compétition. Il façonne une réputation et imprime un récit. Il influence les flux touristiques, la confiance des investisseurs et la perception d'un pays. La CAN a prouvé la capacité d'exécution. Le Mondial devra faire beaucoup mieux. Au fond, la réussite ne se comptera pas en buts. Si, après 2030, les stades vibrent encore… Si les supporters y accèdent dans de bonnes condition, si les alliances tiennent et que l'image du Maroc se renforce dans le monde… alors, oui, le pari sera gagné ! Hicham Bennani / Les Inspirations ECO