Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse après une «attaque de grande envergure» contre le pays sud-américain, et ajouté que les Etats-Unis avaient l'intention de «diriger» la transition au Venezuela. Voici les principales réactions internationales. Au lendemain de l'opération américaine au Venezuela, les capitales du monde entier ont pris position. Derrière les déclarations officielles, c'est la question de la souveraineté des Etats, de l'usage unilatéral de la force et de la légitimité des transitions politiques qui s'invite brutalement à l'agenda diplomatique mondial. Condamnations fermes et alertes sur le droit international Parmi les réactions les plus virulentes figure celle de la Chine. Pékin a appelé Washington à «garantir la sécurité personnelle du président Nicolas Maduro et de son épouse, à les libérer immédiatement et à cesser de chercher à renverser le gouvernement du Venezuela», dénonçant une «violation flagrante du droit international». La diplomatie chinoise a évoqué un «comportement hégémonique» des Etats-Unis, susceptible de menacer la sécurité régionale en Amérique latine et dans les Caraïbes. Même registre du côté de la Russie, allié stratégique de Caracas en Amérique du Sud. Moscou a condamné un «acte d'agression armée» et estimé que «l'hostilité idéologique avait triomphé du pragmatisme économique». L'Iran a, de son côté, fustigé une «agression illégale» et une atteinte à la souveraineté nationale vénézuélienne, rappelant ses liens étroits avec le régime chaviste. À l'ONU, le secrétaire général Antonio Guterres s'est dit préoccupé par le non-respect du droit international, mettant en garde contre un «dangereux précédent». Il a appelé à un dialogue inclusif entre les acteurs vénézuéliens, dans le respect des droits humains et de l'Etat de droit. En Amérique latine, la Colombie a annoncé le déploiement de troupes à sa frontière avec le Venezuela. Le président Gustavo Petro, proche de Caracas, a dénoncé une «atteinte à la souveraineté» de la région et demandé une réunion immédiate de l'Organisation des Etats américains et de l'ONU. Le Mexique a également condamné des frappes menées «unilatéralement», estimant qu'elles mettaient gravement en péril la stabilité régionale. Hors du continent américain, l'Afrique du Sud a parlé de «violation manifeste de la Charte des Nations unies», tandis que la Turquie a appelé l'ensemble des parties à la retenue afin d'éviter une escalade aux conséquences régionales et internationales. Soutiens assumés et divisions occidentales À l'inverse, plusieurs dirigeants ont salué la chute de Nicolas Maduro. En Argentine, le président Javier Milei a exulté, voyant dans l'opération américaine une victoire idéologique. Même tonalité en Equateur, où Daniel Noboa s'est adressé directement à l'opposition vénézuélienne, l'appelant à «reprendre possession» du pays. En Europe, les positions sont plus nuancées. Le Royaume-Uni a rappelé son attachement au respect du droit international, tout en affirmant ne pas regretter la fin d'un régime jugé illégitime. La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a évoqué la fin de la «dictature Maduro» et appelé à une transition démocratique rapide menée par Edmundo González Urrutia. L'Espagne a, en revanche, refusé de reconnaître une intervention violant le droit international, estimant qu'elle poussait la région vers un horizon d'incertitude. L'Allemagne a souligné la responsabilité de Nicolas Maduro dans l'effondrement économique du pays, tout en appelant à une solution politique conforme aux normes internationales. L'Italie a jugé l'opération «légitime» et «défensive», tout en rappelant qu'une action militaire extérieure ne saurait, à elle seule, mettre fin à un régime autoritaire. L'Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, a appelé à la retenue et au respect de la Charte des Nations unies. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a réaffirmé le soutien de l'UE à une transition pacifique et démocratique. Au-delà des prises de position immédiates, l'opération américaine ouvre une séquence diplomatique incertaine. Entre fractures géopolitiques, risques de déstabilisation régionale et débat relancé sur l'usage de la force, le dossier vénézuélien s'impose désormais comme un test majeur pour l'ordre international et la capacité des acteurs globaux à en préserver les règles.