L'annonce de l'équipementier chinois Jiangsu Yunyi Electric de s'implanter à Tanger vient confirmer l'émergence de la ville du détroit comme un pôle de délocalisations et de relocalisations des grands groupes asiatiques et européens. Le secteur automobile et de la logistique en sont parmi les principaux bénéficiaires. Un nouvel arrivant est annoncé à Tanger dans le domaine industriel. Il s'agit de l'équipementier automobile chinois Jiangsu Yunyi Electric, avec un investissement de 66 millions de dollars (environ 660 MDH), pour la création d'une filiale détenue à 100% au Maroc, en plus de la mise en place d'une base de production. Cette unité devrait être située dans la Zone Tanger Tech. Et c'est une nouvelle implantation qui vient donner plus de compétitivité au secteur automobile national, mais aussi faire émerger davantage la ville de Tanger comme une place forte des délocalisations et relocalisations. En effet, ses zones industrielles continuent de séduire les grandes entreprises étrangères. Qu'elles soient européennes ou asiatiques, surtout chinoises, la ville du détroit semble désormais s'ériger en une zone stratégique pour se rapprocher de ses marchés de consommation ou production. D'ailleurs, c'est dans ce contexte que l'équipementier automobile néerlandais Derco avait lui aussi récemment annoncé sa décision de s'implanter dans le deuxième pôle industriel du Royaume. Et Derco n'est pas le seul, puisque côté chinois, également, les entreprises qui ont déjà choisi Tanger confirment leur stratégie d'implantation à long terme. C'est ainsi que la China State Construction Overseas Development (CSCOD) a entamé, quelques semaines plus tôt, les travaux qui permettront, à termes, de réaliser un complexe industriel consacré à la production de matériaux cathodiques pour batteries électriques. C'est un premier pas important pour concrétiser un investissement global estimé à 3 MMDH du géant chinois BTR New Material Group, avec une capacité annuelle prévue de 50.000 tonnes. Ce sont là les deux derniers faits marquant de ces semaines, qui viennent s'ajouter aux annonces d'implantations qui ont surtout rythmé le premier semestre de l'année en cours. Acier Et ces implantations ont surtout été notées dans l'industrie automobile et de la grande vitesse. C'est notamment le cas de l'entreprise d'ingénierie suédoise, SKF, qui y a récemment inauguré sa nouvelle usine. Ce nouveau site avec sa soixantaine d'emplois est dédié à la fabrication des composants pour des roulements magnétiques et des moteurs électriques à grande vitesse. Cette implantation fait suite à l'annonce de l'arrivée d'acteurs chinois dans l'industrie automobile, à l'instar de Century Tire qui a décidé de réaffecter à Tanger son unité initialement prévue en Galice, en Espagne. C'est également le cas d'un autre géant chinois, Shanshan, spécialisé dans les anodes en graphite synthétique. En outre, un autre leader chinois de production de fils d'acier pour pneus, à savoir Shandong Daye, a récemment confirmé son investissement de plus de 1 MMDH, pour faire sortir son usine tangéroise dénommée Daye Morocco. TAC Cette attractivité croissante gagnée par les zones industrielles du Nord du Maroc, à travers l'intérêt des grands opérateurs mondiaux, avait d'ailleurs poussé le gouvernement à élargir le périmètre de Tanger Automotive City (TAC). Pour sa part, l'entreprise espagnole Exlabesa a également inauguré récemment, à Asilah, sa troisième ligne de production au Maroc, dans son usine Kaye Aluminium Tanger. De quoi renforcer l'activité dans les différentes zones industrielles du Nord. Déjà, en 2024, Tanger Med Zones, filiale du Groupe Tanger Med, indiquait avoir validé quelque 95 nouveaux projets industriels, pour un investissement global de 3,63 MMDH et la création de 11.239 emplois. Une certaine accélération des investissements est attendue dans ces différentes zones, surtout avec la décentralisation de certaines décisions relatives aux investissements, avec une montée en gamme des Centres régionaux d'investissement. Le Royaume se met surtout en pôle position pour attirer les investissements européens en quête de relocalisation et chinois cherchant à se rapprocher des marchés européens et américains, en raison des surtaxes américaines. Mais aussi, et surtout, depuis les décisions des entreprises occidentales de dépendre moins des marchés asiatiques, pour éviter le piège de l'éloignement comme ce fut le cas lors du Covid.