À peine lancé, le nouveau dispositif de soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) entre dans une phase concrète. Avec 89 projets déjà approuvés pour plus de 1,28 milliard de dirhams et un potentiel de création de milliers d'emplois, le mécanisme illustre la volonté de l'Etat de repositionner les TPME au cœur de la dynamique d'investissement, en misant sur la régionalisation de la décision et l'accélération de l'exécution. Un mois et demi après son lancement, le nouveau dispositif de soutien aux Très petites, petites et moyennes entreprises commence à produire ses premiers effets mesurables. Devant la Chambre des représentants, le ministre délégué chargé de l'Investissement, de la Convergence et de l'Evaluation des politiques publiques, Karim Zidane, a annoncé l'approbation de 89 projets d'investissement représentant un volume global de plus de 1,28 milliard de dirhams. À la clé, près de 5.000 emplois attendus, avec une capacité de création pouvant atteindre, au rythme actuel, quelque 40.000 postes par an. Au-delà des chiffres, cette première séquence marque surtout l'entrée en régime opérationnel d'un mécanisme conçu pour corriger l'un des déséquilibres structurels de l'investissement au Maroc. Longtemps concentrée sur les grands projets, la politique de soutien public entend désormais rééquilibrer l'effort en direction des TPME. Celles-ci, qui constituent l'ossature du tissu productif national, demeurent en effet confrontées à des contraintes persistantes d'accès au financement, à l'accompagnement et à la décision. Un dispositif pensé pour changer d'échelle Le nouveau mécanisme repose sur une architecture à deux niveaux. Il combine un soutien de base, accessible à un large spectre d'entreprises, et un appui ciblé, destiné aux projets à caractère stratégique, incluant explicitement les TPME. Cette approche vise à dépasser la logique de guichet unique pour introduire une lecture plus qualitative des projets, intégrant leur impact économique, territorial et en matière d'emploi. L'enjeu est de faire de la TPME non plus un segment marginalement soutenu, mais un levier central de la dynamique d'investissement. Les premiers projets approuvés traduisent cette orientation, tant par les montants engagés que par leur potentiel de création d'emplois, dans des délais relativement courts. La régionalisation comme accélérateur L'un des marqueurs structurants du dispositif réside dans la délégation des décisions au niveau territorial. Pour les projets dont l'investissement est inférieur à 250 millions de dirhams, l'ensemble de la chaîne (préparation, étude, approbation, mise en œuvre et décaissement des subventions), a été transféré à l'échelle régionale. Les Centres régionaux d'investissement se voient ainsi confier un rôle de chef d'orchestre du dispositif TPME. Ce choix répond à un impératif d'efficacité. Il vise à réduire les délais de traitement, à rapprocher la décision des réalités économiques locales et à mieux adapter l'accompagnement aux spécificités tant sectorielles que territoriales. En filigrane, il s'agit aussi de renforcer la crédibilité de l'action publique auprès des porteurs de projets, souvent freinés par la lourdeur perçue des procédures. Un environnement des affaires en chantier permanent Ce déploiement s'inscrit dans un cadre plus large, celui de la feuille de route nationale pour l'amélioration du climat des affaires 2022–2026. Selon Karim Zidane, 98% des initiatives prévues ont déjà été lancées, avec un taux d'exécution global de 67%. L'objectif affiché est d'achever l'intégralité des actions restantes au cours de l'année, afin de boucler ce cycle de réformes. Derrière ces indicateurs, la feuille de route traduit une volonté de coordination accrue entre les acteurs de l'écosystème de l'investissement, de simplification des procédures et d'amélioration tangible de la qualité de service offerte aux entreprises. Autant de prérequis pour que les dispositifs de soutien ne restent pas des outils isolés, mais s'insèrent dans un environnement réellement favorable à l'initiative privée. La montée en puissance du soutien aux TPME sera jugée moins sur le nombre de projets approuvés que sur leur capacité à se concrétiser rapidement et durablement. L'enjeu est désormais celui de l'exécution, de la continuité des financements et de l'accompagnement post-investissement. C'est à cette condition que le dispositif pourra s'imposer comme un levier structurel de croissance, et non comme une parenthèse conjoncturelle de plus dans la politique d'investissement. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO