La décision 01/26 structure le littoral en cinq unités d'aménagement afin de concilier exploitation économique et durabilité des ressources, selon les recommandations de l'INRH. Elle impose aux chalutiers de la pêche au chalut de fond un zoning territorial et maritime avec des ports de débarquement et d'attache dès la campagne 2026. Ce nouveau cadre inclut des zones de pêche communes et maintient un accès réglementé par tirage au sort pour le sanctuaire du poulpe au Sud. Désormais, le zoning des chalutiers côtiers est régi par un découpage du littoral en cinq unités d'aménagement. Loin d'être une simple formalité géographique, il s'agit là d'une réponse structurelle aux recommandations de l'INRH (n° 04/0126/INRH du 28 janvier 2026). En signant la décision 01/26, le 3 février 2026, qui abroge et remplace la décision n° PC CHAL – 01/25 du 8 décembre 2025, le secrétariat d'Etat à la Pêche maritime instaure ainsi un nouveau cadre réglementaire visant à l'équilibre entre exploitation économique et préservation de la biodiversité marine. Pour la pêche au chalut de fond, les eaux maritimes marocaines sont désormais subdivisées en cinq unités d'aménagement, avec une définition de leurs ports de débarquement. En liant chaque zone à des ports d'attache précis, l'administration transforme le littoral avec l'instauration d'une architecture spatiale s'étendant de la Méditerranée jusqu'au sud de Boujdour. Chaque unité (Méditerranée, Tanger-Mohammedia, Mehdia-Cap Ghir, Cap Ghir-Laâyoune et Sud Boujdour) est définie par des coordonnées GPS millimétrées et s'appuie sur 18 ports d'attache obligatoires, répartis sur ces zones. Des spécificités opérationnelles Cette décision 01/26 force les armateurs à choisir leur zone d'activité pour toute la durée de la saison. Sur ce point, l'article 2 stipule qu'à partir de la campagne de pêche 2026, chaque chalutier côtier est tenu d'opérer uniquement dans une seule unité d'aménagement parmi les quatre premières unités indiquées. Chaque navire doit obligatoirement débarquer ses captures dans les ports relevant de l'unité choisie, ces derniers étant inscrits sur sa licence de pêche. Le texte prévoit toutefois des spécificités opérationnelles : les navires des unités 2 et 3 sont autorisés à exploiter une zone de pêche commune s'étendant de Mehdia à Mohammedia. Par ailleurs, selon l'article 4, les navires de l'unité 2 bénéficient d'une autorisation exceptionnelle de débarquement au port de Casablanca, compte tenu de sa capacité d'accueil. À l'inverse, les navires de l'unité 3 ont l'interdiction formelle de débarquer leurs captures dans les ports de Mohammedia et de Mehdia. Enfin, nonobstant les règles de sédentarisation de l'article 2, l'accès à l'unité 5 (Sud de Boujdour) reste régi par la saisonnalité du poulpe. L'entrée dans cette zone s'effectue selon la procédure habituelle du tirage au sort, dans la limite de la capacité de 150 chalutiers, fixée par la matrice de 2004. Le suivi et l'application de l'ensemble de ces dispositions sont confiés à la Direction des pêches maritimes, à la Direction de contrôle, à la Direction de la stratégie ainsi qu'aux Délégations régionales concernées. Yassine Saber / Les Inspirations ECO