La dynamique des crédits et dépôts bancaires à fin décembre 2025 confirme l'entrée du système bancaire dans une phase mieux structurée. Portée par le financement de l'investissement, une tarification plus différenciée du risque et une collecte toujours solide, la croissance du crédit s'inscrit désormais dans un cycle de normalisation maîtrisée, sans tension apparente sur la liquidité ni rupture dans l'accès au financement. Les chiffres des crédits et dépôts bancaires à fin décembre 2025 traduisent une évolution plus structurelle que conjoncturelle. Derrière une croissance soutenue de l'encours du crédit, en hausse de 8% sur un an, à 1.258,1 milliard de dirhams, se dessine une phase de normalisation du cycle bancaire, marquée par des arbitrages plus qualitatifs, une tarification plus fine du risque et une confiance toujours solide des agents économiques. Le système bancaire accompagne désormais une dynamique plus ordonnée, où le financement de l'investissement prend le pas sur les besoins de trésorerie et où la collecte continue de progresser sans tension visible. Une reprise du crédit tirée par l'investissement productif Du côté des entreprises non financières privées, les concours bancaires progressent de 3% sur un an. Cette évolution masque toutefois des arbitrages clairs. Les crédits à l'équipement enregistrent une hausse marquée de 13,9%, tandis que les prêts à la promotion immobilière progressent de 5,6%. À l'inverse, les facilités de trésorerie reculent de 4,1%, signalant un recentrage du financement vers des usages plus structurants et moins conjoncturels. Les enquêtes de conjoncture confirment cette lecture. Au quatrième trimestre 2025, la majorité des entreprises juge l'accès au crédit «normal», tandis que le coût du financement est perçu comme stable. Les critères d'octroi sont restés inchangés pour les crédits de trésorerie et légèrement durcis pour les financements d'investissement, sans distinction notable entre grandes entreprises et TPME. Des taux orientés à la hausse, mais sans rupture Les taux appliqués aux nouveaux crédits ont connu une hausse trimestrielle modérée de 6 points de base, pour s'établir à 4,94% au T4-2025. Les grandes entreprises bénéficient de conditions plus favorables, avec un taux moyen de 4,74%, contre 5,22% pour les TPME. Cette hiérarchie reflète une différenciation accrue du risque plutôt qu'un durcissement généralisé du crédit. Le crédit aux ménages progresse de 3,6% sur un an, porté par la hausse de 3,3% des prêts à l'habitat et de 5% des crédits à la consommation. Le financement participatif poursuit parallèlement sa montée en puissance. Les encours de Mourabaha immobilière atteignent 29,7 milliards de dirhams, contre 24,9 milliards un an plus tôt, confirmant son ancrage progressif dans le paysage bancaire. Les taux appliqués aux ménages s'établissent à 4,67% pour l'habitat et à 6,89% pour la consommation au quatrième trimestre 2025, des niveaux globalement stables, traduisant un équilibre entre soutien à la demande et maîtrise du risque. Dépôts bancaires, une confiance toujours solide Les dépôts auprès des banques atteignent 1.367,7 milliards de dirhams à fin novembre 2025, en hausse annuelle de 7,5%. Les dépôts des ménages progressent de 5,9% pour s'établir à 978,7 milliards, dont 222,8 milliards détenus par les Marocains résidant à l'étranger. Les entreprises non financières privées affichent une progression plus soutenue, avec une hausse de 10%, à 260,5 milliards de dirhams. La rémunération de l'épargne évolue de manière contrastée. Les taux des dépôts à terme à six et douze mois progressent, respectivement, à 2,53% et 2,64% à fin décembre 2025, tandis que le taux minimum des comptes d'épargne est ramené à 1,61% pour le premier semestre 2026, traduisant l'ajustement progressif de la politique de rémunération dans un environnement monétaire plus stable.