Maroc : la Chambre des représentants ouvre sa 2e session législative    Revue de presse de ce mercredi 8 avril 2026    Dialogue social : le conflit au Moyen-Orient, invité surprise du round d'avril    Maroc-Egypte : Akhannouch au Caire pour renforcer le partenariat bilatéral    Le CNDH confirme l'équité du procès dans l'affaire de la finale de la CAN 2025    Marché à terme : ce qu'il faut savoir avant de prendre position    Hôtellerie : LEVA Hotels débarque au Maroc    Marchés germanophones : Red elephant reps et Alizés s'associent pour promouvoir le Maroc    Ligue des champions : une soirée décisive avec Barça–Atlético et PSG–Liverpool    Le MAS prolonge Soufiane Benjdida jusqu'en 2030    Journée mondiale de la santé : le Maroc et l'OMS consolident leur partenariat    Rabat : La peine de 5 ans contre Mohamed Ziane confirmée en appel    Valence : Un atelier illégal de textile a employé 24 sans-papiers, dont des Marocains    Essaouira : une convention pour lancer le futur musée Sidi Mohammed Ben Abdellah    Moyen-Orient : Le pétrole replonge sous 100 dollars, après le cessez-le-feu temporaire    GITEX Africa Morocco : Une offre intégrée de digitalisation pour les artisans    Fès : Le stade Hassan II sera reconstruit pour 400 MDH    Match amical Espagne-Egypte : La FIFA ouvre une procédure disciplinaire après les chants racistes    Mauritanie : Des entretiens entre le président El Ghazouani et l'inspecteur général des FAR    Congrès US : Nouveau soutien à l'initiative de classement du Polisario comme entité terroriste    Bourita salue la nouvelle dynamique des relations bilatérales entre le Maroc et les Pays-Bas    Rachid El Morabity wins third stage of Marathon des Sables in thrilling comeback    Marrakech accueille "Rosé Days"    L'ONEE sensibilise les jeunes générations à la préservation de l'eau    Rabat s'apprête à accueillir le Forum international de la chimie pour sa 4e édition    Trump accepte de repousser de deux semaines sa menace d'attaquer l'Iran    Algérie-Mauritanie : un sommet pour regagner de l'influence en Afrique du Nord    LdC : le Real Madrid défait à domicile par le Bayern Munich, Arsenal assure    Médecine : la fin des traitements à vie ?    Mondial U17 féminin : le Maroc déjà qualifié, l'Afrique lance ses éliminatoires    Maroc-USA: Les investisseurs américains sont prêts à investir au Sahara    Peine de mort en Israël : Hakim Ziyech et Itamar Ben-Gvir s'écharpent    CAN Scolaire : Sénégal – Maroc pour une place en finale. Un autre scandale ?    « Nid d'artistes » : une mémoire vivante de l'Afrique sacrée à Paris    Souss-Massa: L'ANEF présente une solution innovante pour le reboisement    Un TGV percute un poids lourd dans le nord de la France, un mort et plusieurs blessés    Ismaël Saibari trop grand pour l'Eredivisie : le PSV réclame 60M€ !    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste soupçonnée d'avoir commis des actes criminels motivés par l'extrémisme    Morocco Fashion Style & Tex : une inauguration rythmée par la création    Maroc Fashion Week 2026 : Marrakech réaffirme sa position de capitale créative internationale    Jaouda et COPAG brillent aux Impériales 2026 avec quatre distinctions majeures    Musées : le Maroc et le Japon scellent un partenariat inédit    Talbi El Alami représente SM le Roi au Sommet international « One Health » à Lyon    Maroc : Averses orageuses et fortes rafales de vent, mardi et mercredi    Morocco enhances air force with second batch of AH-64E Apache helicopters    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste soupçonnée d'être passée à l'action    Dakar : une exposition redonne vie aux femmes oubliées de l'histoire    L'Egypte salue le rôle de SM le Roi, Président du Comité Al-Qods, dans le soutien à la cause palestinienne et les initiatives royales au niveau africain    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Profils «engagés» vs «volatils» : deux réalités de l'ouvrier agricole marocain
Publié dans Les ECO le 16 - 02 - 2026

L'attractivité du secteur agricole marocain se heurte à un sous-emploi structurel de 76 jours annuels, une concentration dans six régions-clés et une saisonnalité critique exigeant un nouveau modèle RH. Détails.
Au-delà du manque de main-d'œuvre dans le secteur agricole, l'on note la disparition des emplois. Qu'est-ce qui explique ce phénomène ? L'intervention éclairante de Sadiq Idrissi, consultant auprès de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (COMADER), lors de la conférence sur «L'avenir de l'emploi agricole au Maroc», a levé le voile sur l'énigme persistante du secteur. Une analyse, fondée sur un rigoureux travail de collecte et d'harmonisation de données malgré des contraintes de qualité et d'accès, offre des clés concrètes pour le management des ressources humaines des entreprises agricoles. Voici ce qu'il faut en retenir pour agir.
Trois constats structurants
Sadiq Idrissi révèle trois réalités incontournables qui redéfinissent la gestion des ressources humaines agricoles au Maroc. Premièrement, le sous-emploi structurel constitue la fragilité systémique la plus criante : avec seulement 76 à 77 jours de travail annuels moyens hors filières animales, soit moins de trois mois d'activité effective, le secteur génère une précarité chronique. Idrissi souligne que cette donnée est «la racine profonde de la non-attractivité» de l'emploi agricole.
Pour les DRH, cette réalité implique que l'offre d'un simple contrat saisonnier ne suffit plus à fidéliser ; la précarité inhérente devient un repoussoir massif, exigeant des stratégies de stabilisation innovantes. Deuxièmement, la concentration géographique et sectorielle fragmente le marché du travail.
Six filières (olivier, maraîchage, céréales, rosacées, fourrages, agrumes) monopolisent plus de 90% des superficies et de l'emploi, tandis que six régions (Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Marrakech-Safi, Casablanca-Settat, Souss-Massa) concentrent plus de 80% de la demande de main-d'œuvre. Une hyper-localisation qui crée des bassins d'emploi saturés où la concurrence entre employeurs s'intensifie, particulièrement lors des pics saisonniers, obligeant les entreprises à repenser leur ancrage territorial. Troisièmement, la saisonnalité des déséquilibres complexifie la planification RH.
L'analyse identifie deux pics de tension annuels : novembre-décembre et une période critique d'avril à juillet. Ces cycles, exacerbés dans des zones comme Fès-Meknès, contraignent les DRH à gérer des embauches massives ponctuelles suivies de chutes d'activité, de quoi générer des défis logistiques et sociaux insurmontables sans une anticipation rigoureuse.
La criticité de la main-d'œuvre : de quoi parle-t-on ?
L'analyse introduit deux grilles de lecture révolutionnaires pour le management RH agricole. Le concept de «criticité de la main-d'œuvre» fusionne des variables stratégiques : le niveau de technicité requis, les contraintes normatives (comme les standards d'exportation), et les besoins quantitatifs en travailleurs, croisés avec la disponibilité locale de main-d'œuvre et le risque social territorial.
Pour une entreprise, cette criticité culmine lorsque des compétences spécialisées sont exigées dans un bassin où la rareté de ces profils coexiste avec des tensions sociales potentielles. Un cadre qui détermine directement les politiques de recrutement, de formation et de rémunération. Sadiq Idrissi illustre ce continuum : les filières à haute valeur ajoutée comme le palmier dattier ou les petits fruits rouges subissent une criticité élevée, tandis que l'olivier ou l'agriculture vivrière restent à l'opposé du spectre.
En parallèle, le profiling des acteurs affine les stratégies RH. Chez les employeurs, seuls les «agriculteurs professionnels» créent un emploi pérenne ; leur décision d'investir (et donc d'embaucher) dépend d'une matrice duale articulant «l'attractivité économique et la criticité de la main-d'œuvre». Pour les employés, deux archétypes émergent. L'«employé agricole engagé», profil majoritairement féminin et «le plus recherché par les employeurs», présente une mobilité restreinte et une dépendance aux dynamiques locales. Sa fidélisation exige une amélioration des conditions de vie territoriales et une relative stabilité.
À l'inverse, l'«employé agricole volatil», instruit et mobile, utilise le secteur comme un recours d'appoint «en attendant d'autres opportunités», nécessitant des recrutements rapides et flexibles sans visée de rétention à long terme.
Bilal Cherraji / Les Inspirations ECO


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.