Fondateur et managing partner d'Almar Capital Dans un contexte d'accélération des investissements au Maroc, la structuration du capital s'impose comme un enjeu clé pour les entreprises. Amine Alami, fondateur et managing partner d'Almar Capital, revient sur les nouveaux arbitrages auxquels font face dirigeants et investisseurs, entre exigences de gouvernance, sélectivité accrue du marché et montée en puissance de secteurs à fort potentiel. Dans un contexte marqué par l'accélération des investissements au Maroc, quels sont selon vous les principaux défis de structuration du capital auxquels dirigeants et investisseurs sont confrontés aujourd'hui ? Le sujet aujourd'hui n'est plus simplement d'accéder au capital, mais de structurer le bon capital autour du bon projet. Le marché marocain évolue vers une phase plus mature, où les investisseurs sont plus sélectifs et plus attentifs à la cohérence globale des projets. Les dirigeants doivent ainsi trouver un équilibre entre financement de la croissance, stabilité de l'actionnariat et montée en gamme de la gouvernance. Ce sont des arbitrages de plus en plus structurants. Cela implique une préparation nettement plus rigoureuse : une information financière fiable, une gouvernance lisible et une structuration adaptée entre fonds propres, dette et partenaires stratégiques. Pour de nombreuses entreprises, notamment familiales, la question de l'ouverture du capital et de l'alignement entre actionnaires devient centrale. Au fond, la différence se joue en amont : les projets les mieux préparés sont aussi ceux qui attirent les bons investisseurs et se réalisent dans de bonnes conditions. Vous insistez sur l'indépendance, l'implication senior directe et la discipline d'exécution. En quoi ce positionnement distingue-t-il concrètement Almar Capital des autres acteurs du conseil financier ? Ces principes structurent de manière concrète notre approche et guident notre intervention à chaque étape. L'indépendance est essentielle : elle permet d'apporter un jugement clair et de défendre exclusivement les intérêts du client, dans des situations où les enjeux peuvent être complexes. L'implication senior directe garantit que les décisions clés sont traitées avec le niveau d'expérience et de discernement nécessaire. Dans notre approche, les associés restent engagés à chaque étape importante du processus. Enfin, la discipline d'exécution est déterminante. Dans des opérations complexes, la réussite repose autant sur la qualité de la structuration que sur la capacité à piloter le processus dans la durée, à maîtriser le timing et à conduire les négociations de manière structurée. C'est cette combinaison entre exigence analytique, engagement direct et maîtrise de l'exécution, qui fait la différence dans la conduite des opérations. Fort de votre expérience sur des opérations totalisant près de 10 milliards de dirhams, quels secteurs ou types de transactions vous paraissent offrir aujourd'hui le plus fort potentiel au Maroc ? Plusieurs secteurs présentent actuellement un potentiel particulièrement attractif, notamment les infrastructures, la transition énergétique et l'industrie exportatrice, ainsi que la santé, l'éducation et le digital. Ces dynamiques s'inscrivent dans des priorités nationales et sont soutenues par des programmes d'investissement structurants, la nouvelle Charte de l'investissement et des dispositifs comme le Fonds Mohammed VI pour l'investissement. Au-delà des secteurs, on observe un potentiel très marqué sur les opérations de taille intermédiaire : ouvertures de capital, joint-ventures, financements de croissance ou rapprochements stratégiques. Ce sont souvent ces opérations qui permettent aux entreprises de franchir un cap et de structurer leur développement. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO