La région du Gharb, qui se trouve à la croisée des deux grands fleuves Sebou et Baht, est chaque année touchée par des inondations qui engendrent morts, blessés et des milliers de personnes évacuées vers des zones plus sécurisées. Lundi, des hélicoptères de la gendarmerie avaient, pendant des heures, survolé toute la région. Le but de l'opération consistait à ravitailler plusieurs villages dans les provinces de Sidi Slimane et Sidi Kacem, cernés par les eaux des crues des deux fleuves. Selon des sources officielles locales, quelque 2.000 familles de la commune rurale de Ouled Hssain (province de Sidi Slimane), isolées par les eaux, auraient bénéficié de kits de ravitaillement. Toujours selon les mêmes sources, près de 7.000 personnes affectées par les inondations dans les provinces de Sidi Slimane et de Kénitra ont été hébergées dans des centres d'accueil. Toutefois, des ONG locales déclarent que «la situation est plus dramatique qu'on ne le suppose». Selon ces dernières, des quartiers entiers de Sidi Slimane ont été engloutis pas les flots : Khouribga, El Ouarka, Ouled Zid, Ouled Elghazi et Ouled Malek. Pire encore, une ONG basée à Sidi Slimane rapporte que «les villages de R'zagla, Bhara Sbou, Ouled Boutabet, ou encore Sidi Abdelaziz, sont restés enclavés pendant trois jours sans recevoir d'aide des autorités». Magrane dans une mauvaise posture Cette situation dramatique dans la province de Sidi Slimane pourrait connaître une nette amélioration durant les prochains jours. Ce soupçon d'embellie reviendrait à une diminution progressive des lâchers des barrages qui sont passés de 3.000 à 1.000 m3 par seconde actuellement, comme l'expliquent les autorités de la wilaya de Kénitra. Toutefois, la situation pourrait se compliquer dans la commune rurale de Magrane (25 kilomètres au nord de Kénitra), située à la confluence des deux grands oueds, Sebou et Baht, à cause des flots qui se déversent dans cette commune. Depuis plus de trois mois, la situation empire chaque fois que les pluies tombent en abondance dans les provinces de Kénitra, Sidi Slimane et Sidi Kacem. Signe encore plus inquiétant, la commune de Ouled Slama (15 kilomètres de Kénitra), qui a été épargnée lors des inondations de janvier dernier, a été atteinte par les eaux dans la nuit de dimanche à lundi. La solution la plus urgente pour épargner ce drame à la région est la construction des barrages de Mdez sur l'Oued Sebou et d'Ouljet Soltane sur Oued Baht, les deux grands fleuves de la région qui se rencontrent au niveau de la commune rurale de Magrane. Une solution programmée pour cette année mais qui va certainement traîner au-delà des prochaines saisons de pluies. Guérir l'enseignement par la racine Le Conseil supérieur de l'Enseignement (CSE) a tenu, les 22 et 23 courant à Rabat, sa onzième session ordinaire consacrée à l'examen du projet relatif à «une nouvelle vision pour la promotion du métier d'enseignant et de formateur». Ce projet compte parmi les chantiers structurants visant le renouveau de l'école marocaine et l'amélioration continue de son rendement, indique le CSE dans un communiqué. L'aboutissement d'une telle entreprise, selon la même source, demeure tributaire de l'engagement, de la qualité du travail des enseignants et de la considération de leur métier comme un choix assumé et une vocation affirmée. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une approche systémique de la réforme qui intègre la mise à niveau du rôle des autres acteurs et intervenants du système éducatif, la révision des programmes et curricula et le développement du projet d'établissement, a signalé la même source. S'agissant de l'enseignement scolaire, le projet s'articule autour de leviers à même de développer le métier d'enseignant. Il s'agit notamment de la mise en place de référentiels de compétences du métier d'enseignant, l'obligation pour l'enseignant de bénéficier d'une formation initiale pluridisciplinaire et favorisant la maîtrise des langues, le développement professionnel continu de l'enseignant à travers la formation continue, consacrée à la fois comme un droit et une obligation. Il s'agit également de la révision des modes de gestion des ressources humaines et la modernisation des mécanismes de gestion des carrières, sur la base de critères d'évaluation et de promotion motivants et basés sur l'efficacité et le mérite, ainsi que de la mise en place d'une charte de confiance et de progrès avec les enseignants, dans un esprit de garantie des droits et de respect des obligations professionnelles. Concernant la formation professionnelle, le projet vise la définition des profils des formateurs en adéquation avec les exigences d'un système de formation professionnelle moderne, à même de relever les défis stratégiques de développement de notre pays, estime la même source. Le projet privilégie une approche basée sur la coordination entre le département de tutelle, les organisations professionnelles concernées et les secteurs employeurs, publics et privés, ainsi que sur le renforcement des passerelles avec les établissements universitaires, tout en restant attentif aux développements scientifiques et technologiques. L'assemblée générale du CSE a abouti à la nécessité de poursuivre l'examen de cette thématique et d'approfondir les propositions avancées dans le projet, selon l'approche pondérée et participative que le conseil fait sienne, dans la perspective de soumettre une mouture améliorée de cet avis aux travaux de la session de juillet 2010, a-t-on ajouté.