Le groupe européen EADS a annoncé mardi dernier une lourde perte pour 2009. Les provisions importantes, traduisant les difficultés de deux de ses programmes majeurs, en sont la cause. La compagnie a supporté d'importantes dépenses sur l'avion militaire A400M et l'Airbus A380 et reste prudente pour 2010. Quelques heures après avoir annoncé son renoncement au méga-contrat des ravitailleurs de l'armée de l'air américaine, le groupe d'aéronautique et de défense a publié une perte nette de 763 millions d'euros, contre un bénéfice de 1,57 milliard en 2008. Retour en arrière Ce n'est pas la première fois qu'EADS est dans le rouge : il avait déjà essuyé une perte en 2007, en partie à cause de l'A400M. L'an dernier, le groupe a dû régler une nouvelle facture de 1,8 milliard d'euros en raison des surcoûts liés à ce modèle. La répartition de ce montant a fait l'objet d'un accord en fin de semaine dernière avec les pays clients. Il s'ajoute à 2,4 milliards de provisions sur les exercices passés pour ce programme qui accuse plus de trois ans de retard. Rattraper le retard Les résultats de sa principale filiale Airbus ont aussi été pénalisés par une charge de 240 millions d'euros sur le très gros porteur A380, dont la montée en cadence est plus complexe que prévu. «Nous accordons toute notre attention à l'amélioration de la gestion des programmes», assure le président exécutif Louis Gallois. Airbus devrait pour sa part augmenter sa cadence de production des monocouloirs de la famille A320 de 34 à 36 avions par mois à compter de décembre 2010, «tout en stabilisant le taux de production des long-courriers aux environs de huit unités par mois». L'avionneur confirme attendre entre 250 et 300 commandes brutes d'avions cette année et prévoit de livrer «au maximum» le même nombre d'appareils qu'en 2009, année record avec 498 livraisons. Un CA stable en 2010 En raison de ces pertes, EADS ne versera pas de dividende à ses actionnaires cette année : «De manière tout à fait exceptionnelle, compte tenu de l'importance des pertes constatées en 2009», souligne EADS dans un communiqué. Pour 2010, Louis Gallois attend un chiffre d'affaires «globalement stable» après 42,8 milliards en 2009, car la conjoncture économique est «certes en voie d'amélioration, mais encore volatile». La publication de ces résultats est intervenue quelques heures après qu'EADS et son partenaire américain Northrop Grumman ont annoncé qu'ils ne répondraient pas à l'appel d'offres du Pentagone pour la fourniture d'avions ravitailleurs, ce qui devrait laisser l'américain Boeing seul en lice pour ce très important contrat de 35 milliards de dollars.