Les 17 personnes condamnées dans l'affaire Abdelkader Belliraj ont entamé, depuis lundi, une grève illimitée de la faim et refusent d'assister à leur procès en appel à la cour d'appel de Salé chargée des affaires de terrorisme. La liste des signataires comprend Mustapha Mouatassime, Mohamed Marouani et d'autres détenus poursuivis dans cette affaire du réseau Bellirej. Auparavant, ces derniers n'ont jamais été associés au dossier de revendication. Pour leur part, les avocats avaient déclaré la semaine dernière que leur retrait du procès est un signe de protestation contre «le dérapage du processus judicaire».Dans une lettre manuscrite envoyée de la prison de Salé, les 17 détenus affirment que leur action intervient après que toutes leurs demandes aient été rejetées par la Cour. «Notre procès a connu l'absence de toutes les conditions d'un jugement équitable. Nous avons décidé d'entamer une grève illimitée de la faim pour affirmer notre innocence de toutes les accusations», note le communiqué. Un tournant décisif Les 17 détenus refuseront aussi tout avocat commis d'office dans le cadre de l'assistance judicaire après le retrait de leurs avocats. Dans une lettre remise à la Cour lors du procès le 17 mars dernier, les avocats de Mouatassime et Marouani avaient noté «qu'ils laissaient le jugement pour l'histoire». L'affaire Belliraj n'a pas fini de livrer ses surprises. Le 14 mars, le juge d'instruction chargé des affaires de terrorisme près l'annexe de la cour d'appel à Salé a décidé le report d'une confrontation qui était prévue entre Abdelkader Belliraj et un Algérien résidant en Belgique extradé récemment au Maroc et soupçonné de liens avec ce dernier. La confrontation risque de ne pas avoir lieu une deuxième fois si Abdelkader Belliraj refuse de quitter sa cellule.