«Nous continuerons à crier notre droit et à défendre nos camarades incarcérés quel que soit le coût », promet le Comité du bureau exécutif de l'ANDCM à l'occasion d'une conférence organisée, mardi 10 avril au siège de l'AMDH. Les diplômés chômeurs y ont exprimé indignation et colère contre « la censure dont font l'objet les manifestations populaires » et « l'intervention musclée » ayant abouti à l'arrestation et à la détention de plusieurs diplômés chômeurs. Au total, d'après l'ANDCM, ce sont 11 manifestants qui ont été présentés au tribunal de première instance de Rabat dimanche dernier. Au menu de la révolte « La justice a décidé de les poursuivre en état de liberté provisoire, et nous attendons toujours que soit fixée la date de la première audience », indique le Comité. Pour l'ANDCM, le moment est venu de monter au créneau. Elle annonce une grosse manifestation qui a démarré, hier, par l'organisation d'une marche à 15h vers le ministère de la Justice et des libertés où les grévistes ont décidé d'observer un sit-in. Aujourd'hui, c'est par le même biais que les révoltés exprimeront leur colère, mais cette fois-ci devant le siège du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH). Tandis que demain, l'ANDCM compte effectuer une marche vers le ministère de l'Emploi pour observer un sit-in à partir de 11h. « Notre bataille est ouverte depuis le 3 avril sous le slogan : le militantisme pour une politique nationale démocratique et populaire dans le secteur de l'emploi. Nous revendiquons notre droit au travail et la reconnaissance de la légalité de notre association en attente depuis 20 ans déjà », déclare le bureau exécutif. Des revendications et des témoignages Un emploi et une intégration directe dans la fonction publique, les diplômés chômeurs n'ont eu de cesse de réitérer leur revendication refusant catégoriquement toute possibilité d'emploi dans le secteur privé. « Nous voulons un véritable dialogue sur notre dossier revendicatif. Jusqu'à ce jour, on nous a gavés juste de promesses qui n'ont finalement pas été tenues », regrette le Comité. Autre revendication : la libération des manifestants détenus et la renonciation aux poursuites engagées contre les membres de l'ANDCM. A la conférence, cette dernière a tenu à présenter quelques uns de ses membres qui avaient été détenus avant d'être relâchés. Tous racontent le calvaire d'une « détention abusive accompagnée de violences physique et verbale ». « Nous avons adressé des lettres à l'ensemble des départements concernés par notre problème. Nous avons également envoyé un fax à la primature et au ministère de l'Intérieur, mais nous attendons toujours des réactions favorables », affirme l'ANDCM.