Il est des chiffres qui ne veulent rien dire de prime abord, mais qui donnent le tournis quand on prend le temps de les matérialiser. Ainsi, plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd'hui «en ville». Ville, terme générique qui regroupe des espaces futuristes comme Dubaï ou d'autres moins alléchants comme Brasilia. Le Maroc, à l'image de la Tunisie ou encore de l'Afrique du Sud, est au dessus de la moyenne mondiale avec un taux variant entre 52 et 56% selon les sources. Cela entraîne un certain nombre de problèmes actuels ou à venir. Que ce soit au niveau des transports, de l'habitat, de la gestion des ressources mais aussi au niveau de la santé. «Le genre humain a deux livres, deux registres, deux testaments, la maçonnerie et l'imprimerie, la bible de pierre et la bible de papier» comme disait Victor Hugo dans «Paris». Et pour que ces deux registres fonctionnent et remplissent leur rôle comme il se doit, la dimension de solidarité, de savoir-vivre ensemble, est primordiale. Chaque année sur les 30.000 nouveaux cas de cancers recensés au Maroc, un tiers environ disparaît dans la nature. Inutile de conjecturer sur leur sort. Dix mille, c'est à peu près la taille de Bouizakarne. Et pour une fois, ce n'est pas seulement d'argent qu'il s'agit, mais surtout d'organisation. Si la plupart des villes sont bien couvertes, le travail des associations permet de toucher, au prix d'un grand effort, ces gens périphériques, qui représentent tout de même la moitié de la population totale. Enfin la mesure des avancées réalisées, ces dernières années, doit servir de repère pour un développement encore plus accéléré et plus étendu.