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Les dérives de la pêche coulent le secteur | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 19 - 07 - 2012

Les professionnels de la pêche, réunis mercredi à Casablanca, ont discuté tout au long de la journée des problèmes du secteur et des solutions à envisager pour lutter contre la pêche illicite et la menace de disparition des espèces maritimes.
« La circulaire du premier ministre El Maati Bouabid, datée de 1982 et donnant la main pour la gestion du secteur de la pêche maritime à la marine royale dans le Sud du Royaume doit être annulée », soutient Talbi Moulay El Hassan.
L'accès à la ressource maritime au Maroc est subordonné à l'obtention d'une licence de pêche qui donne droit à la perception d'une taxe. Or la pêche illicite est un fléau qui grignote dans les marges des professionnels structurés mais détruit également la ressource maritime en ne respectant pas la réglementation en vigueur.
Les professionnels menacés
À l'occasion d'une journée de travail, organisée hier à Casablanca, l'ensemble des parties prenantes de la pêche: armateurs de la pêche hauturière, spécialistes de la pêche côtière et artisanale ainsi que des représentants du département ministériel chargé de la Pêche maritime se sont réunis pour décrier cette pratique qui menace tout le secteur. Mais surtout pour trouver des solutions à mettre en place, d'urgence, pour y mettre fin. En effet, selon Ahmed Jouker, chef de la division de suivi, contrôle et surveillance à la direction de la Pêche Maritime: « l'exploitation intensive des principales ressources halieutiques nationales, conjuguée à la dégradation de nombreux stocks halieutiques du littoral, ont amené à la mise en place de plans de gestion des pêches : poulpe, thons, petits pélagiques du stock C, algues, corail, crevettes ». Les lobbies pêchent en eaux troubles Toutefois, certains lobbies ou « mafias » tels que les qualifient un bon nombre d'intervenants, continuent d'opérer ces pratiques frauduleuses, notamment à travers la corruption de responsables sensés les empêcher de transgresser les règles. C'est précisément le cas de la pêche dans les zones d'interdiction de pêche, du non respect des périodes de repos biologique, de l'utilisation d'engins de pêche non autorisés (type de filet, maillage, doublage des fonds...). Sans oublier bien sûr l'utilisation de certains procédés de pêche non éthiques et irrespectueux de l'environnement tels que l'utilisation de dynamite pour troubler l'eau agitant ainsi les poissons). Le secteur compte également comme dérives le non respect des dimensions des poissons et la pêche sans permis auxquelles pourrait s'ajouter la non observation des quotas de pêche, les sous-déclarations de captures, le développement non autorisé de surcapacités de pêche, souligne Saâd Tazi, président de l'Association professionnelle des armateurs de la pêche hauturière au Maroc.
L'état, responsable, pointé du doigt
Quant à Hassan Oukacha, président de la fédération des pêches maritimes à la CGEM, il a rappelé que la ressource appartient à l'Etat et que ce dernier est responsable de sa protection. « Il est certain que chacune des parties prenantes a une responsabilité à assumer dans la situation actuelle. Mais une chose est sûre, c'est qu'aujourd'hui, pour remédier au risque de disparition de nos espèces maritimes, il faut que le contrôle soit renforcé. Nous avons besoin d'une direction de contrôle et de surveillance et non pas seulement d'une division, une direction qui soit bien outillée. Et il faudra mettre à la disposition de ses ressources humaines les moyens pour qu'ils ne succombent pas à la tentation de l'argent ».
Pour sortir la tête de l'eau
Le président de l'association de la pêche artisanale, Talbi Moulay El Hassan, propose des solutions pratiques pour lutter contre la pêche illicite. Il appelle ainsi à ce que la circulaire du premier ministre El Maati Bouabid, datée de 1982 et donnant la main pour la gestion du secteur de la Pêche maritime à la Marine royale dans le Sud du Royaume soit annulée et de revenir à l'application de la loi réglementant le secteur. Il appelle également à ce qu'il y ait une clarification et une délimitation des responsabilités de chaque partie prenante représentant l'Etat et les autorités et que cela soit affiché au niveau de l'ensemble des portes. Il faut également, selon lui, « généraliser la période de repos biologique à toutes les eaux du royaume, ce qui permettrait de limiter les phénomènes de trafic de pulpe » et enfin que les trafiquants soient sévèrement punit en veillant à rehausser le niveau des amendes jugées ridicules face aux recettes d'un bateau ou encore recourir carrément à l'emprisonnement.
La pêche illicite rapporte gros
La pêche illicite trouve une bonne part de sa motivation dans le niveau élevé du prix du poisson. L'exemple du thon est particulièrement édifiant : autrefois le thon était si bon marché qu'on l'utilisait comme alimentation pour les animaux. Actuellement une pièce de thon peut se vendre à 10000 voire 15000 dollars ; le record ayant été de 178000 dollars. Donc, si la pêche illicite perdure c'est par ce qu'elle peut rapporter gros. L'évolution du prix du poulpe (toute proportion gardée) est assez indicative à cet égard. 29537 DH la tonne en 2000, en 2008 son prix a passé à 67058 DH la tonne. Hormis les prix, l'étendue des côtes conjuguée à l'éparpillement des pêcheurs ne permet pas d'assurer un contrôle strict des zones de pêche. De même, le montant des amendes est souvent calculé en prenant en compte la capacité de paiement voire la situation socioéconomique, ce qui rend les amendes peu dissuasives, tel le cas de quelqu'un qui pêche l'équivalent de 100 millions DH et ne payant qu'une amende de 10000 DH.
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