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Le «réalisme magique» de Youssouf Amine El Alamy
Publié dans Le Soir Echos le 17 - 05 - 2013

« Amour nomade » repose sur un univers imaginaire et onirique. Pourquoi avoir opté pour ce style littéraire?
Le style relève du réalisme magique. Les propos du livre oscillent entre vérité et non-vérité, mais restent toujours plausibles. Même quand je relate certains faits qui peuvent paraître étranges ou farfelus, ceux-ci restent cohérents avec l'ensemble. Par exemple, l'arbre capricieux qui ne donne jamais les mêmes fruits, auquel il faut chanter des airs andalous, est inspiré d'une légende connue : la légende de la palmeraie de Marrakech, celle du conquérant Youssef Ben Tachfine et ses guerriers. Lorsque ceux-ci se reposaient, ils plantaient leurs lances dans le sol et mangeaient des dates. Les noyaux qu'ils jetaient, roulaient dans les trous et formaient des palmiers, d'où la légende de la palmeraie que j'ai revisité en y greffant la mienne. J'ai imaginé qu'un des rois déchus de l'Andalousie ne mangeait pas de dates mais préférait les fruits exotiques ramenés d'Andalousie. Les noyaux qu'ils jetait tombaient dans le même trou. Résultat : un arbre particulier qui ne donne jamais les mêmes fruits.
Vos textes sont empreints de couleurs, d'une approche sensorielle et de référents visuels. Quelle en est la raison ?
La présence des couleurs n'est pas fortuite. La palette de couleurs, voire la composition du roman découle de ma culture visuelle, en l'occurrence ma culture cinématographique. J'ai grandi avec le cinéma, et je me nourris d'expression artistique. J'ai toujours écrit mes romans à la manière du découpage d'un film : j'écris les scènes puis je les monte et parfois je coupe et j'effectue des raccords comme dans les montages filmiques. De surcroît, j'organise des expositions et des ateliers avec des enfants et je me frotte souvent à l'assemblage et à l'art de la récupération.
Il y a quatre bonus à la fin du roman. Pourquoi cette démarche?
C'est à la fois une fantaisie et une réflexion sur les lecteurs que nous sommes devenus. Je fais référence à la nouvelle génération qui grandit avec des menus plutôt que des tables de matière, et qui a constamment envie de voir des « making-of ». Je sais que la démarche pour certains puristes est quelque peu incongrue, mais j'aime bien bousculer les genres, et le fait que ceci dérange me plaît. Dans un des bonus, j'ai réalisé mon propre entretien pour tenter de répondre aux questions que je me suis posées lors de l'écriture du roman. Ce n'est pas une manière d'imposer ma vision de choses mais de chercher à comprendre.
Vous avez commencé à écrire à un âge avancé. Comment êtes-vous venu à la littérature ?
Quelques années après mon retour de New-York, j'ai ressenti l'envie d'écrire mes impressions sur mon voyage. C'était une impulsion soudaine, assez surprenante vu que je n'avais jamais écrit auparavant. Bien plus tard, lors d'une discussion avec une amie autour de l'écriture, elle demande à lire mon manuscrit que je gardais chez moi sans trop savoir quoi en faire. Après lecture de mes notes, elle me rappelle le lendemain me suggérant de les publier chez son éditeur, la Croisée des Chemins. En un mois, mon premier livre Un marocain à New-York a été publié.
Votre empreinte diffère selon les romans. Pourquoi choisissez-vous de vous renouveler avec chaque nouveau projet?
Il est vrai que mes romans ne se ressemblent pas. Je ne suis pas adepte du genre unique. En entamant un nouveau projet, je ne sais pas où je vais, mais je sais où je refuse de m'aventurer : dans ce que j'ai déjà entrepris. Beaucoup de romanciers écrivent pratiquement le même livre. Ma démarche est purement personnelle : J'ai besoin de motivation, et je me lance régulièrement des défis. Ceci peut être déstabilisant parce qu'il faut à chaque fois se documenter et explorer de nouvelles zones. Lorsque j'ai écrit Les Clandestins, je suis allé à la rencontre des personnes qui ont perdu un parent et un frère dans la traversée, n'ayant jamais pris de Pateras moi-même. Dans Paris mon bled, je me suis déplacé à Paris parce que l'intrigue se situait dans une banlieue parisienne, j'ai discuté avec la population d'origine maghrébine, et j'ai baigné pendant des mois dans l'univers du rap. Mon premier roman Un Marocain à New York est totalement à l'opposé du deuxième Les Clandestins. Le deuxième, basé sur un drame, tranche avec le premier à la veine drôle et légère. Certains lecteurs étaient terriblement déçus, et j'ai dû en perdre beaucoup. Par contre, j'en ai gagné de nouveaux.
« Un roman dans la ville » s'inscrit-il dans cette démarche d'innovation?
Oui, c'est un roman qu'on lit dans l'espace, voire dans une ville. Chaque chapitre est lu dans un lieu différent et l'adresse du chapitre suivant est indiquée à la fin du chapitre qui précède. Je l'ai écrit à la main, à la manière d'un manuscrit, m'aidant de matériaux naturels, tels le safran, le sumac, le henné. A l'époque, le projet était un peu en avance sur le Maroc. Aujourd'hui, les choses ont changé. Je voulais que l'aventure démarre à Marrakech mais tout en préparant mon dispositif, j'apprends que le projet est annulé. On me dit qu'il causera des rassemblements dans la rue, alors que c'était justement l'objectif escompté. J'opte donc pour sa réalisation à l'étranger, à Rotterdam, Coppenhague, et Cologne en octobre dernier. Le roman a été traduit à chaque fois et existe aujourd'hui en six langues.


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