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Violences numériques faites aux femmes. La société civile réagit
Publié dans L'observateur du Maroc le 26 - 09 - 2025

« Un jour, j'ai envoyé une photo intime à la mauvaise personne. Puis, je l'ai trouvée publiée sans mon consentement. J'ai perdu mon intimité, j'ai perdu ma famille, j'ai peur de perdre même ma liberté si je porte plainte contre cette personne. Que faire ? ».
« Je suis employée dans une entreprise, et mon patron a commencé à m'envoyer des vidéos et des photos à caractère sexuel. Je ne peux pas vous décrire à quel point j'ai peur, à quel point je souffre et à quel point je suis bouleversée, mais je garde tout cela pour moi, car si je parle, je risque de perdre mon emploi et de détruire ma famille et ma vie ». Deux récits parmi des milliers d'autres, des histoires de femmes que les violences numériques ont réduites au silence, fragilisées et exposés à des abus de toutes sortes.
Plaidoyer national
Kif Mama Kif Baba, Médias et Cultures (AMC) et l'Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM), lancent un plaidoyer national en faveur de la lutte contre les Violences Basées sur le Genre Facilitées par la Technologie (VBGFT). « Cette dynamique appelle à une réforme profonde des cadres juridiques et institutionnels basée sur une approche globale et concertée, afin de lutter efficacement contre ce fléau qui prend des proportions alarmantes et de briser le cycle de l'impunité », indique un communiqué conjoint des trois associations.
Pour porter ce combat dans l'espace public, une campagne nationale de sensibilisation intitulée « Mamhkoumch » (Out of control) sera lancée sur les réseaux sociaux du 02 au 10 octobre 2025. Cette initiative vise à créer une dynamique de plaidoyer collective, à renforcer les connaissances sur le sujet et à mobiliser le grand public comme les institutionnels contre l'impact dévastateur des VBGFT.
Des conséquences psychiques et sociales dévastatrices
Conséquences dévastatrices
Selon une étude menée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) en 2019 , près de 1,5 million de femmes au Maroc ont déjà été victimes de violence numérique, soit un taux de prévalence de 14%. « L'essor des technologies numériques au Maroc, accéléré par la pandémie de la COVID-19 et couplé à l'usage massif des réseaux sociaux, a transformé les interactions sociales tout en ouvrant la voie à de nouvelles formes de violences fondées sur le genre », ajoute la même source.
Cyber-harcèlement, chantage à la diffusion d'images intimes, discours haineux, ou encore manipulation de contenus (deepfakes, doxing) sont autant d'armes utilisées dans ces violences. « La sécurité que l'anonymat en ligne offre aux agresseurs entrave les poursuites », déplore les trois associations. D'après ces dernières, ces violences exacerbent les inégalités existantes et touchent principalement les femmes et les filles sous de multiples formes.
Réduites au silence, les victimes restent sans défense
« Des conséquences sociales, professionnelles et juridiques graves qui poussent les survivantes à se retirer d'un espace numérique devenu central pour l'apprentissage, l'accès à l'emploi et l'engagement citoyen. Elles freinent les efforts pour atteindre l'égalité entre les sexes », argumente la même source. Anxiété, dépression, perte d'estime de soi, parfois suicide... La violence numérique ne détruit pas seulement des réputations, elle brise des vies, déplorent les auteurs du plaidoyer. Selon un rapport d'ONU Femmes datant de 2021, sur les violences sexistes en ligne dans la région MENA, 58,1 % des femmes ont été victimes de violence et de harcèlement en ligne au Maroc et une sur trois, parmi elles, voit cette violence passer du virtuel au réel.
« Ce phénomène constitue une réalité encore largement ignorée ou marginalisée dans les politiques publiques. La violence numérique est une violation des droits humains qui détruit des vies en silence. Le cadre institutionnel requiert un renforcement des capacités des organes responsables et une meilleure coordination entre les parties prenantes » explique AatifaTimjerdine, présidente de l'ADFM. D'après cette dernière la lutte contre les VBGFT nécessite une approche multisectorielle et intégrée basée sur une vision globale en plus d'une аdаptаtion continue des lois face à l'évolution rapide des technologies.
Action multisectorielle
Face à ce défi complexe, Kif Mama Kif Baba, AMC et l'ADFM appellent à la mise en œuvre de mesures concrètes pour lutter globalement et efficacement contre les VBGFT. Les recommandations clés incluent la définition et l'intégration des VBGFT dans la réforme annoncée du code pénal en prévoyant des peines dissuasives et en abrogeant les textes liberticides. Mener des études nationales qualitatives et quantitatives régulières pour documenter l'ampleur, l'impact des violences numériques sur la vie privée, la santé mentale, la participation sociale et politique des femmes.
Les trois associations appellent également à mener des campagnes nationales de sensibilisation sur les risques des VBGFT et l'intégration de l'éducation numérique dans le système éducatif. Aussi, la mise en place de mécanismes de recours et de plainte accessibles, sécurisés et l'implication des acteurs de la technologie pour développer des outils de prévention, de modération et de protection efficaces.


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