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Les crimes sexuels en tête des violences contre les enfants (Rapport)
Publié dans L'observateur du Maroc le 06 - 01 - 2026

Crimes sexuels, violences physiques, négligence familiale... En 2024, les atteintes aux droits de l'enfant augmentent en nombre et varient en genre. Le Huitième rapport de la présidence du Ministère public dresse un état des lieux préoccupant, malgré des avancées notables en matière de protection judiciaire.
Les chiffres sont éloquents. En 2024, 9.618 affaires de crimes et délits commis contre des enfants ont été recensées par les parquets du Royaume. Ces affaires ont conduit à la poursuite de 10.169 personnes, note le rapport. Une hausse notable par rapport à 2023, qui confirme une tendance inquiétante : les enfants restent parmi les premières victimes de violences multiformes.
Crimes sexuels, en tête des infractions
Les cimes à caractère sexuel continuent d'occuper la première place parmi les infractions commises contre les enfants. Ces crimes représentent 40 % des affaires enregistrées en 2024, avec 3.854 dossiers traités. Bien qu'un léger recul ait été constaté par rapport à 2023 (3.979 affaires, soit 43,69 %), ces infractions demeurent la menace la plus grave pour l'intégrité physique et psychologique de l'enfant.
Plus alarmant encore, certaines infractions connaissent une hausse nette. Le viol sur mineur enregistre une augmentation de 27,5 %, passant de 240 à 306 affaires. Les atteintes sexuelles sur mineur avec violence, sont également en hausse significative tandis que la corruption de mineurs et leur exploitation à des fins de prostitution doublent presque, avec 34 affaires contre 18 un an plus tôt. Ces chiffres rappellent que la violence sexuelle continue de frapper au cœur de l'enfance, souvent dans des contextes de vulnérabilité extrême.
En revanche, certaines infractions sexuelles ont enregistré un recul, notamment les atteintes sexuelles sur mineur sans violence dans certaines circonstances aggravantes. « Ce recul constitue un indicateur positif traduisant soit une amélioration des mécanismes de prévention, soit l'efficacité de certaines mesures adoptées », commente le rapport.
Violences physiques en hausse
Les agressions physiques constituent la deuxième catégorie la plus importante des crimes commis contre les enfants. En 2024, 3.085 affaires ont été enregistrées, représentant 33,87 % de l'ensemble des affaires, contre 2.164 affaires en 2023, soit une hausse significative.
Un indicateur nuance toutefois ce tableau sombre : Les violences ayant entraîné une incapacité supérieure à 20 jours ont en revanche connu un recul, passant de 865 affaires en 2023 à 612 affaires en 2024, ce qui peut être interprété comme un effet positif des politiques de prévention et d'intervention précoce avec un meilleur signalement.
Négligence et exploitation
Moins spectaculaires, mais tout aussi destructrices, les infractions liées à la négligence familiale et à l'exploitation progressent fortement. Ainsi l'exploitation des enfants dans la mendicité a plus que doublé, atteignant 140 affaires. La négligence familiale grimpe à 847 dossiers, contre 698 en 2023 et la mise en danger de l'enfant a atteint 106 affaires.
Le rapport note toutefois un certain recul des délits d'exemplarité négative.
Violences physiques et sexuelles, prédominantes
Les délits liés à l'incitation par le mauvais exemple ont ainsi enregistré une baisse notable en 2024. Le nombre d'affaires est passé de 157 à 123 affaires, soit une baisse de 22 %. « Ce qui témoigne de l'impact positif des campagnes de sensibilisation et du renforcement du rôle éducatif des familles », notent les auteurs du rapport.
Auteurs majoritairement masculins
Concernant le profil des personnes poursuivies, le constat est sans équivoque : 88 % sont des hommes. Les femmes représentent 11 % des mis en cause. « Cette prédominance masculine reflète le caractère majoritairement masculin des infractions violentes, qu'elles soient physiques ou sexuelles », commente le rapport.
Dans de nombreux cas, l'auteur appartient à l'entourage proche de l'enfant (père, mère, proche parent...). Dans d'autres, il s'agit de personnes issues de l'environnement éducatif, professionnel ou institutionnel. Toutefois la majorité des infractions sont commises par des individus sans lien familial direct.
Délinquance juvénile : une hausse continue
Entre 2021 et 2024, le nombre d'affaires impliquant des enfants en conflit avec la loi n'a cessé d'augmenter, atteignant en 2024 son niveau le plus élevé, avec 28.318 dossiers enregistrés et 33.093 enfants poursuivis. Si la progression est constante depuis la crise sanitaire liée au Covid 19, l'année 2024 marque toutefois un infléchissement du rythme, avec une hausse limitée du nombre d'enfants poursuivis (+0,5 %). Un indicateur qui traduit un changement d'approche du Ministère public, davantage orienté vers la rationalisation des poursuites et le recours à des mesures alternatives adaptées à la spécificité de l'enfance, spécifient les auteurs du 8ème rapport.
Dans le détail, la délinquance contre les personnes reste prédominante avec 5.988 affaires impliquant 9.393 enfants poursuivis. Les affaires de violences, coups et blessures arrivent largement en tête, illustrant une conflictualité encore marquée chez les mineurs. Les infractions contre les biens (5.875 affaires), en particulier le vol, occupent la deuxième position, confirmant la persistance de ce schéma classique de la délinquance juvénile.
Les infractions liées à la drogue, à la sécurité publique ou à certaines législations spéciales représentent également une part significative des dossiers, tandis que les atteintes à la morale publique et à la famille, bien que moins nombreuses, demeurent sensibles par leur nature.
Autre enseignement majeur : l'âge constitue un facteur déterminant. Près de deux tiers des enfants poursuivis ont entre 16 et 18 ans, une tranche d'âge où se concentrent les situations de rupture, de décrochage et de vulnérabilité sociale. À l'inverse, les poursuites restent marginales chez les moins de 12 ans. En détails, les enfants âgés de 12 à 14 ans représentent 6,3 %, tandis que les moins de 12 ans ne dépassent pas 1,5 %.
Protection judiciaire
Parallèlement à l'augmentation du nombre d'affaires, le nombre d'enfants victimes a également connu une hausse en 2024, atteignant 9.948 victimes, contre 9.357 en 2023. En parallèle, la réponse judiciaire se renforce. Les parquets ont pris 10.134 mesures de protection en faveur des enfants victimes en 2024, enregistrant une augmentation de 57,9 % par rapport à 2023.
Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de l'activation des articles 510 et 511 du Code de procédure pénale, garantissant la protection légale, psychologique et sociale des enfants victimes, leur réinsertion et leur accompagnement jusqu'à leur rétablissement, précise le document. Ces dispositions visent à garantir une prise en charge juridique adaptée, des conditions d'accueil sécurisées, ainsi qu'un accompagnement permettant de limiter les conséquences des violences subies et de favoriser la réinsertion des enfants concernés.
Cette mobilisation s'est traduite, en 2024, par l'adoption de 10.134 mesures de protection, sur la base des réquisitions du Ministère public. Un niveau en nette progression, en hausse de 57,9 % par rapport à 2023, année durant laquelle 6.418 mesures avaient été mises en œuvre au profit des enfants victimes.


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