Dans sa troisième édition du Country Risk Atlas, Allianz Trade passe au crible 83 économies représentant près de 94 % du PIB mondial. Son modèle d'évaluation, actualisé chaque trimestre, agrège 35 indicateurs à court et moyen terme pour mesurer le risque de non-paiement des entreprises. Le Maroc confirmé en « B1 » Pour le Royaume, la note « B1 » est maintenue. Elle traduit, selon l'assureur, une trajectoire de croissance jugée solide, portée par la production industrielle, les investissements directs étrangers et le redressement progressif de l'agriculture. Le PIB est attendu en hausse de 3,7 % en 2026 puis 3,5 % en 2027. Le dynamisme du tourisme, soutenu notamment par la Coupe d'Afrique des Nations et la Coupe du Monde de la FIFA, ainsi que la reprise des exportations de phosphates et la bonne tenue du secteur automobile, contribuent à cette dynamique. Sur le plan macroéconomique, l'inflation reste modérée, tandis que le ratio dette/PIB devrait refluer vers 65 % à l'horizon 2027. La banque centrale maintient des taux stables et poursuit la trajectoire de flexibilisation du dirham. Des fragilités persistantes Allianz Trade souligne néanmoins plusieurs vulnérabilités structurelles : chômage élevé des jeunes, poids important du secteur informel et disparités territoriales. Dans certains segments — commerce de détail, immobilier et construction — les retards de paiement continuent d'alimenter les défaillances d'entreprises. Les tensions sociales et la hausse des dépenses publiques constituent également des facteurs de vigilance, dans un contexte de réformes et de transformation économique. À l'échelle mondiale, l'étude relève une évolution inattendue : 36 pays ont vu leur notation rehaussée en 2025, contre 14 dégradations. Cette amélioration s'explique par des politiques budgétaires et monétaires plus accommodantes, une meilleure stabilité politique dans certaines régions et, pour plusieurs marchés émergents, une amélioration des conditions de financement et des prix des matières premières. Toutefois, le nombre de dégradations a presque triplé par rapport à 2024. Parmi les économies concernées figurent des poids lourds comme la France, la Belgique ou encore les Etats-Unis, ce qui traduit des risques persistants à moyen terme pour les entreprises exposées à ces marchés. Selon Allianz Trade, la résilience observée en 2025 ne doit pas masquer la fragmentation croissante de l'environnement économique mondial. Entre tensions commerciales, recomposition géopolitique, transition énergétique et mutations technologiques, l'incertitude demeure élevée. Dans ce contexte, l'assureur plaide pour une approche sélective, pays par pays, intégrant les trajectoires budgétaires, les conditions de convertibilité et les expositions commerciales. Pour les entreprises marocaines engagées à l'international, la stabilité relative du Royaume constitue un atout, mais la gestion du risque externe reste plus que jamais stratégique