Le projet de liaison ferroviaire directe entre le Maroc et l'Espagne progresse. Selon les informations révélées par le média espagnol Vozpopuli, le gouvernement espagnol a annoncé dans budget de l'année 2026, le déblocage de 1,73 million d'euros supplémentaires pour soutenir les études techniques menées par la Secegsa (Sociedad Española de Estudios para la Comunicación Fija a través del Estrecho de Gibraltar), société publique chargée de piloter les recherches nécessaires à ce chantier ambitieux. Depuis 2023, le soutien financier de Madrid a connu une nette accélération. Les crédits cumulés consacrés à Secegsa dépassent désormais 9,61 millions d'euros. L'objectif reste de concevoir un tunnel capable d'accueillir des trains à grande vitesse, reliant directement le Maroc au réseau ferroviaire européen. Sur le plan technique, l'entreprise d'ingénierie Ineco a été mandatée pour actualiser l'avant-projet d'ici juin 2026, grâce à des fonds communautaires. Cette étape marque la transition entre les études théoriques et la phase préopérationnelle, qui précisera notamment les coûts, les délais et les méthodes de construction. Une galerie de reconnaissance expérimentale est prévue pour analyser la structure géologique du détroit, avec un appel d'offres attendu dès 2027. Le projet demeure complexe. Le sous-sol du détroit est marqué par des failles actives et une activité sismique, rendant indispensable une coopération technique étroite entre équipes marocaines et espagnoles. Selon les premières estimations, la construction pourrait durer près de dix ans, pour un coût avoisinant 8,5 milliards d'euros côté espagnol. Si elle se concrétise, cette infrastructure représenterait une avancée historique pour la connectivité entre l'Afrique du Nord et l'Europe, et pourrait faciliter les échanges commerciaux et touristiques tout en ouvrant la voie à de futurs financements européens.