Cette organisation régionale regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad. Ces perspectives sont issues des dernières projections macroéconomiques publiées par la Banque mondiale. Cette performance intervient toutefois dans un contexte régional encore fragile. En 2024, les pays de la CEMAC ont été confrontés à une dégradation de leur situation budgétaire, marquée par une baisse des recettes liées aux matières premières, une augmentation des dépenses publiques et un déficit budgétaire moyen estimé à 1,3% du PIB. Malgré ces pressions, accentuées notamment par les répercussions de la guerre russo-ukrainienne, les économies d'Afrique centrale montrent des signes de reprise progressive, soutenues par une amélioration des perspectives macroéconomiques. Pour consolider cette dynamique, la Banque mondiale recommande aux Etats de la région de renforcer la gouvernance et la gestion des finances publiques. L'institution souligne l'importance d'améliorer la transparence, la passation des marchés publics, la gestion des investissements ainsi que le contrôle des entreprises publiques. Elle appelle également à intensifier les investissements dans le capital humain et les infrastructures productives. Les priorités concernent notamment l'éducation, la formation professionnelle, la santé, la protection sociale, mais aussi les secteurs stratégiques comme l'énergie, les transports et le numérique. Riche en ressources naturelles, le Gabon est encouragé à améliorer la transparence dans les industries extractives et à développer davantage de valeur ajoutée locale dans des secteurs tels que la foresterie, l'agriculture et la pêche. La Banque mondiale souligne également l'importance de mobiliser davantage de financements climatiques et de défendre une compensation équitable pour les services environnementaux rendus par les forêts du Bassin du Congo. Engagé dans la protection de l'environnement, le pays est invité à promouvoir un modèle de croissance durable fondé sur la valorisation de son capital naturel. Cela pourrait passer par le développement de l'écotourisme, l'agroforesterie, l'amélioration de la productivité agricole ou encore la création de centres de recherche dédiés aux plantes médicinales et aux ressources forestières. Dans le même temps, afin de réduire sa dépendance au pétrole, le Gabon mise sur le développement du secteur minier. Le lancement récent de l'exploitation du gisement de fer de Belinga ainsi que la mise en valeur d'un nouveau site minier attendue en 2026 devraient soutenir cette diversification. Par ailleurs, la relance de plusieurs projets d'infrastructures et l'essor du secteur des services devraient également contribuer à soutenir l'activité économique et permettre au pays de maintenir une croissance estimée à 3,7%. En attendant la mise à jour des prévisions macroéconomiques, dont la publication est prévue d'ici le 13 avril, les autorités gabonaises entendent poursuivre leurs réformes afin de consolider leurs performances économiques et préserver leur position de leader au sein de la CEMAC.