Le calendrier se précise enfin pour le projet gazier de Tendrara. La société britannique Sound Energy a confirmé, que la production commerciale du champ situé dans la province de Figuig débutera au troisième trimestre de cette année. Initialement envisagée pour fin 2025 ou début 2026, la mise en service a été légèrement décalée. En cause : des retards dans la livraison de composants critiques destinés à l'usine de micro-liquéfaction de gaz naturel (mLNG). Le sous-traitant principal, Italfluid Geoenergy, finalise actuellement l'installation des équipements de précision nécessaires pour transformer le gaz brut en GNL prêt à la vente. Des avancées techniques significatives Malgré cet ajustement de calendrier, l'essentiel des infrastructures de la phase 1 est désormais en place. Le système de collecte reliant les puits TE-6 et TE-7 à l'unité de traitement est entièrement opérationnel. Les tests de stockage, notamment en matière d'étanchéité et de pression du réservoir de GNL, ont été validés au premier trimestre 2026. Autre avancée notable : le site entame sa transition vers l'auto-suffisance énergétique. Les premiers essais de générateurs alimentés par le gaz extrait localement ont été lancés, permettant de substituer le diesel et de réduire l'empreinte carbone de l'exploitation. Le développement de Tendrara repose sur une approche progressive, articulée autour de deux marchés. Première étape : le GNL pour l'industrie. Un contrat de type « Take or Pay » a déjà été conclu avec Afriquia Gaz. Il prévoit la livraison de 100 millions de mètres cubes par an sur une durée de dix ans. Le gaz sera acheminé par camions-citernes pour alimenter les zones industrielles, offrant une alternative plus compétitive et moins polluante au fioul. La phase 2 prévoit la construction d'un gazoduc de 120 km, destiné à relier Tendrara au Gazoduc Maghreb-Europe (GME). L'objectif est d'alimenter directement les centrales électriques de l'ONEE. La décision finale d'investissement est attendue courant 2026, avec une mise en production envisagée à l'horizon 2028. Le projet est porté par un consortium où Mana Energy, filiale du groupe Managem, détient 55% des parts, aux côtés de Sound Energy (20 %) et de l'ONHYM (25 %). Pour accompagner la dernière phase avant l'entrée en production, Sound Energy a mobilisé un financement de transition d'environ 2,2 millions de dollars en mars 2026. Cette enveloppe, combinant prêt et levée de fonds, vise à assurer la continuité des opérations jusqu'à la génération des premiers revenus. Le projet de Tendrara ne se limite pas à l'extraction. Il sert de projet pilote pour l'industrie du gaz "onshore" au Maroc, ouvrant la voie à d'autres explorations dans les permis adjacents comme celui d'Anoual, dont la licence vient d'être prolongée jusqu'en 2028.