Dans le cadre de la 18e édition du Salon International de l'Agriculture au Maroc (SIAM), le Ministère de l'Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, a organisé le mardi 21 avril 2026 à Meknès, une conférence de haut niveau autour de la thématique : « Production animale et transformation des systèmes alimentaires ». Cette rencontre a réuni plusieurs personnalités politiques de haut niveau, des décideurs, des responsables d'organisations internationales, des experts, des chercheurs ainsi que des professionnels du secteur. « La production animale constitue un pilier essentiel du secteur agricole », a déclaré Ahmed El Bouari en ouverture de la conférence. Le ministre a rappelé que cette activité représente près de 35 % du PIB agricole, tout en assurant des revenus à près de 1,2 million d'éleveurs et en générant environ 130 à 135 millions de journées de travail par an. Des chiffres qui traduisent, selon lui, « le rôle central de ce secteur dans l'approvisionnement du marché national, la création d'emplois et le soutien aux revenus en milieu rural ». Le ministre a également détaillé les capacités de production du secteur. Le cheptel national atteint aujourd'hui près de 33 millions de têtes, permettant une production annuelle d'environ 530 000 tonnes de viandes rouges et près de 2 milliards de litres de lait. La filière avicole, en croissance continue, couvre désormais 100 % des besoins nationaux, avec une production de 784 000 tonnes de viandes blanches et près de 6,5 milliards d'œufs par an. Reprise agricole Revenant sur la conjoncture agricole, Ahmed El Bouari a souligné que « notre pays a traversé l'une des périodes de sécheresse les plus longues », avec des impacts importants sur l'activité agricole et l'économie rurale. Toutefois, la campagne en cours marque un tournant. « Grâce à l'amélioration notable des précipitations, les perspectives de reprise sont réelles », a-t-il indiqué. Les superficies céréalières ont atteint 3,9 millions d'hectares, avec une production attendue d'environ 90 millions de quintaux. Dans ce contexte, le PIB agricole devrait enregistrer une progression d'environ 15 % en 2026. Le niveau de remplissage des barrages, estimé à 13 milliards de m3, renforce également les perspectives pour l'agriculture irriguée. Le ministre a rappelé que le secteur évolue dans un environnement complexe, marqué par « les effets du changement climatique, la pression sur les ressources naturelles, la volatilité des marchés et les mutations des systèmes alimentaires ». Face à ces défis, « la transformation des filières animales est aujourd'hui une nécessité stratégique », a-t-il insisté, appelant à concilier performance économique, durabilité et exigences accrues en matière de qualité et de sécurité sanitaire. Reconstituer le cheptel Pour répondre aux effets de la sécheresse, le gouvernement a lancé un programme exceptionnel visant à reconstituer le cheptel national. « Ce programme s'accompagne d'un soutien financier important pour les éleveurs, notamment pour l'alimentation du bétail et la préservation des femelles reproductrices », a précisé le ministre. La stratégie du ministère repose sur plusieurs axes : développement de la production fourragère, renforcement de la santé animale, amélioration génétique des troupeaux et augmentation de la productivité du lait et des viandes. Ahmed El Bouari a également mis en avant les efforts engagés pour moderniser les circuits de distribution, améliorer les infrastructures d'abattage et renforcer la logistique. « Il est essentiel de promouvoir des relations contractuelles plus équitables, notamment au bénéfice des petits agriculteurs », a-t-il noté, insistant sur la nécessité d'une meilleure structuration des filières. En conclusion, le ministre s'est dit convaincu que cette conférence permettra « d'approfondir les échanges et d'identifier les voies de développement du secteur », dans un contexte de transformation rapide des systèmes alimentaires à l'échelle mondiale.