Intervenant à Meknès, la ministre française de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire, Annie Genevard a mis l'accent sur le caractère stratégique de la participation française au SIAM, qu'elle a décrit comme « un grand moment de notre coopération franco-marocaine ». Elle a rappelé que l'année 2025 avait été marquée par des échanges croisés entre les deux pays, avec le Maroc invité d'honneur en France et la France présente au SIAM, illustrant « une année particulièrement riche de collaboration ». Selon elle, les relations bilatérales reposent désormais sur « un partenariat durable, confiant et productif », renforcé par des rencontres régulières entre les deux ministères. Une coopération multisectorielle La ministre a indiqué qu'un comité mixte franco-marocain a permis d'identifier les principaux axes de coopération, allant de la recherche à la formation, en passant par la gestion de l'eau, la digitalisation de l'agriculture et l'élevage durable. Elle a insisté sur l'importance de ces échanges dans un contexte où les enjeux agricoles dépassent les frontières nationales. « Les maladies animales ne connaissent pas de frontières », a-t-elle rappelé, plaidant pour une coopération renforcée en matière de santé animale et de stratégie "One Health", qui lie santé humaine, animale et environnementale. Annie Genevard a replacé les débats du SIAM dans un contexte global de transformation des systèmes agricoles. « L'élevage est à la fois un pilier de la sécurité alimentaire et un moteur du développement rural », a-t-elle affirmé, soulignant les défis communs auxquels font face la France, le Maroc et de nombreux pays africains. Parmi ces défis figurent la pression climatique, la préservation des ressources naturelles, la volatilité des coûts et la nécessité d'assurer la viabilité économique des exploitations. La ministre a également évoqué les transformations engagées en France, qui visent à rendre les systèmes d'élevage plus durables. Elle a insisté sur la nécessité de préserver les prairies, la biodiversité, les sols et l'eau, tout en garantissant le bien-être animal et la rentabilité des exploitations.« Cet équilibre est exigeant, mais il est la condition de la durabilité », a-t-elle noté. Elle a également mis en avant le rôle des animaux dans la valorisation des ressources non consommables par l'homme, contribuant ainsi à l'efficacité globale des systèmes alimentaires. Des priorités communes La coopération franco-marocaine s'articule, selon elle, autour de cinq grandes priorités : la sécurisation de l'alimentation animale, la modernisation et la numérisation des exploitations, l'amélioration génétique et la résilience des cheptels, la structuration des filières et l'adaptation des systèmes de consommation. Ces axes visent à renforcer la durabilité et la compétitivité des filières animales dans les deux pays. La ministre a également insisté sur la dimension africaine de cette coopération, citant notamment les échanges avec la Côte d'Ivoire et d'autres partenaires du continent. Elle a évoqué les enjeux de sécurité alimentaire mondiale, dans un contexte où « la capacité des peuples à se nourrir de manière durable et équilibrée » devient une priorité partagée. Annie Genevard a enfin salué les avancées du Maroc en matière agricole, notamment à travers la stratégie « Génération Green », qu'elle considère comme une référence régionale. « En conjuguant nos expériences et en mobilisant nos chercheurs, agriculteurs et entreprises, nous pouvons construire des solutions durables », a-t-elle conclu, appelant à renforcer encore la coopération entre la France, le Maroc et l'Afrique.