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Reportage : Sur les traces de la meilleure huile d'olive marocaine [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 15 - 11 - 2023

Contrairement aux dernières années, la sécheresse a jeté de l'ombre sur le traditionnel débat au Maroc quant à la région productrice de la meilleure huile d'olive. Alors qu'auparavant, chaque terroir revendiquait fièrement sa supériorité en la matière, aujourd'hui, les oléiculteurs espèrent simplement avoir des olives bien garnies. Reportage.
9h du matin, Youssef Ghazali, oléiculteur à El Attaouia, petite ville de la province de Kelaâ des Sraghna, attend son tour dans la « Maassra » (moulin à huile) du quartier avec 60 quintaux d'olives à presser. Ce quarantenaire, propriétaire d'une oliveraie de plus de 40 hectares, qu'il a héritée de son père, a décidé de ne presser qu'une partie de ses olives, juste pour approvisionner sa famille et vendre quelques centaines de litres aux proches. « Comme l'année dernière, la récolte s'annonce bien maigre. Même lorsque les olives parviennent à pousser, elles sont plus petites que d'habitude et donnent donc moins d'huile », nous explique-t-il, ajoutant qu'après la sécheresse de l'année courante, il a décidé de ne pas tout récolter en attendant les résultats des récentes pluies, tout en espérant de nouvelles précipitations. Les pluies du mois d'octobre ont déjà impacté le prix de l'huile, qui est passé de 100 dirhams/litre à environ 80 dirhams, selon les régions. « Si le ciel se montre généreux durant les prochaines semaines, augmentant ainsi la production des olives, le prix de l'huile pourrait descendre à 70 dhs », estime notre oléiculteur, sans cacher son optimisme.
Dans ce sens, le ministère de tutelle s'attend, pour sa part, à une campagne similaire à celle de l'année précédente, atteignant 1,07 million de tonnes d'olives, alors que la production nationale d'olives est en baisse de 44% par rapport à la production de l'automne 2021, qui avait enregistré un record historique de 1,9 million de tonnes. Des résultats tirés vers le bas principalement à cause d'une pluviométrie insuffisante avec une mauvaise répartition temporelle et spatiale associée à des températures élevées en été et au printemps durant les deux dernières campagnes, ce qui a engendré un impact négatif sur la floraison et la nouaison de l'olivier, nous explique Redouane Arrach, Secrétaire Général du département de l'Agriculture. Cependant, pour baisser les prix et répondre à la demande nationale de ce produit très prisé par la population, l'Exécutif a décidé de limiter les exportations. Une décision qui restera en vigueur jusqu'à la fin de l'année 2024.

Vendre et limiter les dégâts

Un peu plus loin au Nord-Est de Kelaâ des Sraghna, au cœur de la région Béni Mellal-Khénifra, se trouve la ville de Souk Sebt Oulad Nemma, avec une population d'environ 60.000 habitants. Dans cette région, où le stress hydrique a atteint des niveaux alarmants, la situation des oléiculteurs est encore plus délicate. « Nos oliviers sont dégarnis, or, leurs branches devraient ployer sous le poids des olives », nous déclare Achraf, un jeune producteur, qui compte vendre ses fruits deux fois plus chers que l'année dernière. « Je peux vendre mes olives jusqu'à 11 dhs le kilogramme au lieu de 6 dhs comme d'habitude », nous confie-t-il, en pointant du doigt un de ses oliviers comptant quelques fruits racornis. Le sourire au visage, Achraf nous souffle que ses oliviers « sont peut-être non-fructifères, mais ils produisent la meilleure huile d'olive au Maroc ». Cette question de qualité de l'huile d'olive fait d'ailleurs débat dans ce contexte de stress hydrique. On a l'habitude de dire que l'huile de telle ou telle région est la meilleure du Royaume, mais en vérité, la qualité est déterminée par plusieurs facteurs, dont la qualité du sol, le climat, la biodiversité et, bien évidemment, le processus de traitement, nous explique Ahmed Khanoufi, directeur de l'Organisation professionnelle de la filière oléicole au Maroc. Le moment de la récolte est également crucial. Des olives trop vertes ou trop mûres peuvent affecter la qualité de l'huile. Une récolte à un stade optimal permet d'obtenir une huile d'olive de meilleure qualité.
Ceci dit, notre interlocuteur insiste sur le respect des cahiers des charges imposés par le régulateur. « Si les conditions sont respectées, on aura automatiquement des produits de qualité dans toutes les régions oléicoles du pays. A ce niveau, il est conseillé au consommateur de s'approvisionner auprès des opérateurs (petits, moyens ou grands) qui disposent d'unités de trituration autorisées par l'ONSSA », recommande Ahmed Khanoufi.
Pour faire face aux conséquences des changements climatiques sur la filière oléicole, citées par nos intervenants, le ministère de l'Agriculture nous indique que ses départements ont mis en place plusieurs mesures d'atténuation et d'adaptation, qui ne résolvent pas les problèmes de manière définitive, mais qui, au moins, limitent les dégâts.

Trois questions à Redouane Arrach « Les pratiques agricoles sont contraintes de s'adapter à travers le choix de variétés d'oliviers plus résistantes »
- Dans un contexte marqué par une forte sécheresse, quelles sont les mesures prises par le ministère pour soutenir la filière oléicole ?

- Le gouvernement a lancé une nouvelle stratégie de développement du secteur agricole - "Génération Green 2020-2030" - en se basant sur les résultats de l'évaluation du Plan Maroc Vert. Un nouveau contrat-programme de nouvelle génération a été élaboré par le Département de l'Agriculture en concertation avec la profession oléicole et a été signé en mai 2023 pour le développement d'une filière plus résiliente et plus éco-efficiente. Ceci à travers le développement de l'oléiculture biologique et la promotion des systèmes économes en eau d'irrigation (+100.000 Ha), soit le maintien de l'aide de l'Etat pour l'équipement en goutte à goutte. Il y a aussi la promotion des énergies renouvelables (biomasse, solaire...) et l'accompagnement de la transition énergétique des agriculteurs vers le renouvelable (solaire). De plus, il y a la promotion de la valorisation des déchets issus de l'activité oléicole, comme la création d'unités de traitement de grignons d'olives et la création de bassins de séchage des margines. Et bien évidemment l'amélioration et la diffusion des techniques de conservation des sols.
- Comment peut-on adapter l'olivier à la sécheresse ?
- Face à la hausse progressive des températures et à la raréfaction conjointe des précipitations, les pratiques agricoles sont contraintes de s'adapter à cette situation à travers le choix des variétés d'oliviers plus résistantes. L'utilisation de la densité optimale selon le mode d'exploitation en intensif/extensif joue également un grand rôle. Il y a ensuite l'application de la taille qui a pour objectifs d'accroître la production, de limiter l'alternance, de freiner le vieillissement, d'éliminer le bois mort et le bois superflu. En plus, l'optimisation de l'usage des ressources hydriques est importante, comme l'utilisation de la paille/résidus des arbres autour des plantes, cequi peut réduire l'évaporation de l'eau du sol.
- Sur la question des variétés des arbres, avez-vous une stratégie pour inciter les producteurs ?

- Le ministère a procédé à l'intégration dans le programme de la recherche agronomique nationale des thèmes relatifs à l'olivier et aux changements climatiques (sélection et adaptation variétale, techniques culturales, etc.). Le verger oléicole est constitué essentiellement de la variété population "Picholine Marocaine" qui représente plus de 90% des plantations. Le reste, soit 10%, est constitué de plusieurs variétés, en particulier : Picholine du Languedoc, Dahbia et Mesllala concentrées essentiellement en irrigué (Haouz, Tadla, Kelaâ) et de quelques variétés espagnoles et italiennes. L'Etat, dans le cadre du Plan Maroc Vert, encourage la diversification du profil variétal à travers l'utilisation des variétés Haouzia et Menara. C'est ce qui constitue la résilience de la filière.
Trois questions à Ahmed Khanoufi : « Les perspectives de production sont faibles même chez les grands pays producteurs »
- Dans une phase de sécheresse, la tutelle mise sur une production nationale prévisionnelle des olives de 1,07 million de tonnes. Pour votre part, comment évaluez-vous la performance du secteur dans ce contexte ?
- Durant la campagne actuelle 2023/2024, les conditions climatiques sont défavorables. Elles sont marquées par la faiblesse des précipitations avec des épisodes de températures élevées prolongées et qui ont des impacts négatifs sur la floraison dans les grandes régions de production oléicole (Fès-Meknès, Marrakech-Safi, Béni Mellal-Khénifra, Oriental...).

- Le contexte favorise la hausse des prix de l'huile d'olive. Quelles sont vos perspectives sur la demande des consommateurs ?
- Les perspectives de production sont difficiles aussi dans les grands pays de production comme l'Espagne, l'Italie, la Tunisie, le Portugal, etc. Ce fait laisse présager une augmentation des cours des produits à l'échelle nationale et internationale. C'est dans cette perspective que le gouvernement a décidé de soumettre à autorisation l'exportation des produits d'olives, et ce, pour stabiliser les prix à la consommation nationale à des niveaux normaux, notons que des opérateurs professionnels marocains sont mobilisés pour assurer l'approvisionnement normal et régulier du marché national.

- Sur un autre registre, on entend çà et là que les olives de certaines régions produisent la meilleure huile du Maroc. Quelles sont les zones les plus réputées ?
- La qualité des olives et des huiles d'olives dépend d'un certain nombre de techniques de production des olives adéquates et d'un processus de transformation bien maîtrisé moyennant un outil industriel performant qui respecte les normes sanitaires exigées par l'ONSSA.
Si ces conditions sont respectées, on aura automatiquement des produits de qualité dans toutes les régions oléicoles du pays. A ce niveau, il est conseillé au consommateur de s'approvisionner auprès des opérateurs (petits, moyens ou grands) qui disposent d'unités de trituration autorisées par l'ONSSA.


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