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Interview avec Maâlma Asmaa Hamzaoui : « La musique Gnaoui, une véritable expression de la vie »
Publié dans L'opinion le 11 - 07 - 2024

Asmaa Hamzaoui a démontré courage, audace et persévérance pour s'imposer dans l'univers, traditionnellement masculin de la Tagnaouite, ouvrant ainsi la voie à d'autres femmes gnaouies. Aujourd'hui, elle est l'une des rares ambassadrices de l'art Gnaoua, en tant que leader du groupe Bnat Timboucktou. Interview.
* Que représente pour vous la musique Gnaoui ?
La musique Gnaoui est bien plus qu'un simple genre musical pour moi. Elle est l'essence même de mon existence, nourrissant mon âme de ses rythmes envoûtants. C'est une véritable expression de la vie, englobant toutes ses nuances et ses émotions. Pour moi, chaque note, chaque rythme, raconte une histoire et capture l'esprit de notre héritage culturel.

* Comment percevez-vous la réaction du public face à une femme jouant du Guembri sur scène, un instrument traditionnellement réservé aux hommes ?
Le public m'a accueillie chaleureusement, même si j'ai commencé ce périple à une époque où les femmes étaient presque absentes de ce genre musical. Ma première apparition ne représentait pas seulement une femme jouant du Gnaoui, mais tout un groupe de femmes incarnant ces notes sur scène et les transmettant à l'audience.
Dès notre première interaction avec le public, j'ai su que ce serait un long voyage. Pour moi, c'est quelque chose de sacré, et j'avais peur de ne pas rendre justice à cet art. Pourtant, le soutien et l'enthousiasme du public, de ma famille et de mes amis m'ont encouragée à poursuivre et à affirmer ma place sur la scène Gnaoui, montrant que la musique transcende les genres et les traditions. Ces moments d'échange ont renforcé ma conviction que la musique Gnaoua est universelle et qu'elle peut être portée par tous, peu importe le genre.

* Qu'est-ce qui vous a motivée à entamer votre carrière dans la musique Gnaoua ?
Je dirais que c'est avant tout mon père, Rachid Hamzaoui, qui était lui-même un Maâlam Gnaoui. Depuis que j'ai ouvert les yeux, j'ai grandi entourée d'une famille passionnée par cet art. Ma mère et ma sœur sont également dans le Gnaoui, donc il était tout naturel pour moi de suivre cette voie et de devenir une Maâlma Gnaouia à mon tour. Leur passion et leur dévouement m'ont profondément inspirée et motivée à embrasser cette carrière avec tout mon cœur. C'est cette ambiance familiale et cet héritage qui ont façonné mon parcours et ont ancré en moi l'amour de la musique Gnaoua.

* Quelle est votre opinion sur la place de la musique Gnaoua dans la scène artistique marocaine aujourd'hui, en particulier avec l'impact du Festival Gnaoua et Musiques du Monde ?
Avant tout, je tiens à remercier le Festival Gnaoua et Musiques du Monde. Ce rendez-vous culturel, mondialement reconnu, a été crucial pour la revitalisation de cet art ancestral, qui était en agonie pendant de nombreuses années. Sans les efforts déployés par ce festival, durant ses vingt-cinq ans d'existence, je ne crois pas que l'art Gnaoua serait devenu une composante aussi indispensable de la culture marocaine qu'il l'est aujourd'hui. Il a non seulement donné une nouvelle vie à cette musique, mais il a aussi offert une plateforme aux artistes Gnaoua pour s'exprimer et se connecter avec un public plus large.
Il existe de nombreux festivals à travers le Royaume qui s'intéressent à cette musique, mais aucun ne le fait de la même manière qu'ici à Essaouira. Le niveau d'organisation et la diversité de l'offre ici sont incomparables. Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde a réussi à créer un espace où la musique Gnaoua peut non seulement survivre, mais aussi prospérer et évoluer en rencontrant d'autres genres musicaux.
Personnellement, j'ai le même âge que le festival, et j'y viens depuis toujours. On peut dire que j'ai grandi dans les bras de ce festival. C'est une grande fierté pour moi de pouvoir jouer sur l'une de ses scènes. Le festival a façonné non seulement ma carrière, mais aussi ma vision de l'art Gnaoua. Grâce à lui, j'ai pu voir l'impact positif qu'il peut avoir sur la société et sur les générations futures. Merci !

* L'art Gnaoui, dans sa forme actuelle, doit-il se fusionner avec d'autres genres musicaux pour survivre ?
Avec mon groupe, j'ai parcouru le monde entier grâce à la musique Gnaoua, dans sa forme pure et authentique. La voix et la présence féminine sur scène sont déjà des évolutions significatives. Depuis 2019, l'inscription de Gnaoua sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité témoigne de la valeur et de la richesse de cet art dans son essence originale.
Pour moi, la musique Gnaoua est éternelle. C'est une mélodie qui résonne profondément et fait bouger tout le monde dès la première note. Les fusions avec d'autres genres musicaux apportent certes une nouvelle dimension, mais elles enrichissent ces genres bien plus qu'elles ne sont nécessaires à la survie de Gnaoua. L'art Gnaoui se suffit à lui-même et continue d'évoluer naturellement tout en restant fidèle à ses racines.
Recueillis par Yassine ELALAMI

Portrait : Une femme qui défie les traditions et envoûte dans l'univers masculin du Gnaoui
Asmaa Hamzaoui incarne le courage et l'audace dans l'univers traditionnellement masculin de la Tagnaouite. Fille du grand Maâlem Rachid Hamzaoui, elle a été initiée dès son plus jeune âge à l'art du guembri. Accompagnant son père dans les célébrations, elle a perfectionné son talent et a trouvé sa place dans le monde de la musique Gnaoua, un domaine où les femmes sont encore rares.
Avec son groupe Bnat Timboucktou, Asmaa reste fidèle aux traditions de la musique Gnaoua. Leur répertoire aborde des thèmes profonds tels que l'éloignement, la souffrance et la mémoire africaine. Cette fidélité aux racines culturelles n'empêche pas Asmaa d'insuffler une touche moderne et personnelle à leurs performances, attirant ainsi un public varié et international.
L'été 2017 a marqué un tournant dans la carrière d'Asmaa Hamzaoui lorsqu'elle a été invitée à participer au prestigieux Festival Gnaoua et Musiques du Monde d'Essaouira. Cet événement a été une reconnaissance de son talent et de son dévouement, surtout dans un contexte où les joueuses de Guembri sont extrêmement rares, tant au Maroc qu'à l'international.
Lors de la 24ème édition du festival, Asmaa Hamzaoui et Bnat Timboucktou ont réalisé une performance remarquable en fusion avec Les Amazones d'Afrique, un groupe réunissant plusieurs divas du continent africain. Cette collaboration a été un exemple éloquent de sororité africaine, alliant rythme et panache, et démontrant la capacité de la musique à transcender les frontières et les genres.


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