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Droits de douane : Rabat épargné des méga-tarifs imposés par Trump
Publié dans L'opinion le 03 - 04 - 2025

Les nouveaux tarifs douaniers américains frappent durement l'Algérie (30 %) tandis que le Maroc bénéficie du taux le plus bas (10 %). Une différence de traitement qui interroge sur la stratégie de Washington au Maghreb.
Le président américain Donald Trump a marqué le 2 avril comme un «Jour de la Libération» pour la politique commerciale des Etats-Unis en annonçant un vaste plan de droits de douane en guise de représailles drastiques. Un taux minimum de 10% a été imposé à plusieurs pays, dont le Maroc qui a eu droit à une taxe punitive supplémentaire de 10%, le taux le plus bas parmi ses voisins.
La mise en place de tarifs douaniers "réciproques" sur les importations est présentée par les Etats-Unis comme une nécessité pour rétablir l'équilibre commercial et sauvegarder l'industrie nationale. Ce dispositif tarifaire, effectif dès le 5 avril 2025, prévoit un taux de base de 10 % pour tous les partenaires commerciaux américains. Par ailleurs, une surtaxe punitive, modulée en fonction des pratiques commerciales, ciblera une soixantaine de nations jugées trop protectionnistes envers les produits américains, avec des exemples tels que la Chine (34%), l'Inde (26%), le Japon (24%) et l'Union européenne (20%).
Si les regards étaient tournés vers la Chine et l'Europe, principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, d'autres pays du Maghreb qui ont des échanges plus modestes, sont touchés de plein fouet. C'est le cas de l'Algérie qui se voit infliger un taux de 30 % contre 18,9 % jusqu'à présent, soit une hausse de 11,1 %. Dans la région, seule la Libye (31 %) a un taux supérieur à celui de l'Algérie. La Tunisie voit ses produits taxés à hauteur de 28 % et le Maroc seulement 10 %.
Un accord win-win malgré les déficits
Le Maroc est lié par un accord de libre-échange avec les Etats-Unis en vigueur depuis le 1er janvier 2006, en tant que seul pays africain et arabe. Depuis, le commerce bilatéral a plus que quadruplé, passant d'environ 1,3 milliard de dollars en 2006 à 5,5 milliards de dollars en 2023. Le Maroc exporte principalement des engrais, des semi-conducteurs et des véhicules à moteur vers les Etats-Unis. Parmi ses principales importations de l'Oncle Sam, le carburant, les pièces d'avion et les turbines à gaz.
En analysant la structure des échanges commerciaux avec les Etats-Unis, il apparaît que le Maroc et l'Algérie présentent des dynamiques distinctes. Les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l'Algérie ont totalisé environ 3,5 milliards de dollars en 2024. Les exportations américaines vers l'Algérie ont atteint 1,0 milliard de dollars, enregistrant une diminution de 15,5 % par rapport à 2023, tandis que les importations en provenance d'Algérie se sont élevées à 2,5 milliards de dollars, soit une baisse de 18,7 % par rapport à l'année précédente. Le déficit commercial des Etats-Unis avec l'Algérie s'est ainsi réduit de 20,9 % en 2024, atteignant 1,4 milliard de dollars. Cette diminution reflète l'impact négatif des barrières tarifaires élevées sur les exportations algériennes qui se déséquilibrons davantage avec ces nouvelles mesures. En revanche, le Maroc, bénéficiant d'un tarif douanier de 10 % et d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, a vu ses exportations vers ce marché augmenter de 12,3 % en 2024, atteignant 1,9 milliard de dollars. À l'inverse, le Maroc a su diversifier ses échanges commerciaux, réduisant ainsi sa dépendance aux Etats-Unis. Cette diversification, conjuguée à l'Accord de libre-échange Maroc-Etats-Unis (USMFTA), favorise un commerce bilatéral plus équilibré et limite l'impact des nouvelles mesures protectionnistes américaines.
La décision d'imposer des droits de douane de 30 % à l'Algérie, tandis que le Maroc se voit appliquer un taux inférieur, ne se limite pas à des considérations commerciales. Entre le Maroc et les Etats-Unis, les relations sont séculaires et le partenariat est stratégique. Des valeurs et des intérêts communs et un même engagement au service de la paix, la sécurité et la prospérité animent les deux alliés. C'est cette approche tournée vers l'avenir qui a conduit, en 2020, à la reconnaissance historique par cette puissance mondiale et membre influent du Conseil de sécurité de l'ONU, de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur l'ensemble de son territoire, y compris ses Provinces du Sud. Un tournant décisif qui a tracé la voie et continue d'influencer les dynamiques régionales.


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