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Quads et buggys dans les plages : Dispositifs contre une menace meurtrière [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 28 - 06 - 2025

Ghita a été victime d'un accident impliquant un véhicule motorisé sur une plage très fréquentée durant l'été. Le cas n'est pas isolé et met en lumière un vide en matière de contrôle. L'encadrement reste insuffisant malgré les textes en vigueur.
Le drame de la petite Ghita, violemment percutée par un 4x4 tirant un jet-ski sur la plage de Sidi Rahal, remet en lumière le danger que représentent les véhicules circulant sur le sable. L'enfant de 4 ans s'en est heureusement sortie et a pu quitter la clinique où elle a passé une semaine en soins intensifs et subi de multiples interventions chirurgicales. Ce n'est pourtant pas un cas isolé, car, chaque été, les comportements à risque de certains vacanciers provoquent des accidents aux conséquences parfois tragiques.
En 2022, deux jeunes à bord d'un quad ont vécu un accident dramatique au niveau de la plage « Jaouhara » à Skhirat. Après avoir percuté un obstacle en dur, l'un des jeunes a trouvé la mort alors que le deuxième a été gravement blessé.

Entre théorie et pratique
Pourtant, la loi marocaine pose plusieurs garde-fous pour garantir une utilisation sécurisée des quadricycles. L'article 33 de la loi n°81-12 relative au littoral (promulguée en 2015) interdit la circulation et le stationnement des véhicules à moteurs sur les littoraux.
Théoriquement, conduire un engin motorisé sur une plage est donc strictement interdit (sauf pour les agents d'autorité et les véhicules qui ont reçu une autorisation dans ce sens). Pourtant, l'application de cette loi ne semble pas toujours au rendez-vous au vu des engins qui défilent souvent sur les plages. L'autre point, où la loi semble diverger de la réalité sur le terrain, est l'assujettissement de la conduite d'un quad à un permis spécial. Nous avons contacté une entreprise de location de quads qui nous a confirmé qu'il était possible de conduire un de leurs engins sans permis. Cependant, si certains pays n'imposent pas une contrainte de permis pour conduire certaines catégories de quadricycles à moteurs, la loi au Maroc est pour sa part claire : il est obligatoire d'obtenir un permis spécifique pour pouvoir le faire en toute légalité.

Limitation de vitesse
La vitesse des quadricycles à moteur est également réglementée puisque l'article 19 de la loi n° 52-05 portant code de la route, relative aux règles de la circulation routière, précise que "tout conducteur d'un cyclomoteur ou d'un tricycle ou quadricycle à moteur est tenu de ne pas dépasser la vitesse maximale fixée à : 1 - 40 Km/h à l'intérieur des agglomérations ; 2 - 60 Km/h en dehors des agglomérations".
Pour minimiser les risques liés à la conduite parfois irresponsable des quadricycles et autres engins tout-terrain, la connaissance et l'application de la loi apparaissent comme un préalable qu'il conviendrait de renforcer, en plus d'améliorer l'encadrement des intervenants qui offrent des services de location d'engins dans des conditions parfois douteuses. Il suffit de voir les avis publiés sur Internet pour constater que beaucoup d'entre eux proposent des quadricycles mal entretenus ou en mauvais état, ce qui augmente logiquement les risques de défaillances et d'accidents pendant leur utilisation.

Des conduites dangereuses
En plus d'enfreindre la législation en vigueur, ces pratiques perturbent la tranquillité des habitants du littoral. Une riveraine de la plage « Jaouhara » nous confie qu'en plus des risques d'accidents, les activités de quads génèrent souvent des nuisances pour le voisinage.
"L'accident qui a eu lieu était bien sûr tragique. Mais il fallait quelque part s'y attendre au vu des comportements parfois irresponsables dont font preuve certains conducteurs. Nous étions tranquilles pendant plusieurs mois, mais avec les vacances qui sont aux portes, de plus en plus d'engins motorisés refont surface. D'aucuns sont des conducteurs de passage qui ont loué un quad alors que d'autres sont des résidents qui ont leurs propres engins", explique notre source.
Souvent bruyant, le passage de quads ne manque pas de se faire remarquer. "Quand c'est une ou deux personnes qui se baladent, ce n'est pas un problème. Mais quand c'est un rodéo de quads ou encore quand c'est un conducteur qui conduit à grande vitesse et tente de franchir des pistes difficiles, ça devient intolérable", poursuit notre interlocutrice.

Souhail AMRABI
3 questions à Brahim Bakass : « Certains sites naturels fragiles devraient être fermés à ce genre d'activités »
* La circulation des quadricycles à moteurs dans les espaces naturels est-elle encadrée au Maroc ?
Je veux tout d'abord préciser que les activités qui se font à travers ce type de tourisme motorisé sont tout à fait légitimes. On peut comprendre l'intérêt de découvrir une région à travers un quad ou un buggy. Cela dit, contrairement à d'autres pays où ce genre d'activités est strictement contrôlé, nous constatons régulièrement que des conducteurs d'engins motorisés tout-terrain investissent des espaces naturels, dans diverses régions du Royaume, où ils ne devraient pas être autorisés à pénétrer au vu de l'impact négatif qu'ils peuvent générer.

* Quels sont justement les impacts négatifs qui peuvent être engendrés par ces « intrusions » ?
Il en existe plusieurs. D'abord, un impact négatif sur d'autres types de tourisme où il est plus question de chercher la quiétude et de communier avec la Nature. Imaginez quelqu'un qui a fait des centaines de kilomètres pour goûter à la tranquillité de la nature et qui se retrouve obligé de subir le boucan d'engins motorisés... Il y a également l'impact négatif sur l'environnement causé par l'effarouchement de la faune et la destruction de la flore qui peut parfois être très fragile, surtout dans les zones arides et semi-arides.

* Quelles sont, selon vous, les solutions qui s'imposent ?
Je pense qu'il faut tout simplement appliquer la loi et améliorer l'encadrement de ce genre de pratiques. Certains sites naturels fragiles devraient être fermés à ce genre d'activités. Il est possible de voir ce que d'autres pays ont pu faire dans ce domaine et s'en inspirer.
Il est bien sûr important de favoriser le tourisme sous toutes ses formes, mais pas au détriment du voisinage, de la sécurité et de l'environnement.
Réglementation : Âge légal et permis obligatoire pour conduire un quadricycle
Le buggy ressemble plus à une petite voiture légère avec deux places côte à côte, mais n'en est pas moins considéré comme un quadricycle à moteurs. Les quads et les buggys font donc partie de la même famille de véhicules qui est, selon la loi marocaine, scindée en deux grandes catégories : celle du quadricycle léger à moteur, que la loi définit comme un « quadricycle dont le poids à vide n'excède pas 350 kilogrammes pourvu d'un moteur d'une puissance au plus égale à 4 kilowatts ou d'un moteur thermique dont la cylindrée n'excède pas 50 cm3 », et la catégorie « quadricycle lourd à moteur » défini dans la loi n° 52-05 portant code de la route comme un « quadricycle dont le poids à vide n'excède pas 550 kilogrammes pourvu d'un moteur d'une puissance égale à 15 kilowatts au plus ou d'un moteur thermique dont la cylindrée n'excède pas 125 cm3 ». Légalement, il faut un permis de catégorie AM pour pouvoir conduire un quad léger (à partir de l'âge de 14 ans), et un permis de catégorie B pour conduire un quad lourd (à partir de 18 ans).
Sécurité : Ces quads de location qui échappent à la visite technique
En contactant des entreprises de location de quads, il est facile de toucher le gap qui existe entre la loi et les réalités sur le terrain. Alors que tous les véhicules motorisés qui circulent sur le sol marocain sont tenus d'avoir des cartes d'immatriculation, les quads sans papiers sont légion.
« La majorité de nos quads n'ont pas de papiers et sont donc interdits de circuler dans la ville ou sur des routes goudronnées », admet Jamal, chef de parc d'une entreprise spécialisée dans la location de véhicules touristiques. Si la loi n'interdit pas aux quads de circuler dans les villes marocaines du moment qu'ils ne dépassent pas 40km/h, « seuls sont tolérés sur la voie publique les véhicules qui disposent d'une carte grise, d'une assurance et de plaques d'immatriculation », précise un policier de la circulation auquel nous avons posé la question.
Pourquoi donc certains quads sont dûment enregistrés alors que d'autres ne le sont pas ? La réponse se justifierait par l'absence d'homologation de certains quadricycles qui pourtant circulent et sont loués au vu et au su de tous.
« Nous sommes autorisés par les autorités locales qui viennent chaque année vérifier notre parc. Cela dit, il n'existe aucune exigence légale en termes de maintenance ou de visite technique pour les quads de location. Nous nous chargeons bien sûr de les maintenir correctement, mais d'autres parties qui louent également ce genre de véhicules rognent sur les frais de maintenance, ce qui peut mettre les clients en danger », confie Jamal.


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