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Enquête : Surcharge de travail chez les enseignants du primaire
Publié dans L'opinion le 08 - 10 - 2025

Les enseignants marocains du primaire subissent un stress record (79% de surcharge), soit 12 points de plus que leurs collègues du collège, selon l'enquête TALIS de l'OCDE.
Les résultats de la quatrième édition de l'enquête TALIS, publiés ce mardi 7 octobre, ouvrent une perspective sans précédent sur les conditions de travail et les perceptions des professionnels de l'éducation face aux défis structurels et aux innovations technologiques. L'enquête, dont la collecte des données a été menée sur le terrain au printemps 2024 pour le Maroc et les pays de l'hémisphère Nord, est la plus grande de son genre, mobilisant 55 systèmes éducatifs (pays et territoires) à travers le monde. Conçue pour collecter des informations comparables et fiables, l'enquête internationale sur l'enseignement et l'apprentissage de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques a interrogé plus de 280.000 enseignants.
Le Maroc a fourni des données pour les niveaux primaire et secondaire correspondant au cycle du collège. Les résultats spécifiques mettent en évidence des points de tension critiques. La surcharge de travail frappe particulièrement le premier cycle d'enseignement : près de quatre enseignants du primaire sur cinq (79%) au Maroc considèrent que le fait d'avoir «trop de leçons à enseigner» est une source de stress majeur. Ce taux, l'un des plus élevés parmi les systèmes éducatifs comparables, illustre une pression professionnelle intense. Il dépasse de 12 points de pourcentage les préoccupations exprimées par leurs homologues du secondaire inférieur, témoignant d'une concentration du fardeau sur les jeunes élèves.
Ce stress s'inscrit dans un contexte d'inégalités d'efficacité perçue. Le rapport révèle une fracture entre les secteurs : les enseignants des écoles primaires privées sont 10 points de pourcentage plus nombreux à affirmer atteindre leurs objectifs d'apprentissage par rapport à leurs collègues des écoles publiques. Cette disparité est d'autant plus préoccupante qu'elle coïncide avec une difficulté générale à gérer l'hétérogénéité des classes, puisque plus de 40% des enseignants marocains signalent que plus de 30% de leurs élèves affichent de faibles résultats scolaires. Ces chiffres montrent que le système éducatif peine à garantir une expérience d'apprentissage équitable et efficace pour tous, accentuant le besoin de soutien ciblé.

Les défis mondiaux
Au-delà des spécificités nationales, TALIS dessine un portrait international de la profession. L'étude révèle une réalité flagrante : un enseignant de moins de 30 ans sur cinq envisage de quitter la profession dans les cinq prochaines années. Dans certains systèmes éducatifs, ce chiffre atteint la moitié des jeunes enseignants. Ce résultat apporte des éléments essentiels sur les facteurs à l'origine de l'attrition des enseignants, dans un contexte de pénurie mondiale de 50 millions d'enseignants dans l'enseignement préscolaire, primaire et secondaire.
Le rapport identifie les facteurs qui favorisent la rétention et le bien-être. Les enseignants qui bénéficient d'une plus grande autonomie pédagogique font état d'une plus grande adaptabilité, d'une plus grande satisfaction au travail et d'un bienêtre accru. Ceux qui participent mensuellement à des activités d'apprentissage professionnel collaboratif font état d'un bienêtre accru, tandis que ceux qui participent à des activités d'échange et de coordination ont tendance à exprimer une plus grande satisfaction au travail. Le bien-être et la satisfaction au travail des enseignants sont étroitement liés au soutien d'un directeur d'école et à des relations positives avec les élèves et leurs parents. Les enseignants qui se sentent valorisés par leurs élèves font également état d'une plus grande satisfaction au travail et d'un plus grand bien-être. Un autre défi crucial est l'avènement de l'Intelligence Artificielle (IA). L'étude constate qu'environ un tiers des enseignants utilise déjà l'IA comme outil pédagogique. Toutefois, cette intégration rapide s'accompagne d'une forte inquiétude : sept enseignants sur dix craignent que l'IA ne facilite grandement le plagiat et la tricherie des élèves. Ce dilemme éthique et pédagogique est désormais une réalité pour tous les systèmes éducatifs.

Une feuille de route pour les réformes
Les résultats de TALIS constituent une ressource indispensable. En mettant en lumière la pression unique que subissent les enseignants marocains du primaire et en les confrontant aux tendances mondiales en matière de technologies et de satisfaction professionnelle, le rapport offre aux décideurs politiques une feuille de route claire et basée sur des données. Les réformes futures devront impérativement adresser la surcharge de travail et les disparités entre les secteurs pour soutenir la vocation des enseignants, garantir une meilleure qualité d'enseignement et préparer efficacement les élèves marocains à un avenir de plus en plus numérisé. «Nous savons ce qui fonctionne. Les gouvernements doivent investir dans la profession enseignante : des salaires compétitifs, des charges de travail raisonnables, un développement professionnel entièrement financé et des emplois sûrs. Mais l'investissement seul ne suffit pas. Les enseignants doivent également bénéficier d'une réelle autonomie, avoir leur mot à dire dans l'élaboration des politiques et disposer des ressources nécessaires pour bien enseigner à chaque élève», a déclaré le secrétaire général de l'Internationale de l'Education (IE), David Edwards.
De son côté, la présidente de l'IE, Mugwena Maluleke, a souligné qu'investir dans les enseignants – leurs salaires, leurs conditions de travail, leur développement professionnel et leur participation à l'élaboration des politiques – est essentiel pour créer des systèmes éducatifs de qualité et fidéliser les enseignants.
Expérience pédagogique : Un tiers des enseignants sont des débutants
Environ 30% des enseignants au Maroc ont cinq ans ou moins d'expérience d'enseignement, selon les données de l'enquête TALIS de l'OCDE. Les enseignants débutants sont plus susceptibles de travailler dans des écoles où 10% ou plus des élèves ont des difficultés à comprendre la langue d'enseignement, comme c'est le cas au Maroc, en Colombie et en Turquie.
Les enseignants ont en moyenne environ 17 ans d'expérience : 18% ont 5 ans ou moins d'expérience d'enseignement, 45% ont entre 6 et 20 ans d'expérience, et 37% ont plus de 20 ans d'expérience.
Selon l'enquête TALIS, les pays avec les plus fortes proportions d'enseignants expérimentés sont la Lettonie, la Lituanie et le Portugal, où plus de 60% des enseignants ont plus de 20 ans d'expérience.
Ces proportions sont restées relativement stables depuis 2018. Cependant, des tendances divergentes sont observées : la proportion d'enseignants débutants a augmenté dans 11 systèmes éducatifs, tandis que dans d'autres pays, comme Singapour et la Turquie, on observe des diminutions significatives de la proportion d'enseignants ayant moins de cinq ans d'expérience, avec des baisses respectives de 18 et 14 points de pourcentage entre 2018 et 2024.
De plus, les enseignants débutants sont plus susceptibles de travailler dans des écoles gérées de manière privée, avec des différences notables dans certains pays, comme la Colombie, le Costa Rica, le Kazakhstan et l'Arabie saoudite, où l'écart dépasse 20 points de pourcentage par rapport aux écoles publiques.
Enfin, si les enseignants débutants apportent souvent de nouvelles idées et des perspectives fraîches à l'enseignement, il est essentiel de leur fournir un soutien et une formation appropriés pour les aider à développer leurs compétences et à relever les défis de l'enseignement.


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