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Le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), ou l'émergence d'un réalisme sahraoui organisé
Publié dans L'opinion le 23 - 12 - 2025

Analyse stratégique de l'entretien d'El Hadj Ahmed Breikla, secrétaire général du Mouvement sahraoui pour la paix, avec l'Agence Total, par le politologue Adalberto Agozino, décembre 2025.
Certaines interviews transcendent le simple cadre des déclarations convenues pour devenir de véritables signaux politiques. L'entretien accordé par El Hadj Ahmed Breikla, secrétaire général du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), appartient sans aucun doute à cette catégorie. À travers un discours équilibré, organisé et résolument tourné vers l'avenir, le mouvement affirme sa présence, non pas comme une force de protestation de plus, mais comme un acteur de transition dans un conflit sahraoui longtemps enlisé dans ses propres impasses.

Un acteur de transition, et non un mouvement de protestation

La première conclusion essentielle réside dans la nature même du MSP. Au-delà des positions idéologiques et des postures symboliques, le mouvement adopte une logique de sortie du conflit. Le mouvement reconnaît l'épuisement du modèle de guerre, l'impasse des solutions extrêmes et projette ses calculs sur la phase post-conflit. Ce réalisme stratégique marque une rupture nette avec le passé. Il ne raisonne plus en termes de vainqueur et de vaincu, mais plutôt en termes de voie à suivre, de désescalade et de gestion durable de la paix. Pour les décideurs, le cadre d'interprétation change radicalement : le Mouvement sahraoui n'est plus une force de division, mais un instrument potentiel de stabilité.

Un alignement clair avec le cadre des Nations Unies

Un autre point essentiel de l'entretien est l'engagement explicite du Mouvement sahraoui envers le nouveau cadre international établi par le Conseil de Sécurité des Nations Unies par la Résolution 2797. En reconnaissant l'autonomie comme «la base la plus réaliste, crédible et viable», le mouvement se positionne comme un parti sahraoui aligné sur la feuille de route des Nations Unies. Cet alignement produit un effet stratégique à trois dimensions : il réduit le risque de déraillement du processus, offre un interlocuteur sahraoui pour la diplomatie dans le langage du réalisme international et contribue à concilier la légitimité locale avec le cadre multilatéral. Ni vainqueur, ni vaincu : la clé de la désescalade. L'approche préconisée par Haj Ahmed Breikla repose sur un principe central : mettre fin au conflit sans humiliation. L'approche «ni vainqueur, ni vaincu» vise à éviter la logique de la vengeance, à faciliter le désarmement et la réintégration, et à ouvrir la voie à une réconciliation sociale durable. Dans ce contexte, l'autonomie proposée par le Royaume du Maroc n'est pas présentée comme une capitulation, mais plutôt comme un accord politique négocié qui peut être enrichi par un régime spécial pour le Sahara, intégrant des garanties institutionnelles, économiques et culturelles. Ce régime spécial pour le Sahara se distingue également par sa formulation précise. Le mouvement MSP ne se contente pas de revendiquer l'autonomie, mais en définit les caractéristiques : la répartition des pouvoirs, la gestion locale des ressources, des mécanismes de garanties internationales, la bonne gouvernance et une souveraineté partagée effective. Ces éléments transforment l'autonomie en un instrument institutionnel de stabilité, et non en un simple arrangement politique.

Concilier la paix et le quotidien

Le mouvement ancre également la solution politique dans une dimension humanitaire et socio-économique claire : le retour des réfugiés, le logement, l'emploi, les réparations, l'amnistie et la lutte contre la corruption. Ce lien offre des perspectives concrètes aux partenaires internationaux en facilitant une transition progressive de l'aide humanitaire aux programmes de reconstruction et de développement. C'est peut-être là la contribution la plus stratégique du mouvement MSP : instaurer le pluralisme sahraoui sans remettre en cause le cadre onusien. En élargissant la représentation tout en respectant les paramètres internationaux, le mouvement renforce la légitimité et l'acceptabilité sociale de tout accord futur et réduit le risque de rejet après le conflit. L'entretien du 20 décembre 2025 confirme une réalité que les décideurs ne peuvent plus ignorer : le Mouvement sahraoui pour la paix incarne l'émergence d'un pragmatisme sahraoui organisé, conforme à la Résolution 2797, susceptible de désamorcer les tensions politiques et sociales et de se révéler déterminant lors de la mise en œuvre de la solution. Ignorer le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP) reviendrait à sous-estimer cette transformation discrète. Toutefois, son intégration réfléchie et intelligente peut renforcer la pérennité, la crédibilité et l'acceptation d'une paix tant attendue au Sahara occidental.


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