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(CAN 2025 / Retransmission TV) De la description à l'incitation : Quand le commentaire sportif perd sa neutralité
Publié dans L'opinion le 24 - 12 - 2025

Le commentaire sportif n'est pas un simple habillage sonore de l'image. C'est une pratique professionnelle à part entière, encadrée par des règles, une éthique et une responsabilité accrue, car le commentateur ne s'adresse pas à un public ciblé, mais à des millions de téléspectateurs.
À partir de ce principe, ce qui a été récemment exprimé par le commentateur Hafid Derraji, que ce soit dans ses publications ou à l'antenne, dépasse le cadre de l'analyse sportive pour s'aventurer dans une zone trouble, où la lecture du jeu se confond avec le jugement préalable.
L'insistance répétée sur la question de l'affluence dans les tribunes n'est plus une simple observation contextuelle. Elle est devenue l'axe central du discours, comme si la valeur d'un match se mesurait d'abord au remplissage des gradins, et non à ce qui se produit sur la pelouse. Ce glissement vide le commentaire de son essence et le réduit à la répétition d'une idée préfabriquée, indépendamment de l'évolution des faits.

Une logique sportive élémentaire
Des rencontres opposant certaines sélections sans véritable ancrage populaire local se jouent, partout dans le monde, devant des tribunes partiellement garnies. C'est une réalité connue de toutes les compétitions internationales. Jamais, pourtant, ce paramètre n'a constitué un critère sérieux pour juger de la réussite ou de l'échec d'un tournoi.
L'incohérence apparaît lorsque l'on se souvient d'éditions précédentes, organisées sous d'autres cieux, où des stades clairsemés n'avaient suscité ni polémique ni commentaires appuyés. Le silence, à l'époque, relevait d'un choix éditorial. Le bruit, aujourd'hui, semble relever d'une intention.
Lorsque les chiffres contredisent le discours, ils sont contournés. Lorsque la qualité des infrastructures et des pelouses s'impose, rien ne change. La réalité devient secondaire ; seule compte la persistance du propos.

Un principe simple
Ou bien l'évaluation repose sur un critère unique et cohérent, ou bien le commentaire sort du champ du sport.
Car au moment où le commentateur perd la distance nécessaire entre l'opinion personnelle et l'exigence professionnelle, le micro cesse d'être un outil de description pour devenir un instrument d'orientation. Or, le sport n'a pas besoin de discours chargés, encore moins de règlements de comptes. Il a besoin d'explications, d'analyses et de mise en perspective.
La sphère sportive ne gagne rien à être le prolongement de batailles politiques perdues ailleurs, bien avant qu'un ballon n'ait roulé sur une pelouse.
Le sport, par essence, gagne à être un espace de lecture, de compréhension et de mise en perspective. Il perd en crédibilité lorsqu'il devient le terrain d'expressions chargées, étrangères à l'esprit du jeu et aux exigences de la profession.


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