"La jurisprudence des finalités : la réalité et les prospectives" est l'intitulé d'un atelier de deux jours, dont les travaux ont été ouverts lundi à Rabat, à l'initiative du ministère des Habous et des affaires islamiques en collaboration avec le Centre international pour la modération. Cette rencontre constitue un point d'intersection entre les oulémas du Machrek et du Maghreb en vue d'examiner les conditions d'émission des fatwas à caractère politique, social ou économique, tout en tenant compte des réalités du terrain, a affirmé le ministre des Habous, Ahmed Taoufiq, lors d'un point de presse. Il a expliqué que cet atelier vient en prélude à une autre rencontre durant laquelle les oulémas devront examiner les questions ayant trait à la réalité de la Oumma islamique et à ses perspectives et prévisions et à la mission qui échoit à la religion en terme d'orientation et de renouvellement afin qu'elle soit en prise avec le présent tout en se projetant dans l'avenir. Il a soutenu que la jurisprudence de la réalité est une discipline qui requiert beaucoup de pondération et de persévérance afin qu'elle porte ses fruits et fasse en bénéficier la Oumma sur tous les plans. De son côté, le président du Centre international pour le renouveau et l'orientation, Abdallah Ben Biya, a relevé la portée pédagogique de ce type de jurisprudence qui devrait donner, en partant des préceptes du Coran et de la Sounna, une vue générale sur la réalité, tout en tenant compte des valeurs islamiques faites de clémence et de cordialité. Aussi a-t-il souligné que ce type de jurisprudence, dont les jugements devraient être inférés à partir de la réalité sociale, requiert un travail d'encadrement et de spécialisation englobant un large spectre de disciplines humaines et sociales. Par ailleurs, M. Ben Biya a salué la nouvelle Constitution du Maroc pour avoir "intégré beaucoup d'aspects qui répondent aux aspirations des Marocains au progrès en conformité avec les dispositions légales de la Charia", tout en louant, sur la même lancée, le Code de la famille pour avoir "anticipé des jugements en faveur de la femme, sans pour autant enfreindre aucune règle formelle de la charia".