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Quand la grâce ne suscite pas le repentir
Publié dans L'opinion le 11 - 02 - 2012

Faut-il s'en étonner ? A peine sorti de sa cellule de prison, Omar Alhadochi, l'un des cheikhs de la Salafya Jihadya récemment grâciés, a affirmé sa volonté de poursuivre en justice les responsables qui ont supervisé son arrestation et son interrogatoire et procédé à son jugement, les qualifiant de tortionnaires. Poursuivi, jugé et condamné à 30 ans de détention dans le cadre des sanglants attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, Omar Alhadochi, «théoricien» de la Salafya jihadia, n'a, apparemment à aucun moment fait repentance. Dans des enregistrements vidéo réalisés en prison peu de temps avant sa libération et diffusés sur Youtube -il y en a un sur goud.ma très révélateur où il fait l'apologie de Ben Laden et des Talibans- le «Cheikh» salafiste, ne semble nullement regretter d'avoir incité ses thuriféraires à la violence, à travers ses appels enflammés au «Jihad».
Il y a plus d'un siècle, Victor Hugo déclarait au Sénat français: «Ce que l'amnistie a d'admirable et d'efficace, c'est qu'on y retrouve la solidarité humaine. C'est plus qu'un acte de souveraineté, c'est un acte de fraternité. C'est le démenti à la discorde. L'amnistie est la suprême extinction des colères, elle est la fin des guerres civiles. Pourquoi ? Parce qu'elle contient une sorte de pardon réciproque ». De toute évidence, Omar Alhadochi ne l'entends pas du tout de cette oreille.
Natif d'Al Hoceïma, en 1970, le parcours de Omar Alhadochi paraît relever d'une autre époque. Abou Âssim Omar Ibn Massoud Ibn Cheikh Al Faqih Omar Ibn Hadouch Al Hadouchi Al Waryaghli a commencé son apprentissage du Coran auprès du fqih de son douar, Ihdoutan, puis à Targist, Bani Bounsar et Imâzouzan, avant d'entamer sa formation théologique auprès de Cheikhs marocains. Il part ensuite en pèlerinage et poursuit sa formation auprès de Cheikhs salafistes originaires de plusieurs pays musulmans.
Parmi les ouvrages rédigés par cet «érudit», qui est également l'auteur de nombre d'enregistrements audio comportant ses prêches et «leçons», «Le statut de la prière derrière l'Imam innovateur, le fassiq et celui qui se rase la barbe» !
La grâce, il prétend dans les enregistrements vidéo qu'il n'en voulait pas, bien qu'il ait toujours appelé à la libération des prisonniers salafistes. Le «Cheikh» s'érige en victime et voue nommément aux gémonies nombre de hauts commis de l'Etat. Son répertoire d'insultes est plutôt bien fourni, mais la rationalité de ses argumentaires est des plus discutable, la citation à tout bout de champ de sourates du Coran ou de Hadiths du prophète tenant lieu d'apparence de pertinence. Il ne fait pas vraiment honneur au Cheikh chez qui il aurait appris «Îlm al mantiq» (science de la logique) et qui lui aurait même donné «al ijazah» pour l'enseigner à son tour.
Car aller jusqu'à prétendre que l'attentat du Café Argana, l'année dernière à Marrakech, serait un complot des services de sécurité, sans avancer ne serait-ce qu'un début de preuve, est indigne d'un «Cheikh» fervent défenseur de l'application de la Chariâ. Quel châtiment est appliqué à ceux qui diffusent les fausses rumeurs de nature à semer la «fitna» (zizanie) au sein de la Oumma (communauté des Musulmans) ? Et il est non moins honteux de la part du Cheikh d'avancer mensongèrement que les trublions du mouvement 20 février appellent à l'instauration de la loi islamique, alors que certains de leurs «leaders» s'affirment même complètement athées ! Comment se prétendre Cheikh et se permettre de prêcher le «Jihad» quand on peine à distinguer ne serait-ce que le vrai du faux, le bien du mal ?
Aussi, on ne peut que se demander ce qui motive réellement le comportement du Cheikh salafiste. La Chariâ n'admet pas l'approximation, encore moins le mensonge, le Cheikh a beau répéter à l'infini «fi sabili Allah» (Pour Dieu), il n'arrive à tromper ainsi que les simples d'esprits.
Ce qu'enseigne le Cheikh à ses disciples ? On peut s'en faire une idée en consultant les sites et forums sur Internet qui font la promotion de l'idéologie salafiste jihadiste et l'éloge d'Oussama Ben Laden et de ses compères à travers le monde, avec le fanion d'Al Qaïda clairement affiché comme un label.
C'est très instructif de lire les commentaires postés par les «fans» d'Omar Alhadochi à propos des hauts responsables politiques marocains. Un exemple parmi tant d'autres: «Puissent-ils périr, ces Shayatin (satans)» ! Voilà le genre d'enseignement inculqué à des esprits malléables en mal de repères. Voilà le genre de disciples que produit ce Cheikh. Voilà le personnage qui vient à peine de bénéficier de la grâce ! Ce monsieur n'est pas du tout sur la même longueur d'ondes que ceux qui ont cherché à tourner la page des tristes événements du 16 mai 2003. Tout au contraire, il persiste et signe. Les honnêtes et paisibles citoyens sont donc légitimement en droit de se poser des questions sur le potentiel de menace que représente ce genre de personnage, craignant que mise en liberté ne soit pas perçue comme synonyme de seconde chance mais plutôt comme opportunité de récidive.
Puisse Dieu préserver le Maroc et les Marocains de tous les obscurantismes !


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