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NOTRE HISTOIRE
Le Maroc dans l'œil « photographique » du peintre italien Emundo de Amicis
Publié dans L'opinion le 07 - 09 - 2012

Les éditions « La Porte » nous régalent à nouveau. Cette fois en éditant la traduction française de l'ouvrage d'Edmundo de Amicis (1846-1908), peintre et écrivain des plus estimés de son époque en Italie.
Ancien officier de l'armée italienne, il devient célèbre en 1868 à la publication de ses carnets de voyages en Europe et au Maroc. De notre pays, il publia son récit de voyage en 1879, d'abord en feuilletons dans « le Tour du Monde », puis en un seul volume en 1882.
L'ouvrage de quelques 400 pages est illustré de dessins authentiques de paysages et d'habitants marocains, musulmans et juifs. Des dessins réalisés par des artistes italiens tels Besso, Ussi et d'autres.
Son séjour au Maroc est lié à l'ambassade italienne établie à Fès, lors du règne du Sultan Hassan 1er à la fin du 19ème siècle. On y découvre la description d'un Maroc décadent, qui ne connaît pas de progrès. Un monde presque moyenâgeux en comparaison avec l'Europe rationaliste et progressiste.
Pour de Amicis, le Maroc est alors un pays de pachas et de bourgeois, face à une masse écrasante de pauvres hères, de malades ou d'esclaves. Les comparaisons ponctuelles que l'auteur fait avec les villes de Florence, Venise et Rome, forcent encore les traits de décadence sur le tableau qu'il peint du Maroc.
On ne se détache pourtant pas de la lecture de ce récit, tant l'on se sent emporté dans ce voyage continu de l'Ambassade d'Italie, de Tanger à Fès, en passant par Asilah, Ksar al kébir, Benis hssan, Had el gharbia, Tleta des Raissouni, Karia el Abbassi, Zaguta...
A Fès, l'accueil sultanien est splendide et les entretiens avec le Sultan Hassan 1er, alors fringuant trentenaire, sont chaleureux. A l'entrée de la ville cependant, l'accueil de la rue est moins favorable, des poings sont brandis à l'encontre de ces visiteurs non-musulmans.
A Had el gharbia comme à Asilah, les caïds nourrissaient la délégation italienne avec la « mona », à base de mouton et de poulet.
L'un des passages marquants est la description de la réception organisée par le Ministre marocain des Affaires Etrangères, Sidi Bargach (plus connu sous le nom de Haj Mohamed Bargach), à la Casbah de la ville de Tanger. L'auteur tient ce personnage en haute estime, appréciant sa grande intelligence et son esprit.
Par ailleurs, de Amicis reconnaît la beauté des lieux marocains, en observant le dessous des tentes dressées et grandes ouvertes.
Il décrit des terres sans routes d'un village à l'autre, les escortes composées de cavaliers armés, avec à leurs têtes des gouverneurs âgés, tout cela pour accompagner la marche de l'ambassade.
C'est un vrai tableau de peintre que nous décrit l'auteur Edmundo de Amicis, qui nous fait découvrir sur son voyage des charlatanismes, des nécromanciens, des marabouts, qui soignent de nombreuses maladies, dont la plus connue est la syphilis, transmise de génération en génération.
Les bourgeois, y compris le Sultan, ont recours aux médecins européens exerçant souvent dans les régions côtières marocaines.
Parfois, l'auteur émaille son récit de boutades : des momies, des têtes rasées, des pouilleux, des déguenillés... Il ne s'empêche pas de décrire la corruption généralisée à tous les niveaux, du plus pauvre jusqu'au sommet, qui extorquent argent, biens, femmes. S'il y a opposition, on leur met les fers de la prison ou l'angoisse toute la vie ! ;;;
« Tous les habitants rencontrant l'ambassade italienne devaient apporter obligatoirement (bessif) la Mouna (l'approvisionnement), consistant notamment en de poulets, moutons, perdrix, plats de couscous, tajines de bœuf et de moutons. On se méfiait de les manger. Déguenillés, maladifs et tristes, les femmes et les enfants nous lançaient des cris d'infidèles (kafirs) alors qu'ils marchaient sur des détritus sans fin, des carcasses de chiens... Ils rentraient dans des maisons petites, sans fenêtres, séparées par des ruelles obscures et immondes de cette ville qu'était Ksar Kébir dont les habitants nous insultaient à bout de champ. Sauf les Juifs de cette ville, qui reçurent l'ambassade italienne avec beaucoup d'éclats dans un quartier, le Mellah, appelé par les Arabes par ce nom outrageux qui signifie terre salée ou maudite. Les Juifs vivaient dans une saleté épouvantable. On devait se boucher le nez... »
A savoir que Ksar el Kébir fut fondé par l'Almohade Abou Youssef Yacoub Al Mansour après avoir remporté la victoire d'Alarcos contre Alfonso IX de Castille.
Cet ouvrage est à mon avis un vrai film d'antan de la fin du XIXème siècle au Maroc décadent....La traversée de l'ambassade décrite par l'auteur de ces agglomérations était illustrée par des dessins réussis : Ben Aouda, Beni Hassan, Zeggouta. La délégation italienne qui traversait des fleuves devait se débrouille pour construire des ponts avec le bois des forêts pour faire passer ses bêtes.
Un monde fin et curieux attendait la délégation à l'entrée de la ville bigarrée de Fès avec en la tête le grand maître de cérémonies, le Hajeb probablement à dos d'un cheval magnifique. Haj Mohammed Ben Aïssa, des soldats en ligne avec des fusils rouillés à bâillements tordus, celui-ci tient un pied en avant, celui-là les jambes écartées : l'un laisse tomber le menton sur la poitrine, l'autre penche la tête sur une épaule. Quelques uns, décrit l'auteur, se sont mis la veste rouge sur la tête pour se cacher du soleil ardent.
Il n'y avait ni bataillons, ni compagnies... C'est le vieux ministre de la guerre, sidi Abdallah Ben Hamed, monté sur un cheval blanc qui reçoit notre délégation pour nous présenter au Sultan »...
C'est un véritable carnaval à Fès que décrit l'auteur. L'ambassadeur est admis dans un logis par une petite porte. A l'intérieur, un jardin ombragé par des orangers et des citronniers. C'est une maison princière pour l'auteur...
C'est une vraie tragi-comédie propre aux Italiens que décrit De Amincis, donnant envie au lecteur de lire l'ouvrage à plusieurs reprises avec des dessins qui prêtent à rire. A l'époque, il n'y avait pas de photographes. Ceux qui l'accueillirent avec joie, assure l'auteur, ce sont les Juifs fassis avec leurs femmes rondelettes portant des robes brodées d'or, les enfants israélites baisant la main des Italiens. Dans les quartiers musulmans, les Italiens sont parfois maudits par mille bouches et foudroyés de mille regards. Avec notre tenue d'uniformes ou de gala, notre tenue vestimentaire excitait la risée publique...
Le jour de la rencontre avec le Sultan était des plus magnifiques. Le Sultan Moulay Hassan 1er s'avança avec son cheval auprès de la délégation suivi d'une foule de courtisans à pied et dit à l'Ambassadeur : « Bienvenue, bienvenue ».
Aux yeux de l'auteur, le Sultan était beau et magnifique, sympathique, jeune homme avec de yeux pleins de douceur, un nez fin et aquilin, le visage brun d'un ovale parfait entouré d'une courte barbe noire, une physionomie empreinte de noblesse et de mélancolie.
Je laisse au lecteur le soin de plonger dans ce livre très intéressant qui retrace une partie du Maroc sous le règne du Sultan Hassan 1er.


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