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Abdellah Yacoubi à l'espace d'art La Minaudière
Couleurs de l'âme
Publié dans L'opinion le 14 - 09 - 2012

Ex-parlemantaire et ex-président de la Chambre d'Artisanat à Casablanca, l'artiste peintre Abdellah Yacoubi, né à Fès en 1950, a toujours fait du dessin, un dessin lié à son métier et aux techniques y afférentes, un dessin qui a évolué vers l'expression plastique à travers des formes semi-figuratives, intimisées et révélant une palette originale. L'artiste exposera à l'espace d'art La Minaudière à Rabat du 20 septembre au 10 octobre. Il signera en même temps le beau-livre qu'il a fait sur son expérience et qu'il a intitulé « Entrelacs de peintures ». Une exposition qui vaut le détour.
L'artiste peintre Abdellah Yacoubi investit un univers où l'esprit des formes connote une contemplation méditative, pareille à une longue marche vers les sources éternelles de la paix morale, que ne préfigurent pas forcément les lointains horizons de ses toiles mais plutôt les suggèrent à travers les jeux d'une lumière introvertie diffuse.
Les personnages de l'artiste restent particulièrement énigmatiques ; ce sont autant d'alter ego à la silhouette moulue par un éclairage adoucissant, fluidifiée et parfois occultée derrière un cinétisme allusif, intentionnellement graphique, qui évite au geste de forcer les contours. Personnages énigmatiques alignés ou serrés en désordre, multipliés ou en petite foule clairsemée, qui donnent cette impression d'être lâchés dans la nature, en quête d'un meilleur oxygène spirituel, d'une existence transcendante ; ou massés et faisant cause commune en des instances revendicatrices à propos d'une quelconque condition humaine, sociale, etc.
Yacoubi positionne dûment ses motifs, avec un réel sens de l'harmonie et une sensibilité perspective exprimée souvent à l'horizontale, s'il n'use pas, mais rarement, d'une oblique cubiste pour départager la surface en plans mitoyens.
Il en ressort une manière de paysagisme singulier, passablement abstrait, rehaussé de notes lyriques en abyme, où les éléments naturels : arbres, étendues d'eau, vues désertiques, allégorisent cette quête essentiellement spirituelle.
Yacoubi, qui un don prononcé pour la couleur, manipule les tons et les gammes tout comme celui lui vient au bout de la main, une main fascinée et fascinante, capable de rendre des effets colorés inédits et d'accorder le regard aux infimes vibrations qui émanent des œuvres.
Forme et fond s'abouchent, que le travail au couteau, techniquement parlant, n'a pas encore complètement épuisé de nos jours. L'artiste parlera même, au lieu d'acte pictural, de sculpture, arguant des procédés sensitifs similaires. En effet, les formes affichent un ensemble d'aspérités, des ombres et des volumes travaillés à ras de la toile. C'est une recherche plastique de la profondeur qui donne parfois auxdites formes un relief, un air massif et une tension matiériste, comme on en obtient au burin ou aux ciseaux...
Ces considérations comparatives n'empêchent pas Yacoubi de creuser davantage sa palette de peintre qui se définit d'abord comme un coloriste, attentif qu'il est aux pulsations de la couleur et à ses nouvelles possibilités d'expression.
Les dernières réalisations attestent d'une évolution exponentielle allant dans ce sens, surtout dans les grands formats où le geste, plus ample, multiplie les évasions vers l'inconnu, le désir d'un espace toujours plus vaste ; un syncrétisme de l'âme beaucoup plus que du regard, la libération du poids quotidien de l'existence par le truchement de l'art, un art à la fois éclatant et dépouillé, exempt de mièvrerie, aux tons apurées, mystique.
Dans ce sillage, il n'est pas déplacé d'évoquer les peintres métaphysiques interceptant les arcanes de l'âme : Tal Coat, De Chirico, et dans une moindre mesure, Chagall. A travers sa quête de la pureté morale, Abdellah Yacoubi peindrait l'altérité. Chaque tableau, s'il ne relève pas d'une série donnée, serait en soi une entité philosophico-plastique, un bref récit de vie saisi et exécuté dans son évanescence même. Ces personnages qui nous tournent constamment le dos, dont on ne voit que la silhouette à la douce géométrie, n'arrêtent pas de « partir », d'aller de l'avant. Ils représentent une idée commune tacite, et inquiètent par le silence qui les enrobe, un silence renforcé par une perspective atmosphérique rendue sur le mode expressionniste, avec des éclats lumineux violents, des colorisations à relents mélancoliques, une sensation de vide contemplatif qui les subjugue et semble les aspirer lentement.
Est-ce des projections de soucis métaphysiques de l'artiste, avec la complicité d'une couleur dénuée de tout esthétisme, à l'image d'une surréalité pressentie, de ces primitifs non-dits inconscients, qui charpentent nos rêves ? Est-ce une attitude concertée face aux forces inconnues de la nature, à l'immanence d'un destin qui s'accomplit indifféremment ? Des questions visualisées, que l'artiste avancerait à la face du monde comme des paravents à des réponses terribles.
L'art serait peut-être la seule réponse valable, utile par les convictions imaginaires qu'il draine, inutile par sa beauté même, tel le joueur de quilles auquel Diderot compare l'artiste.


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