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Syrie : le conflit peut perdurer avec ou sans Assad

Plus de 21 mois après le début du conflit entre le président Bachar al-Assad et les insurgés, l'atmosphère n'a plus rien du soulèvement populaire en Syrie. La guerre civile a fragilisé tous les partis et toutes les minorités. Les options pour une sortie de crise s'en trouvent réduites, explique Wassim Nasr, diplômé de l'IRIS et du CEDS.
Les événements se bousculent en Syrie, laissant croire que la fin du régime baasiste se rapproche et avec elle la fin des combats.  Mais les informations qui nous parviennent du terrain pointent vers un tout autre scénario qui risque de dépasser en termes de violences et de destructions tout ce qu'on a pu voir depuis le début de la crise.
L'enjeu n'est plus dans le départ ou le maintien de Bachar al-Assad à la présidence, le réel défi pour les Syriens aujourd'hui réside dans l'évitement d'une scission confessionnelle irréversible qui se dessine de jour en jour avec leur sang.
Dans une suite logique des choses, la violence des combats et l'ampleur des exactions ont poussé vers plus de radicalisation des deux côtés. Deux ans après, il ne reste rien de l'atmosphère des premières heures du soulèvement populaire.
Aujourd'hui, la violence des rebelles n'a rien à envier à celle des Chabihas. Certes, les rebelles n'ont pas d'avions bombardiers, ni la puissance de feu d'une armée régulière, mais pour beaucoup ils se battent avec les méthodes apprises dans les écoles d'une dictature qu'ils contestent. Rien ne justifie les discours sectaires de haine, les humiliations, les exécutions ; ces agissements poussent à confondre les geôles des rebelles avec celles des services syriens. Ces comportements s'accentuent et tendent à se généraliser avec l'enlisement du conflit.
 Donc par la force des choses, et surtout par amalgame, cette guerre devient aussi celle des minorités syriennes. Une tournure qui s'explique par la confessionnalisation de la confrontation, mais aussi par l'introduction de deux facteurs extérieurs qui vont souvent de paire : les djihadistes étrangers et les financements en provenance des monarchies du Golfe. [1]

Les belligérants jouent
leur survie

La Syrie est désormais le théâtre d'une guerre de survie pour tous les partis. L'évolution du conflit met le régime baasiste, à son tour, au cœur d'une bataille existentielle. Jamais un responsable syrien n'a évoqué la chose de la sorte, mais cet aveu vient d'Hassan Nasrallah en personne. Le chef du Hezbollah libanais affirme que le régime syrien «défend son existence».
Un autre message dissonant nous parvient de Farouk al-Charaa. Dans un entretien accordé au journal libanais «Al-Akhbar», le vice-président de Bachar al-Assad annonce après un long silence que la «solution militaire n'est pas réaliste». Deuxième homme du régime, ce sunnite de Deraa explique comment «les forces armées syriennes ont investis à plusieurs reprises les mêmes localités désertées par les habitants, mais réinvesties périodiquement par les rebelles».
 A quelques exceptions près, cela démontre que les rebelles n'ont pas les moyens d'occuper le territoire ; du moins pas assez longtemps pour consolider leur emprise sur le terrain et leur posture politique. Par manque d'effectifs, il en va de même pour les forces gouvernementales ; une fois la mission accomplie, les troupes se retrouvent dans l'obligation de laisser encore une fois le champ libre aux rebelles.
 Néanmoins, comme dans tout conflit asymétrique, l'incapacité de l'armée syrienne à stopper la rébellion constitue une victoire en soit pour les rebelles. Cela n'empêche qu'avec la confessionnalisation et en l'absence d'une victoire déterminante, le conflit peut perdurer avec ou sans Assad.
 Quelle sortie de crise ?
Cette question nous amène à une réalité qui doit être reconnue par tous les décideurs du monde occidental : cette situation est l'œuvre de nos classes politiques. Les erreurs d'appréciation des chancelleries occidentales - depuis le début de la contestation et bien avant sa transformation en insurrection - ont mené les choses au stade de pourrissement actuel. S'ajoute à cela l'impardonnable et l'inexplicable ignorance des codes et des clivages de cette région du monde.
 Cela dit, il n'est jamais trop tard pour une sortie de crise. Cette sortie doit être honorable pour tous les partis, sinon on risque de voir le conflit se renouveler sous une forme différente. Deux solutions demeurent envisageables :
 - La destitution du président syrien par un membre de sa propre communauté alaouite ; de cette manière les Alaouites se réserveront une place dans la Syrie post-Assad. Le cas échéant, ces mêmes Alaouites dans leur grande majorité se retrouveront forcés de continuer le combat. Il ne faut pas oublier qu'avant d'être les oppresseurs des dernières décennies, les Alaouites étaient les oppressés des derniers siècles.
 - La mise en application d'un compromis politique, qui nécessite l'arrêt des hostilités. Une fois les canons réduits à silence, il faudra trouver un compromis équivalent aux accords de Taëf, qui mirent fin à la guerre civile libanaise. Donc une sorte de redistribution des pouvoirs qui ôte les pouvoirs exécutifs au président pour les donner à un Premier ministre sunnite. Ironie de l'histoire, ce procédé a eu lieu au Liban sous l'égide d'Hafez al-Assad, père de l'actuel président syrien et le médiateur était Lakhdar Ibrahimi, aujourd'hui émissaire onusien - donc le choix de l'homme n'est certainement pas anodin.
 In fine, la communauté internationale et les Syriens se retrouvent face à ces deux choix : un choix radical à court terme, mais impossible à mettre en œuvre tant qu'on n'a pas donné des garanties aux Alaouites et à l'armée syrienne ; un autre politique à moyen terme, mais difficile à mettre en œuvre. Sachant que la viabilité d'une sortie de crise dépend des rebelles avant de dépendre de l'opposition à l'étranger.
 Mais toute solution demeure impossible dans un contexte où le pouvoir croit toujours en une victoire militaire sur les «ennemis» et les «traîtres» ; alors que les rebelles croient en une victoire similaire sur les «occupants» et les «colonisateurs». Malgré les déclarations de bonnes intentions, les termes utilisés par les uns et les autres résument bien l'état d'esprit des partis en conflit ou plutôt des Syriens en conflit... toujours au grand dam d'une Syrie qui fut, pour un temps, le dernier vestige d'une société levantine désormais révolue.
[1] Les djihadistes étrangers sont arrivés avec une expérience du combat très utile aux rebelles, mais aussi avec leurs idées et leurs objectifs. S'ajoute à cela la course aux financements, qui pousse à tous les excès. Ces aides exacerbent les tensions entre les différentes factions rebelles et marginalisent les moins extrémistes d'entre elles.


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