Trump blanchi par son ministre, avant la publication du rapport de l'enquête russe    Incendie de la Mosquée Al Aqsa : El Othmani salue le don royal    L'Académie célèbre les 30 ans d'existence de l'option internationale du bac    Celui qui milite pour la parité homme-femme en vêtement    Plan Maroc Vert. 813 nouveaux projets dans le cadre de l'acte II    La durabilité selon Tariq Sijilmassi    Pas besoin d'en savoir plus    Le Maroc et l'Allemagne s'engagent pour le projet DIAF    Michael Kiwanuka au Jazzablanca !    Orange Cyberdefense mise sur le Maroc    Challenge Azura de rugby : Casablanca abrite la 2ème édition    Intelligence artificielle : Peut-on faire confiance aux algorithmes ?    Suicide d'un détenu à la prison de Tétouan    «La digitalisation, un défi majeur pour les petits agriculteurs»    Réunion à Rabat du Comité central de pilotage    Grève des enseignants. Le CNDH relance sa médiation    Venezuela: Maduro juge « illégales » les sanctions américaines contre la Banque centrale    Profession infirmière: Les enjeux de la spécialisation    Culture: « Le Maroc à Abu Dhabi »    L'identité plurielle assumée    Haj 1440 : 750 encadrants pour les pèlerins marocains    Indonésie: L'islam au cœur de la campagne électorale…    Les enseignants des académies prolongent leur grève jusqu'au 25 avril    Dur des portugaises!    Rabat : Violentes échauffourées après le match FAR-RSB    La Fondation BMCE Bank inaugure des unités de préscolaire à Nador    Edito : Notre-Dame la Médina    Taxation des Gafa: Le combat continue    Les camps de Tindouf, à nu    Braquages en série : Les banques visées par des bandits en herbe et d'autres professionnels    Crise des opioïdes : La prescription en chirurgie pointée du doigt    La Nasa révèle une étude capitale pour de futurs voyages interplanétaires    Un Ajax seigneurial et un Barça impérial au dernier carré de la Ligue des champions    Rude épreuve soussie pour le Wydad    CAN U17 : L'EN acculée à franchir le cap camerounais    Nasser Bourita s'entretient à Moscou avec Serguei Lavrov    Stars de la même famille : Les Coppola    Le Festival des Alizés, un rendez-vous exceptionnel à Essaouira    Marrakech célèbre le Mois du patrimoine par une multitude d'activités culturelles et artistiques    Conseil de gouvernement. L'ordre du jour du jeudi    CAN (U17) en Tanzanie: Le Maroc rate la victoire face au Sénégal    Peugeot au tournoi de tennis de Monte-Carlo    La 2e Coupe arabe des clubs portera le nom du roi Mohammed VI    Loi-cadre de l'enseignement : Amzazi et Azziman annoncés chez les conseillers    Bourita : « Le Maroc veut une solution réaliste à la question du Sahara »    Moscou : Bourita rencontre Lavrov    Fayez al-Sarraj : Une guerre en Libye pousserait plus de 800.000 migrants en Europe    Message de soutien et de solidarité de S.M le Roi au Président français    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Syrie
Convoitises israélo-américaines sur le pétrole du Golan
Publié dans L'opinion le 21 - 03 - 2019

Les Etats-Unis viennent de révéler les vrais desseins de leur « Deal du siècle » comme ils le nomment. Dans leur rapport annuel sur les droits humains, il n'est plus question de « Israël et les Territoires occupés » mais d'"Israël, Golan, Cisjordanie et Gaza". Le mot occupé est comme par enchantement occulté de leur lexique. De là à reconnaître l'annexion de tous ces territoires par Tel-Aviv il n'y a qu'un pas que Washington a déjà franchi avec la reconnaissance de tout Al Qods comme capitale israélienne et qui donne plusieurs signes allant vers la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur les hauteurs du Golan.
En visite au Golan, accompagné par Benjamin Netanyahu et l'ambassadeur des USA à Tel-Aviv David Friedman, le sénateur américain Lindsey Graham a promis au Premier ministre israélien d'oeuvrer, dès son retour à Washington, pour faire adopter un projet de loi sur la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur les hauteurs du Golan.
Netanyahu se rendra prochainement à Washington afin de prendre part à la Conférence annuelle de l'AIPAC, prévue le 26 mars, et ne manquera pas de solliciter et de compter sur le plus puissant lobby sioniste pour qu'une telle reconnaissance se fasse au plus vite.
Les Israéliens sont optimistes pour soutirer une reconnaissance américaine de la souveraineté d'Israël sur les hauteurs du Golan lors du séjour de Netanyahu à Washington qui rencontrera aussi Donald Trump. Le cas échéant, cela pourrait renforcer considérablement les chances du Premier ministre israélien pour briguer un nouveau mandat. Sauf que l'enjeu est loin d'être réduit à une simple ambition électorale.
L'eau et le pétrole
L'enjeu réel de l'annexion du Golan syrien occupé par Israël se résume à : l'Eau et le Pétrole.
Territoire syrien de quelque 750 kms carrés environ, le Golan revêt une grande importance stratégique pour plusieurs raisons. Ce qui est le plus souvent avancé par les responsables israéliens est qu'il offre un rempart du Nord pour la sécurité d'Israël en raison de sa géographie accidentée. Sornettes !
Ce que le plateau du Golan syrien occupé recèle en ressources en eau douce est beaucoup plus important pour la "sécurité nationale" d'Israël que l'avantage souvent mentionné de la barrière sécuritaire. Sous l'occupation, le Golan est l'une des trois sources d'eau douce de l'État israélien - la plus vaste et la plus abondante, et fournit plus d'un tiers de toute l'eau douce mise à la disposition des Israéliens. Une ressource qui disparaîtrait inéluctablement avec la récupération du Golan par Damas. Voilà pourquoi Tel-Aviv cherche à s'accaparer le Golan occupé en 1967 et annexé en 1981.
Et entre l'année de l'occupation et celle de l'annexion, Israël a expulsé la quasi-totalité des habitants d'origine de la région et démoli leurs villages.
En 2010, le journal israélien Haaretz avait révélé que plus de 100 000 Syriens avaient perdu leurs maisons et leurs biens à la suite de l'occupation. Et comme il en est pour les réfugiés palestiniens, Israël n'a aucune intention de laisser revenir les habitants originaires du Golan où il a implanté 20.000 colons et un plan est en cours pour en installer 100.000 de plus au cours des prochaines années afin de renforcer ses revendications sur la région.
Mais autre que l'importance de l'abondance d'eau douce dans les hauteurs du Golan, la découverte d'une importante réserve de pétrole dans la région, estimée à des "milliards de barils" de pétrole brut, attise encore plus les convoitises des Israéliens qui voient en une annexion définitive du Golan l'occasion de passer de pays importateur de pétrole à celui d'exportateur. Sauf que problème il y a.
L'annexion des Hauteurs du Golan, à l'instar de celle d'Al Qods (Jérusalem-Est) n'a jamais été reconnue par la communauté internationale et par conséquent le plateau du Golan ne fait pas partie de manière officielle d'Israël, qui ne peut, le cas échéant, ni procéder à l'extraction commerciale ni à l'exportation de cette vaste réserve pétrolière.
Pour l'instant, seuls des puits d'exploration ont été forés, par une succursale de la société pétrolière américaine Genie Energy Co, appartenant, entre autres à Rupert Murdoch, Jacob Rothschild et l'ancien vice-président US Dick Cheney.
Américains et Israéliens savent désormais que le régime, actuellement en place en Syrie, ne cessera jamais de revendiquer sa souveraineté sur le Golan occupé par Tel-Aviv.
Par conséquent, pour pouvoir atteindre cette richesse à portée de la main, il faudrait remplacer le régime Assad par un autre plus conciliant avec Israël qui consentirait à reconnaître l'annexion du Golan par Israël moyennant quelques aumônes.
D'où le conflit syrien déclenché vainement il y a de cela 8 années avec l'objectif de renverser Bachar Assad. Et qui est toujours au pouvoir et plus renforcé.
Faudrait-il alors qu'Israël déclenche une guerre directe avec la Syrie pour réaliser ses desseins ? Ou alors une simple reconnaissance par la Maison Blanche ou le Congrès américains de l'annexion du Golan suffirait-elle pour que Tel-Aviv exerce pleinement son pouvoir sur le plateau ?
Ce serait sans compter sur la réaction de Damas pour qui sa souveraineté sur les hauteurs du Golan occupé par Israël est indiscutable et ne peut aucunement faire l'objet d'un quelconque marchandage.
Un communiqué récent du ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé sans équivoque la promesse faite par Lindsey Graham à Benjamin Netanyahu et qualifiant l'attitude du sénateur américain de la pire forme d'arrogance américaine.
Fayçal Meqdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères, a averti que « si Israël ne se retire pas du Golan, la Syrie n'hésitera pas à recourir à la force pour libérer son territoire ».
Dans la foulée, Martin Indyk, ancien secrétaire d'État adjoint des États-Unis et ancien ambassadeur américain à Tel-Aviv, a écrit, sur son compte Twitter, que les hauteurs du Golan faisaient partie intégrante du territoire syrien et que « ceux qui menacent de les annexer à Israël jouent avec le feu ».
Ce que Benjamin Netanyahu et tous les autres responsables israéliens ne comprennent pas est que la Syrie est sortie d'une crise de huit ans avec de nombreuses expériences de combat et de défense et que ce pays fait partie de l'axe de la Résistance qui est sorti gagnant de tous les conflits dans lesquels il s'est engagé, dont toutes les guerres qu'il a menées depuis 1973 contre le régime israélien.
De plus, secondée par l'aviation russe et les combattants du Hezbollah, l'armée syrienne a réussi à reprendre le contrôle du Sud de la Syrie et à y rétablir sa souveraineté. Sans oublier l'apport et l'assistance de Téhéran, bête noire des Washington et Tel-Aviv.
De là à lorgner vers la récupération de son Golan…
Larbi BILAM


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.