Une semaine après le début de la paralysie budgétaire du gouvernement fédéral aux Etats-Unis, dite « Shutdown », des entreprises américaines commencent déjà à en ressentir l'effet, écrit mercredi le Wall Street Journal, relevant que plusieurs compagnies liées par des contrats fédéraux ont été contraintes de procéder à des licenciements pour amortir le choc. A cause de cette situation qui met en évidence le désaccord partisan entre républicains et démocrates à Washington sur des questions liées notamment au financement et aux dépenses, des entreprises allant des fabricants de dispositifs médicaux aux spécialistes du marketing, peinent à s'en sortir et à contourner les effets nés des contrats bloqués, note le quotidien des milieux d'affaires. « La fermeture du gouvernement fédéral perturbe le cours normal des affaires à bien des égards et renforce la dépendance de nombreuses activités du secteur privé à une bureaucratie fédérale en pleine activité », commente l'auteur de l'article, ajoutant que les prêts aux petites entreprises garantis jadis par l'Etat fédéral sont désormais au point mort. La publication fait observer, par ailleurs, que cette impasse budgétaire suscite l'inquiétude des analystes et experts qui craignent un effet généralisé sur la première économie mondiale. Lire aussi : Shutdown aux Etats-Unis : des retards enregistrés dans plusieurs aéroports Citant le cabinet de conseil Oxford Economics, le journal estime que le « Shutdown » pourrait réduire la croissance annuelle de l'économie américaine de 0,2 point de pourcentage par semaine. Dans une déclaration à la presse la semaine dernière, le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait averti que ce blocage du budget fédéral risque de ralentir la croissance économique dans le pays. Cette paralysie survient après l'échec des négociations entre sénateurs démocrates et républicains au Congrès. Les républicains proposent de prolonger le budget actuel jusqu'à fin novembre, tandis que les démocrates réclament le rétablissement de plusieurs centaines de milliards de dollars de dépenses dans le domaine de la santé, notamment pour le programme d'assurance maladie « Obamacare », réforme phare de l'ancien président démocrate Barack Obama, qui bénéficie à une large frange de la population, notamment les plus démunis. Si les républicains disposent de la majorité aux deux chambres du Congrès, le règlement du Sénat fait qu'un texte budgétaire devra être adopté à 60 voix sur 100, nécessitant donc sept voix démocrates.