Autour de la question du Sahara marocain, une évolution discrète mais majeure se précise, mise en lumière par un nouveau rapport qui révèle les mécanismes d'un basculement international longtemps anticipé. L'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2797, vendredi 31 octobre 2025, confirmant l'autonomie sous souveraineté marocaine ouvre une nouvelle phase dans un dossier qui occupe la scène internationale depuis plus d'un demi-siècle. Le rapport publié par Atlantic Council, le 14 novembre 2025, souligne que ce vote marque une rupture avec l'approche « longtemps figée » de la communauté internationale et reflète un un mouvement diplomatique issu d'un processus progressif de plusieurs années. Le texte voté par les membres du Conseil de sécurité s'appuie explicitement sur l'initiative marocaine de 2007, que le rapport présente comme « le seul cadre capable de mettre fin à un blocage hérité de la période de décolonisation ». Le rapport rappelle que cette résolution intervient à un moment symbolique, peu après la commémoration de la Marche Verte de 1975. Le think tank américain note que l'élan international actuel rappelle l'atmosphère d'espoir qui entourait la réunification d'une partie du territoire lorsque le Maroc avait mis fin à la présence coloniale espagnole. L'organisation précise que le vote du Conseil rompt avec la logique d'équilibre maintenue pendant des décennies entre les positions marocaines et algériennes et recentre la discussion sur une autonomie effective intégrée dans la régionalisation avancée menée par Rabat. Toutefois, Atlantic Council mentionne que le polisario a rejeté ce vote, avançant que la résolution ne correspond pas à son interprétation du cadre onusien. Le rapport estime pourtant que cette position s'écarte de la dynamique internationale actuelle qui considère les anciens scénarios, comme le référendum ou le partage territorial, comme devenus impraticables. L'analyse explique que les facteurs démographiques, l'histoire transnationale et les réalités administratives sur le terrain ne permettent plus de maintenir ces options. Lire aussi : Donald Trump se rendra-t-il au Sahara marocain dans les prochains mois ? La trajectoire du Sahara marocain Pour Atlantic Council, les Nations unies ne font en réalité que rejoindre un basculement diplomatique enclenché depuis 2020. Le rapport rappelle la décision des Etats-Unis de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara et souligne que Washington a indiqué, au dernier trimestre, que l'unique cadre de règlement passe par l'initiative d'autonomie. Le Conseil met également en avant l'implication de la nouvelle administration américaine qui cherche, selon Atlantic Council, à accélérer une solution durable. Il mentionne les initiatives de Massad Boulos et de Steve Witkoff, décrites comme des démarches bilatérales destinées à rapprocher les parties. Le document rapporte que Washington envisage même un rôle d'hôte pour d'éventuelles discussions directes, ce qui confirme l'engagement des Etats-Unis à peser sur la phase actuelle. Le rapport revient ensuite sur le rôle discret mais constant des Emirats arabes unis. Atlantic Council note que les Emirats ont multiplié les contacts avec les membres permanents du Conseil afin de consolider l'adoption de la résolution. Le texte évoque aussi les liens historiques unissant les dirigeants émiratis et le Maroc, les investissements importants engagés dans les provinces du Sud, ainsi que l'ouverture d'un consulat à Laâyoune en 2020. La question centrale reste désormais la mise en œuvre de l'autonomie. Atlantic Council souligne que Rabat a engagé des projets structurants tels que le port Dakhla Atlantique ou l'Initiative Atlantique destinée à intégrer davantage les pays du Sahel. Mais le rapport précise que l'économie ne constitue qu'un volet, et que le Maroc dispose de douze mois pour présenter un plan détaillé de gouvernance locale fondée sur des institutions élues, inscrit dans le processus de régionalisation avancée. Atlantic Council relève, par ailleurs, les signaux diplomatiques récents, dont la Visite Royale privée à Abou Dhabi et les signes d'apaisement entre Alger et Paris. Le rapport mentionne également l'appel de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à dépasser la logique gagnant-perdant et l'invitation adressée au président algérien pour relancer ensemble la construction maghrébine, qu'Atlantic Council présente comme une ouverture susceptible de favoriser une stabilisation régionale. Le think tank américain estime que la résolution du Conseil de sécurité marque une étape décisive, alignant une grande partie de la communauté internationale sur ce qu'il présente comme l'approche la plus crédible et la plus réaliste pour mettre fin à cinquante ans d'attente. Le rapport estime, toutefois, que la réussite dépendra de la capacité à transformer l'autonomie en cadre opérationnel, impliquant gouvernance locale, gestion économique et valorisation culturelle.