La Cour suprême du Brésil a ordonné, mardi, l'exécution immédiate de la peine infligée à l'ex-président Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans et trois mois de réclusion pour tentative de coup d'Etat. L'ancien chef de l'Etat, 70 ans, sera détenu dans les locaux de la Police fédérale à Brasilia, où il avait déjà été placé en détention provisoire depuis samedi. La décision du juge Alexandre de Moraes intervient après le renoncement de la défense à déposer un dernier recours, avant l'expiration du délai légal. Le magistrat a alors demandé que la condamnation soit déclarée définitive. Bolsonaro, assigné à résidence depuis août et équipé d'un bracelet électronique, avait tenté samedi d'ouvrir l'appareil avec un fer de soudure. Le geste, interprété par la Cour suprême comme une nouvelle violation des mesures restrictives, a motivé son arrestation immédiate. Selon le jugement, l'ex-président a dirigé une organisation criminelle visant à empêcher l'investiture du président Lula da Silva après sa défaite en 2022. Lire aussi : Brésil : l'ex-président Bolsonaro va rester en détention provisoire Les magistrats l'accusent d'avoir encouragé une intervention militaire, orchestré des attaques contre le système électronique de vote et utilisé des organes publics, dont la Police routière fédérale et l'agence de renseignement Abin, pour perturber le processus électoral et diffuser de fausses informations. La Cour suprême a retenu cinq crimes : organisation criminelle armée, tentative de coup d'Etat, tentative d'abolition de l'Etat démocratique de droit, dommages qualifiés au patrimoine public et détérioration d'un bien classé. La défense de l'ex-chef d'Etat affirme vouloir demander une détention domiciliaire, invoquant son âge avancé et son état de santé fragile. Jair Bolsonaro a été diagnostiqué récemment d'un cancer de la peau et il souffre des séquelles d'un attentat à l'arme blanche subi en 2018, ce qui lui a valu plusieurs opérations et des crises de hoquet sévères. Cette étape judiciaire intervient à moins d'un an de la présidentielle de 2026. Elle rebat les cartes dans un pays où le camp bolsonariste se retrouve privé de leadership naturel, tandis que le président Luiz Inácio Lula da Silva a déjà annoncé sa candidature pour un quatrième mandat.