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Stefano Cusin : « Nous n'avons rien à perdre et tout à gagner contre le Maroc »
Publié dans Maroc Diplomatique le 16 - 12 - 2025

Dans un entretien exclusif accordé à Maroc Diplomatique, Stefano Cusin, sélectionneur de l'équipe nationale des Comores, revient sur les enjeux du match d'ouverture de la Coupe d'Afrique des nations face au pays hôte, le Maroc. Avec franchise et humilité, le technicien italien évoque les ambitions de son équipe, la jeunesse de son effectif, l'importance de représenter dignement les Comores, ainsi que la préparation mise en place pour affronter l'une des sélections les plus redoutées du continent.
Il livre également son regard sur l'organisation de la compétition par le Maroc et l'accueil des supporters, tout en exposant la philosophie qui guide son projet à la tête de la sélection comorienne.
Maroc Diplomatique : Vous ouvrez la CAN face au Maroc, l'un des grands favoris du tournoi. Abordez-vous ce match comme un défi symbolique, un test de maturité ou une opportunité historique pour le football comorien ?
Stefano Cusin : C'est avant tout un immense honneur de disputer le match d'ouverture face au pays hôte. C'est une occasion exceptionnelle pour le pays, pour les joueurs et pour tout le travail que nous avons accompli afin d'arriver jusque-là.
Nous aborderons cette rencontre avec une grande fierté. C'est véritablement quelque chose d'extraordinaire.
Ce premier match sera suivi par des millions de téléspectateurs à travers l'Afrique. Comment gérez-vous, en tant que staff, cette exposition médiatique inédite pour vos joueurs, notamment les plus jeunes ?
C'est vrai que ce sera un match très suivi, mais au final, cela reste un match de football. Nous n'avons rien à perdre face au pays hôte, le Maroc.
Il s'agit seulement de notre deuxième participation à la CAN. L'essentiel pour nous est de livrer un bon match, une prestation de qualité, afin de rendre fiers nos supporters. Toute la pression repose sur le Maroc, qui n'a pas uniquement pour objectif de gagner ce match, mais bien de remporter la compétition.
De notre côté, l'important est de disputer un grand match et de faire honneur au football.
Face à une sélection marocaine expérimentée, structurée et habituée aux grandes compétitions internationales, quel sera, selon vous, le principal enjeu tactique de cette rencontre ?
Le Maroc est la meilleure équipe d'Afrique et l'une des meilleures au monde. Il reste sur une série de 18 victoires consécutives.
Pour réaliser un bon match, le premier enjeu sera d'assurer une solidité défensive irréprochable. C'est fondamental.
Ensuite, il faudra jouer avec de la personnalité. On ne peut pas se contenter de défendre bas en attendant que les choses se passent. Le Maroc dispose de nombreuses solutions, tant sur le plan offensif que par la qualité individuelle de ses joueurs.
Je m'attends à un match spectaculaire, mais extrêmement difficile. Le stade sera plein, l'ambiance intense, et le Maroc entamera certainement la rencontre avec une forte pression. C'est normal. Mais si nous sommes là, ce n'est pas par hasard. Nous avons battu le Ghana, la Tunisie, le Cap-Vert, la Gambie, Madagascar, entre autres. J'espère donc que ce sera un bon match.
Lire aussi : Quand l'entraîneur marocain devient un label de réussite
Sans dévoiler votre plan de jeu, estimez-vous que les Comores disposent aujourd'hui des ressources nécessaires pour poser des problèmes au Maroc et bousculer la hiérarchie annoncée ?
Ce type de match doit être abordé avec de la personnalité, mais aussi beaucoup d'humilité. Nous n'avons rien à perdre.
Lorsque l'on est 106e au classement mondial et que le Maroc est 11e, il ne s'agit ni des mêmes cylindrées, ni du même vécu, ni des mêmes joueurs, qui n'évoluent pas dans les mêmes clubs. Il n'y a donc aucune raison de se surestimer.
Nous sommes une équipe jeune, venue pour acquérir de l'expérience, progresser match après match et prendre du plaisir. Et au final, ce n'est que du bonheur. Il faut garder les pieds sur terre. Inutile de fanfaronner ou de prétendre que nous allons mettre le Maroc en difficulté.
À nous, néanmoins, de tenter de changer la donne et de lui donner du fil à retordre.
Plus largement, cette CAN marque-t-elle une étape de consolidation ou s'inscrit-elle dans un projet de progression à plus long terme pour la sélection comorienne ?
Cette CAN s'inscrit clairement dans un nouveau projet. Lorsque j'ai pris en main l'équipe, elle était vieillissante : la majorité des joueurs avaient plus de 30 ans, certains 32 ou 33.
J'ai conservé quelques cadres, mais nous avons surtout misé sur une nouvelle génération de jeunes joueurs, qui a déjà réalisé de très bonnes qualifications pour cette CAN.
Nous avons également été tout près de nous qualifier pour la Coupe du monde, en obtenant 15 points, ce qui est énorme pour les Comores. Tout cela s'inscrit dans un projet d'avenir, avec l'ambition de voir les Comores devenir de plus en plus compétitives. J'en suis convaincu.
Quel regard portez-vous sur l'organisation de cette Coupe d'Afrique des nations, tant sur le plan logistique que sur la qualité des infrastructures ?
Le Maroc est un grand pays, doté d'infrastructures de très haut niveau, que ce soit en matière d'aéroports, d'hôtels ou de terrains d'entraînement. C'est un pays habitué à accueillir de grands événements et qui prépare, par ailleurs, une Coupe du monde. Pour ma part, je m'y suis rendu à de nombreuses reprises. Nous y avons disputé une dizaine de matchs lorsque nous ne disposions pas de terrain, ce qui me permet de bien connaître le pays. Je suis convaincu que cette CAN sera la plus belle de l'histoire.
Les conditions de préparation, d'entraînement et de récupération sont-elles à la hauteur des exigences du très haut niveau continental ?
Oui, sans aucun doute. Les conditions sont optimales. L'expérience est là et tout a été mis en place pour bien faire. Les infrastructures sont de premier ordre et tout ce qui manquait a été réalisé. Il suffit d'observer le projet global du football marocain et les développements qui l'entourent. Je n'ai donc aucun doute quant au bon déroulement de la compétition.
Avez-vous rencontré, depuis votre arrivée, des contraintes susceptibles d'influencer la préparation de votre équipe ?
Nous avons entamé notre préparation dans le sud de la France. Nous voyagerons mercredi 17 décembre vers Casablanca, puis nous rejoindrons Rabat le samedi 20 décembre, à la veille du match. Pour l'instant, je ne peux pas en dire davantage, mais je suis convaincu que tout se passera bien.
Sur un plan plus personnel, que représente pour vous le fait d'ouvrir l'une des compétitions sportives les plus suivies du continent africain ?
Je suis un professionnel, entraîneur depuis près de 20 ans. J'ai connu la Ligue des champions, vécu de nombreuses expériences et entraîné dans plusieurs pays. Bien sûr, une CAN reste une CAN, et disputer le match d'ouverture est quelque chose d'extraordinaire. C'est comparable à une Coupe du monde. C'est fantastique et c'est un immense honneur.
C'est pour cela que nous nous préparons afin d'être à la hauteur de l'événement, non seulement pour ce premier match, mais pour l'ensemble de la compétition. Je suis réellement heureux et comblé. Tout entraîneur rêve de vivre ce genre de moment.
Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux supporters comoriens et au public marocain à la veille de ce premier grand rendez-vous continental ?
Les supporters comoriens sont extrêmement attachés à l'équipe. Ils sont toujours derrière nous et nous les remercions chaleureusement. Nous étions ici au mois de novembre et l'accueil a été incroyable, vraiment chaleureux. C'était extraordinaire. Nous ferons tout pour qu'ils soient fiers de nous. Quant au public marocain, nous lui adressons également nos salutations et lui demandons de nous accueillir dans les meilleures conditions. Un match de football implique une rivalité sur le terrain, c'est normal, mais cela reste avant tout un événement sportif. Comme nos supporters soutiennent leur équipe, nous souhaitons que le public marocain accompagne la sienne jusqu'à la finale et, inchallah, jusqu'à la victoire.
Pour rappel, Stefano Cusin, né le 28 octobre 1968 à Montréal, est un entraîneur de football italien au parcours international riche et diversifié. Après une carrière de joueur en France, en Suisse et en Guadeloupe, il s'oriente vers l'entraînement, travaillant pendant plus de dix ans avec les équipes de jeunes en Italie. Il occupe ensuite des postes prestigieux à l'étranger, notamment en Libye, où il remporte le championnat national avec Al-Ittihad Tripoli, ainsi qu'en Palestine, où il offre à l'Ahli Al-Khalil quatre titres en huit mois, dont la Coupe nationale et la Supercoupe de Cisjordanie.
Fort de ses expériences en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, il est nommé en octobre 2023 sélectionneur de l'équipe nationale des Comores, avec l'ambition de bâtir une équipe jeune, compétitive et capable de s'illustrer durablement sur la scène continentale.


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