DR ‹ › Les tensions montent à nouveau entre l'Algérie et les Emirats arabes unis. Samedi 7 février, le gouvernement algérien a annoncé la fin de l'accord aérien avec Abou Dhabi, signé le 13 mai 2013 et effectif depuis 2014, rapporte l'APS. Cette décision a été officiellement communiquée aux Emirats ainsi qu'au secrétaire général de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), basée à Montréal. La rupture de cet accord entraînera la fermeture de l'espace aérien algérien aux avions des compagnies émiraties. Une mesure qui impactera directement les milliers d'Algériens résidant aux Emirats arabes unis, les obligeant désormais à transiter par le Qatar ou Bahreïn pour rejoindre leur pays. Cette nouvelle escalade dans les relations entre Alger et Abou Dhabi a été précédée par une campagne médiatique anti-Emirats. En début d'année, le quotidien El Khabar a accusé Abou Dhabi de «soutenir des éléments hostiles à l'unité nationale et d'intervenir auprès de la France pour faciliter leur installation sur son territoire, ce qui constitue une atteinte manifeste à la souveraineté algérienne». Ce journal, réputé proche des milieux sécuritaires, a précisé que «des informations officielles font état d'enquêtes en cours en France concernant le financement du mouvement terroriste (MAK)». Ces accusations ont été formulées deux semaines après que le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie a proclamé, le 14 décembre 2025 à Paris, l'«Etat kabyle». Jusqu'à présent, le régime algérien accusait principalement le Maroc et Israël de soutenir et financer le MAK. Cette accusation avait même été avancée par l'ancien ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, en août 2021, pour justifier la rupture des relations diplomatiques avec Rabat. Pour mémoire, en avril 2024, le président Abdelmadjid Tebboune avait adressé de sévères avertissements aux Emirats arabes unis. «Si tu cherches à avoir avec nous les comportements que tu as avec les autres, tu te trompes. Nous avons 5,63 millions de martyrs morts pour ce pays. Ceux qui veulent s'approcher de nous, qu'ils le fassent», avait-il déclaré. Il avait également affirmé : «Partout où il y a des conflits, l'argent de cet Etat est présent, au Mali, en Libye et au Soudan.» Il est à rappeler que l'Algérie avait déjà fermé, en septembre 2021, son espace aérien aux avions civils et militaires du Maroc.