Le Maroc traverse, depuis le début du mois de janvier, un épisode météorologique d'ampleur rare marqué par l'arrivée de la tempête Francis. Issue d'une vaste dépression atlantique, cette perturbation affecte simultanément plusieurs régions du Royaume, combinant fortes précipitations, vents violents et chutes de neige significatives en altitude. Par sa durée, son intensité et son étendue géographique, l'événement dépasse le cadre d'un simple épisode hivernal et appelle à une vigilance accrue des autorités comme des citoyens. Baptisée selon le système européen de dénomination des tempêtes, Francis s'est formée au large de l'Atlantique avant de se diriger vers le nord-ouest de l'Afrique. En atteignant le Maroc, elle a entraîné une instabilité atmosphérique marquée, nourrie par la rencontre entre des masses d'air froid en altitude et un flux humide en provenance de l'océan. Les précipitations constituent le cœur de cet épisode. Sur la façade atlantique centrale, notamment entre Essaouira et Agadir, les pluies se sont révélées particulièrement abondantes, avec des cumuls susceptibles de dépasser localement les 100 millimètres. Dans ces zones, la saturation rapide des sols accroît le risque d'inondations, de débordements d'oueds et de perturbations des réseaux routiers et urbains. Plusieurs provinces ont ainsi été placées en état d'alerte élevée, certaines au niveau rouge, traduisant la gravité potentielle de la situation. LIRE AUSSI : Perturbations météorologiques: le ministère du Transport et de la Logistique appelle à la prudence durant le week-end À ces pluies intenses s'ajoutent des vents violents, dont les rafales peuvent atteindre ou dépasser les 100 kilomètres par heure. Les plaines atlantiques, les reliefs de l'Atlas ainsi que certaines régions orientales et méridionales sont particulièrement exposés. Ces conditions rendent les déplacements difficiles, fragilisent les infrastructures et imposent une vigilance accrue dans les zones côtières et montagneuses. L'épisode se distingue également par des chutes de neige notables sur les massifs de l'Atlas. À partir de 1 600 mètres d'altitude, les accumulations peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres, compliquant l'accès à certaines localités et affectant la circulation sur les axes de montagne. Cette situation s'accompagne d'une baisse sensible des températures, ressentie bien au-delà des zones d'altitude. Face à ces conditions, la Direction générale de la météorologie a multiplié les bulletins d'alerte, tandis que le ministère de l'Intérieur a appelé à la prudence, recommandant d'éviter les déplacements non essentiels et de se tenir à l'écart des zones à risque. Les autorités locales ont été mobilisées afin d'anticiper d'éventuelles situations d'urgence. Si ces précipitations sont susceptibles d'apporter un répit bienvenu dans un contexte marqué par plusieurs années de sécheresse, leur caractère brutal et concentré pose néanmoins la question de la résilience des territoires. De nombreux spécialistes soulignent que la tempête Francis s'inscrit dans une tendance plus large, celle d'une accentuation des phénomènes météorologiques extrêmes, alternant périodes prolongées de déficit hydrique et épisodes pluvieux intenses. À court terme, les prévisions indiquent un maintien de l'instabilité sur plusieurs jours, avant une amélioration progressive des conditions météorologiques. À plus long terme, cet épisode relance le débat sur l'adaptation du Maroc aux nouvelles réalités climatiques, tant en matière d'aménagement du territoire que de gestion des ressources en eau et de prévention des risques naturels. La tempête Francis, au-delà de ses impacts immédiats, apparaît ainsi comme un révélateur, celui d'un climat en mutation, dont les effets se font désormais sentir avec une acuité croissante.