L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat, a été transféré jeudi dans une prison offrant des conditions jugées plus favorables à son état de santé, sur décision de justice. Détenu depuis fin novembre au siège de la Police fédérale à Brasilia, l'ex-chef de l'Etat (2019-2022) a été conduit immédiatement au Complexe pénitentiaire de Papuda, dans la capitale, sur ordre du juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes. Bolsonaro occupe désormais une cellule individuelle dans un bâtiment militaire situé à l'intérieur du complexe, habituellement prévue pour quatre détenus. Deux anciens hauts responsables de son gouvernement, Anderson Torres, ex-ministre de la Justice, et Silvinei Vasques, ex-directeur de la Police routière fédérale, sont détenus dans la même zone, mais dans des cellules séparées. La décision judiciaire consultée par la MAP impose également une évaluation médicale par une commission composée de médecins de la Police fédérale. Le rapport, qui doit être remis dans un délai de dix jours, examinera les conditions de détention, les soins nécessaires et l'éventuelle nécessité d'un transfert vers un établissement hospitalier. La défense et le ministère public pourront formuler des observations. Lire aussi : Le Brésil se félicite de la levée des sanctions américaines contre le juge chargé du procès Bolsonaro L'ex-président bénéficie désormais d'une assistance médicale complète 24 h/24. Il pourra suivre des séances de kinésithérapie, recevoir une alimentation spécifique et disposer d'équipements de rééducation et d'aménagements adaptés dans sa cellule. La famille et les avocats de Bolsonaro ont mené ces dernières semaines une campagne incessante pour dénoncer ses conditions de détention au siège de la police, et réclamaient qu'il purge sa peine à son domicile de Brasilia. La dernière demande date de cette semaine, mais une assignation à résidence a déjà été rejetée à plusieurs reprises par le juge Moraes. A l'issue d'un procès historique dans le plus grand pays d'Amérique latine, l'ancien président de droite, 70 ans, été reconnu coupable en septembre d'avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir de façon « autoritaire » après sa défaite face à son rival de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, revenu au pouvoir en 2023. Il souffre notamment des séquelles d'un attentat à l'arme blanche subi en 2018, qui lui a valu plusieurs lourdes opérations chirurgicales. Entre Noël et le jour de l'An, il a été hospitalisé pour être opéré d'une hernie inguinale. Il a aussi été traité pour de récurrentes et violentes crises de hoquet.