Au-delà de la dimension sportive, la Coupe d'Afrique des Nations 2025 s'est affirmée comme un catalyseur de développement économique, infrastructurel et touristique pour le Maroc. À travers des investissements structurants, le Royaume a cherché à inscrire l'organisation de la compétition dans une trajectoire de croissance durable, tout en renforçant la visibilité internationale du pays et sa préparation à la Coupe du monde 2030. Le message adressé à la Nation par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 22 janvier 2026, à l'issue de la 35e édition de la CAN, a mis en relief la portée globale de cet événement. En saluant l'engagement des différentes composantes de la Nation et le soutien du public à l'équipe nationale, le Souverain a souligné la dimension structurante de cette réussite, présentée comme l'aboutissement d'une politique sportive et infrastructurelle de long terme. La mobilisation de talents issus de la diaspora a, dans ce cadre, été évoquée comme l'expression d'une cohésion nationale autour d'un projet partagé. Au-delà des résultats sportifs, la CAN 2025 a servi de révélateur des progrès accomplis par le Royaume sur la voie du développement. L'événement s'inscrit dans une vision stratégique visant à transformer les investissements liés à la compétition en actifs durables, au service des citoyens. Lire aussi : CAN 2025 : Quand la raison d'Etat surplombe l'émotion Si le budget direct de l'organisation est estimé à environ 264 millions d'euros, celui-ci s'intègre dans un effort d'investissement public plus large. Les programmes de rénovation des stades, de modernisation des réseaux de transport et de développement urbain ont constitué une étape intermédiaire vers les standards requis pour l'organisation de la Coupe du monde 2030. En 2025, l'investissement public aurait atteint 43,1 milliards de dirhams, couvrant notamment des secteurs structurants tels que l'eau, la mobilité et les équipements collectifs. Les retombées les plus immédiates de la CAN 2025 concernent le secteur touristique. Selon des projections attribuées aux acteurs du secteur, les arrivées supplémentaires liées à la compétition pourraient se situer entre 600 000 et un million de visiteurs, pour des recettes additionnelles estimées entre 5 et 12 milliards de dirhams. De son côté, Royal Air Maroc anticipe le transport d'au moins 500 000 passagers supplémentaires, générant près de 1,5 milliard de dirhams de revenus, renforçant ainsi la position du Maroc comme plateforme aérienne régionale. Lors d'une intervention sur France 24, le ministre de l'Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a présenté un bilan jugé globalement positif. Selon ses déclarations, la compétition aurait généré un effet multiplicateur des investissements estimé à 1,82, contribué à une croissance économique évaluée à 4,5 % en 2025 et permis la création d'environ 100 000 emplois. Plus de 3 000 entreprises marocaines auraient été mobilisées, tandis qu'environ 80 % des investissements sportifs engagés seraient déjà amortis. Diffusée dans plus de 50 pays, la CAN 2025 aurait par ailleurs renforcé l'image et l'influence du Maroc sur la scène continentale. L'expérience de l'Afrique du Sud lors de la Coupe du monde 2010 offre un point de comparaison souvent cité. Malgré des attentes élevées, les retombées économiques s'étaient révélées plus modestes que prévu, avec 309 000 touristes internationaux accueillis contre 480 000 attendus. Tirant les enseignements de ce précédent, la stratégie marocaine semble privilégier des effets structurels et durables, en faisant de la CAN 2025 une étape intermédiaire et un levier de transformation à long terme dans la perspective du Mondial 2030.