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Slobodan et Saddam, deux purs produits du nouvel ordre américain
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


LES PARIAS DU SYSTÈME
Le calendrier meurtrier de l'histoire immédiate a voulu que ce mois sacré du Ramadan soit pour les Musulmans entouré de deux parenthèses sanglantes. À l'aube de ce mois, le ciel de Bagdad s'est éclairci d'un bombardement anglo-américain d'une violence inouïe. Le mois du Ramadan ne pouvait nous quitter sans un clin d'il. Outre l'horreur algérienne au quotidien, le Kosovo se réinvite au tableau des horreurs. Et les Albanais célèbrent l'Aïd El Fitr en payant le prix fort d'une politique de nettoyage ethnique décidée par le tendre et très religieux Slobodan Milosevic.
Racak. Le nom sonne comme une décharge de rafale. Il l'a été en quelques sorte. Sur tous les écrans de télévision du monde, Racak trônait avec ses cadavres de vieux, de femmes et d'enfants exécutés à bout portant avec un froid et un cynisme très algérien.
Dès l'annonce de ce massacre des albanais du Kosovo, par les forces serbes de slobodan Milosevic, Racak n'est plus ce village obscur perdu dans une Europe tourmentée, il est devenu le point névralgique de l'indignation internationale, le centre culminant d'une colère universelle.
Le Kosovo qu'on croyait apaisé par l'organisation de la sécurité et de la coopération en Europe, fruit d'un accord entre l'Otan et Belgrade, via le médiateur américain Richard Hoolbrook, est redevenu cette fournaise où s'entrechoquent deux nationalismes politico-religieux: les chrétiens orthodoxes serbes et les indépendantistes albanais du Kosovo à majorité musulmane.
Tableau d'horreurs
Le calendrier meurtrier de l'histoire immédiate a voulu que ce mois sacré du Ramadan soit pour les Musulmans entouré de deux parenthèses sanglantes. À l'aube de ce mois, le ciel de Bagdad s'est éclairci d'un bombardement anglo-américain d'une violence inouïe (entre 600 et 1200 morts dit le général Henry Shelton, de l'administration militaire américaine qui lance ce chiffre à la gueule du monde comme on lance une réflexion mondaine, une saillie sauvagement drolatique).
Le mois du Ramadan ne pouvait nous quitter sans un clin d'il. Outre l'horreur algérienne au quotidien (au moins 170 âmes évaporées selon les statistiques officielles), le Kosovo se réinvite au tableau des horreurs. Et les Albanais célèbrent l'Aïd El Fitr en payant le prix fort d'une politique de nettoyage ethnique décidée par le tendre et très religieux Slobodan Milosevic.
La communauté internationale a réagi avec vigueur au point où les capitales occidentales se livraient à un concours de superlatifs à qui trouvera la meilleure formulation de la colère, de l'indignation et de la condamnation. Mais cet exercice diplomatique fort apprécié par les états-majors politiques cachait mal l'impuissance dans laquelle se trouvaient les maîtres du monde. Retranché dans son bunker à Belgrade, le président Slobodan Milosevic traitait par dessus la jambe cette effervescence de bons sentiments.
Ségrégationnisme
L'OTAN décide de lui envoyer deux de ses plus fins limiers, deux militaires de haut rang, l'Allemand Klans Neumann et l'américain Wolsey Clarck pour dire à Belgrade des "choses fermes" selon l'expression du ministre français des Affaires européennes, Pierre Moscovici. Non seulement Milosevic ne broncha pas d'un cil devant les galonnés de l'OTAN, mais il décide deux actes d'une grande signification politique pour achever le ridicule de la communauté internationale qui se limite à bomber le torse: D'abord, il interdit au procureur du tribunal international pénal pour l'ex-Yougoslavie, la Canadienne Louise Arbouse, de se rendre au Kosovo, sur les lieux du crime. Ensuite, il décide de déclarer persona non grata le chef de la mission de l'OSCE, l'américain William Waker.
En réponse à ces deux défis majeurs, le président américain Bill Clinton, englué dans son procès de destitution, murmure à l'oreille bétonnée de Milosevic une petite remontrance: Il l'invite dans son discours sur l'Etat de l'union devant le congrès américain à cesser la répression sauvage contre le peuple du Kosovo et à lui accorder la large autonomie qu'il mérite.
Cette position du président américain est d'une grande virilité. Elle équivaut à demander au général algérien Mohamed Lamari de nommer Abassi Madani, président du FIS, Premier ministre de l'Algérie et Ali Belhaj, ambassadeur de l'Algérie à Washington.
Le Constat est d'une limpide simplicité: Pour beaucoup moins que cela, l'Irak de Saddam Hussein a reçu une salve de bombes. Slobodan et Saddam n'appartiennent pas, selon les critères de la pensée unique internationale instaurée par le gendarme américain, à la même catégorie de criminels. Le terrain irakien est une excellente scène pour expérimenter les nouvelles technologies d'armements et les civils irakiens d'excellents cobayes pour pratiquer les frappes dites chirurgicales. Tandis qu'à l'égard de Belgrade, il s'en est trouvé de très sérieux analystes pour estimer que l'hypothèse de frappe aérienne contre Belgrade est pour le moment exclue, car elle entraînerait de très sérieux risques de morts de civils serbes. Et voilà, l'axiome ségrégationniste est lâché, l'approche raciste à forts relents religieux est établie: La vie d'un civil Serbe est plus précieuse que la vie d'un civil irakien! Que vaut "l'arabitude" integrisante d'un irakien devant l'orthodoxie chrétienne d'un serbe? La messe est dite et toute honte bue, tout remord refoulé, on observe, admiratif, l'arrogance d'un Milosevic comme sous d'autres cieux, on a tenté de justifier tous les caprices d'enfant gâté d'un Netanyahou et se fier à ces quatre volontés.
Rouleau compresseur
À l'égard de la crise du Kosovo, le secrétaire général des Nations Unies s'est trouvé piégé comme lors d'un jeu d'échec, dans l'obligation quasi-mécanique de sacrifier la tour pour sauver la reine. Kofi Annan avait montré sa très mauvaise humeur à l'égard de l'opération "Renard du désert", partant d'un postulat stratégique développé actuellement par la diplomatie russe sous la houlette d'Ipor Ivanov, qu'il faut éviter tout recours à la force dans les conflits internationaux, pariant sur les efforts diplomatiques, la technique du compromis pour débloquer les impasses les plus fermées, Kofi Annan, tout en tentant de reprendre la main et essayer de redonner une crédibilité au Conseil de sécurité, ne peut pour le moment que se joindre au concert des pleureuses chargées d'enterrer les 45 victimes albanaises de Racak.
Pendant ce temps, les enfants irakiens sous alimentés, sous médicalisés, peuvent crever la bouche ouverte, et les Musulmans du Kosovo s'éteignent à petit feu sous le rouleau compresseur du nettoyage ethnique, et le monde arabo-musulman peut continuer à crier dans le désert à l'injustice tandis que ses chefs ne sont même pas capables de se réunir pour savoir s'ils doivent se réunir.
Le nouvel ordre américain règne et arbore sa devise: le bal des réjouissances ne s'ouvre que sur commande et de manière sélective.
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