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La radio marocaine souffle sa 70ème bougie Bref historique Quel avenir ?
Publié dans MarocHebdo le 01 - 05 - 1998


La radio marocaine souffle sa 70ème bougie
VENERABLE SEPTUAGENAIRE
La radio marocaine fête cette année ses soixante-dix ans. Unique et incontournable moyen de connaissances et d'information jusqu'à l'avènement de la télévision, la radio marocaine n'a pas suivi la longue course à la technologie que continuent de connaître les pays avancés. Elle n'en demeure pas moins très suivie au Maroc malgré la concurrence féroce que lui livre la télé.
Chaque matin que Dieu fait, les gens se réveillent ... au son de la radio. Le cadre pressé qui écoute son transistor d'une oreille distraite en se rasant ; l'étudiant encore endormi qui prend son petit déjeuner avant d'aller à la fac ; le chauffeur de taxi qui commence son service en allumant distraitement son autoradio ; le paresseux encore dans son lit ... Ou encore l'index machinal qui, même dans la pénombre, va droit à la touche qui va le mettre en contact avec le monde extérieur.
Habiba Madkouri
L'usage de la radio est encore profondément ancré dans nos murs. Il n'est pas rare de voir, à l'ère de la toute puissante télévision, des gens encore très attachés à ce petit instrument.
Qui d'entre nous ne se souvient -ou n'a entendu parler- des fameux feuilletons radiophoniques dont les gens attendaient avec impatience la diffusion ? Nous avons encore tous en mémoire les pièces théâtrales radiodiffusées avec les voix de feu Abderrazak Hakam, Habiba Medkouri, Amina Rachid, Ahmed et Malika El Omari, Larbi Doghmi, Mohamed Hassan El Joundi, Hammadi Ammor, Zaki El Houari et bien d'autres encore. Les chanteurs aussi y ont connu leurs heures de gloire : Bahija Idriss, la première chanteuse marocaine à passer sur les ondes, Mohamed Fouiteh, Ahmed El Bidaoui, Ismaïl Ahmed, Mohamed El Hyani, Ahmed El Gharbaoui, mais aussi Abdelouahab Doukkali, Abdelhadi Belkhayat, Naïma Samih, Ghita Benabdeslam, Samira Bensaïd, etc. Déjà en ces temps là, la radio ne servait pas qu'à cela. Des émissions comme &laqno;maâ al ousra» (avec la famille) de Sayda Leïla ont accompagné des générations et des générations de Marocains.
&laqno;Doukkane Ennas», du regretté Abou Essawab, a rempli de joie le cur de milliers de familles, &laqno;Al Alam Arryadi», de feu Noureddine Guédira était également une émission très attendue. Les émissions en langue française n'étaient pas en reste et des noms comme Alifi Hafid, Ali Hassan, Abdellah Messaoudi, Saïd Fouad et celui du toujours jeune M'hamed Bhiri ne nous laissent pas indifférents. Une mention particulière pour ce dernier, qui a toujours su capter, grâce à son talent, l'attention, donc la fidélité de son large auditoire. Les émissions-débat consacrées à des thèmes d'actualités connaissaient également un franc succès.
Bref historique
Ce petit accès de nostalgie tendrait-il à faire croire que les beaux jours de la radio marocaine sont derrière elle ? Ce serait trop simpliste. Mais, il est indéniable que, de par sa structure et des lenteurs qui en découlent, la vénérable locataire du 1, rue El Brihi a pris du retard en matière d'adaptation aux nouvelles exigences de l'avancée technologique. Et cela, est visible au niveau de la gestion des ressources humaines. Car, en matière d'équipement, la radio marocaine n'est pas trop à plaindre. Le statut de son personnel y est aussi pour beaucoup. À cet égard, plusieurs journalistes et autres animateurs ont préféré évoluer sous d'autres cieux... Chapeau bas aux vrais professionnels passionnés qui ont voulu rester et essayer de faire bouger les choses. On ne saurait passer sous silence le rôle du directeur, Abderrahmane Achour, qui a introduit les toutes dernières technologies en la matière. Une gestion moderne de la discographie marocaine. Numérisation des archives. En fait, il s'agit d'un audacieux plan d'informatisation de la radio marocaine. La plupart des sources sonores ayant une valeur artistique rare ont été sauvegardées. S'ajoute à cela la mise de studios de production modernes, susceptibles d'assurer des enregistrements de qualité en multipistes. En place depuis une dizaine d'années, Abderrahmane Achour est très ouvert aux nouvelles technologies. La seule limite qu'il a dans ce domaine est d'ordre budgétaire.
Mais, avant d'aller plus loin, il ne serait pas inutile de revisiter un peu la petite histoire de la radio marocaine.
Le Dahir du 24 novembre 1924 sera l'acte qui va établir de façon définitive le monopole de l'Etat Chérifien sur la radiodiffusion. mais, ce n'est qu'en février 1928 que &laqno;Radio Maroc», sigle qu'elle conservera jusqu'à la veille de l'indépendance, entamera sa diffusion avec une force de 2 kilowatt. La création de cette &laqno;radio» a surtout été provoquée, au départ, par un besoin de répondre à une demande des Européens qui s'étaient installés dans les grands centres tels que Rabat, Casablanca, Fès, Meknès... Outre les raisons politiques, la population musulmane n'a, pour sa part, manifesté qu'un faible intérêt du fait de la médiocrité des émissions en langue arabe et de l'insuffisance du temps d'antenne. Une des raisons résidait également dans la faible quantité des postes récepteurs chez la presque totalité des familles marocaines.
À la fin des années trente, sur 2.649 postes récepteurs recencés au Maroc, 19 seulement appartenaient à des Marocains. Lors de son lancement, &laqno;Radio Maroc» disposait d'un seul canal de transmission. De ce fait, des tranches horaires étaient fixées pour les émissions en arabe, en français et en berbère. Et ce n'est qu'en 1946 que les trois chaînes furent séparées.
La radio marocaine comprend une dizaine de stations : une centrale basée à Rabat et neuf stations régionales installées dans les différentes régions du Royaume (Tanger, Tétouan, Oujda, Fès, Casablanca, Marrakech, Agadir, Laâyoune et Dakhla). Dans un esprit de décentralisation, les stations régionales émettent sur les ondes locales, à raison de quatre heures par jour, et relayent la station centrale à tour de rôle trois heures par semaine. Soulignons ici le rôle social joué par la station de Tanger, qui de minuit à 5 heures de matin, réussit à mobiliser de nombreux auditeurs qui peuvent intervenir lors des nombreuses et intéressantes émissions proposées par cette radio. La radio marocaine diffuse 98 heures cumulées en 24 heures. Elle couvre l'intégralité du territoire national en modulation de fréquence (FM) et en modulation d'amplitude (AM) et, depuis le 3 mars 1993, grâce à Eutelsat, la Radio marocaine est entrée dans l'ère de la diffusion par satellite, en vue de porter la voix du Maroc et son rayonnement culturel à l'étranger. Equipée de 25 studios, dont 7 installés à la station centrale, son infrastructure lui permet d'assurer une production annuelle de 21.460 heures de programmes, 63,94 % de cette production est diffusée en direct, tandis que 36,01 % est enregistrée.
L'arrivée fulgurante des télévisions par satellites et autres bouquets numériques ne doit pas faire enterrer trop vite la radio dans un pays où la tradition orale est encore très présente.
Quel avenir ?
Les coups de boutoir de la télévision, des satellites et des autoroutes de l'information, le numérique, le Digital Audio Broadcasting (DAB), l'image dans sa magnifique séduction ne peuvent balayer la radio. Ce n'est pas un média dépassé et qui a fait son temps. Jamais, depuis l'avènement de la tyrannie de l'image, la radio ne s'est aussi bien portée. Bien au contraire, elle a eu un développement inattendu. De par le monde, des milliers de radios ont occupé les bandes FM avec créativité et imagination.
Et n'oublions pas qu'elle a été le premier média à donner tout son crédit à la notion de &laqno;village planétaire». Le fellah continuera à labourer son champ, le taximan à faire sa journée, la ménagère à régir sa maison, l'automobiliste à faire son trajet quotidien, le montagnard à scruter le ciel, l'étudiant à réviser ses leçons.
C'est à ces gens que s'adresse la radio... À elle de tout mettre en uvre pour faire en sorte de les fidéliser.
Il y va, à long terme, de sa survie.