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La justice tacle violemment la FIFA... Le Maroc concerné
Publié dans PanoraPost le 27 - 05 - 2015

On le sait, ce matin, 6 heures, palace du Baur Au Lac à Zurich où sont logés les dignitaires de la FIFA, la police intervient en force, avec plusieurs officiers en civil. En repartant, ce sont 7 dirigeants de premier plan de l'organisme mondial qui sont emmenés, en détention, à la demande des autorités américaines. Ces responsables (5 sud-américains et 2 britanniques) risquent l'extradition vers les Etats-Unis, à l'origine de l'opération judiciaire.
Dans le même temps, le siège zurichois de la FIFA est perquisitionné et les enquêteurs saisissent une grande quantité de documents. Cette opération est initiée par la justice helvète, alors qu'à Miami, le siège de la Concacaf (Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes) a été aussi perquisitionné dans le cadre de cette procédure, et toujours sur initiative du Département US de la Justice. Tout porte donc à croire que l'opération, soigneusement tenue secrète jusqu'à son lancement, est aussi internationale que sérieuse.
Qui sont les responsables arrêtés et que risquent-ils ?
Il s'agit de Jeffrey Webb (50 ans, Iles Caïman, Royaume-Uni), banquier aux Caraïbes et vice-président de la Concacaf, de José Maria Marin (82 ans, Brésil), avocat, ancien gouverneur de Sao Paulo et ancien président du Comité d'organisation du Mondial brésilien, d'Eugenio Figueredo (83 ans, Uruguay), vice-président de la FIFA, de Rafael Esquivel (Espagne - Venezuela), 68 ans, président de la Fédération vénézuélienne de football, d' Eduardo Li (Costa Rica), président de la Fédération du Costa Rica et vice-président de la Confédération sud-américaine, de Julio Rocha (Nicaragua), président de la Fédération nicaraguayenne de football, et de Costas Takkas (Grande-Bretagne), secrétaire général de la Fédération des îles Caïmans de football.
Tous des hauts responsables de la FIFA, dont deux vice-présidents et plusieurs présidents de Fédérations, et tous soupçonnés d'avoir accepté des pots-de-vin d'un montant total de plusieurs dizaines de millions de dollars, des années 1990 à nos jours. La justice américaine, qui demande leur extradition, leur reproche d'avoir trempé et sévi dans les attributions des Coupes du Mondes de Russie (2018) et du Qatar (2011), deux pays aujourd'hui dans l'œil du cyclone américain, pour des raisons différentes.
On sait les juges américains peu susceptibles de complaisance envers la grande délinquance et les corruptions de hauts dirigeants. Durant la crise financière de 2008, des financiers d'envergure avaient été arrêtés, jugés , condamnés à des dizaines d'années de prison et envoyés en prison.
Cet après-midi du mercredi 27 mai, le procureur de Brooklyn a expliqué que les partenaires de la FIFA également inculpés sont des professionnels du marketing sportif, précisant qu'ils sont soupçonnés d'avoir « payé de manière systématique et accepté de payer bien au-delà de 150 millions de dollars en pots-de-vin et rétrocommissions pour obtenir de lucratifs droits médiatiques et marketing pour les tournois internationaux de football ».
Certains accusés et personnes ayant accepté de plaider coupable risquent jusqu'à 20 ans de prison, outre les sanctions financières.
Que reproche-t-on aux personnes interpellées ?
Cela fait plusieurs années que des soupçons de corruption pèsent sur la FIFA, son président et son Comité exécutif. Si Joseph Blatter a toujours su manœuvrer et dribbler, il n'en voyait pas moins l'étau se resserrer autour de lui, allant jusqu'à reconnaître du bout des lèvres, voici quelques mois, que l'attribution du Mondial au Qatar aurait pu connaître des indélicatesses.
Mais on peut penser que c'est bien lui, à travers ses pairs dirigeants du football mondial, qui est visé, puisque le coup de filet spectaculaire a eu lieu l'avant-veille d'un congrès qui doit le porter pour la cinquième fois consécutive à la tête de la FIFA. Il a pu écarter tous les autres dirigeants qui souhaitaient tenter leur chance, dont le très médiatique – et apprécié – Michel Platini. Ne reste plus en lice que le prince Jordanien Ali, qui a peu de chances de l'emporter.
Un haut responsable de la FIFA avait déclaré à ce propos la semaine dernière : « Avec Ali, on ne sait pas ce que l'on perdra, mais avec Blatter, on sait ce qu'on gagne ! ». Ambiance.
En quoi le Maroc est-il concerné ?
Les faits supposés de corruption « s'étalent sur deux générations au moins de dirigeants du football, présumés avoir tiré profit de leur capital confiance pour encaisser des millions de dollars en pots-de-vin et rétrocommissions », a affirmé la ministre US de la Justice, Loretta Lynch, qui avait ouvert elle-même la procédure à l'époque où elle occupait le poste de procureur du district Est de New York.
Le ministère américain a précisé que les faits incriminés portaient sur plusieurs matches et tournois en relation avec la Concacaf, ainsi que lors de la sélection du pays hôte de la Coupe du monde 2010, attribuée à l'Afrique du Sud contre le Maroc.
En 2000, l'Afrique du Sud avait été coiffée sur le poteau par l'Allemagne pour le Mondial 2006 et un membre de la FIFA avait déclaré avoir reçu des menaces de mort pour ne pas voter contre l'Afrique du Sud. Blatter avait alors promis le principe de la rotation des continents, et se faisait fort d'attribuer le prochain mondial à l'Afrique du Sud ; il faut dire qu'il craignait les réactions de Nelson Mandela, Thabo Mbeki, Desmond Tutu…
Le 15 mai 2004, Après le retrait de la Libye et de la Tunisie, le comité exécutif de la FIFA se réunit le 15 mai 2004 à Zurich en Suisse et choisit l'Afrique du Sud par 14 voix contre 10 voix pour le Maroc et 0 voix pour l'Egypte. Le Maroc avait alors crié à la corruption…
Avec ces inculpations d'aujourd'hui, cette histoire remonte à la surface et des choses pourraient être révélées sur les coulisses de cette attribution du Mondial 2010.
Comment le congrès pourra-t-il se tenir ?
7 membres sur 28 qui composent le Comité exécutif de la FIFA sont aujourd'hui arrêtés. Le « système Blatter » est ébranlé, à deux jours de l'élection à la présidence pour laquelle Blatter sillonne le monde depuis un an.
De plus, cette affaire, et bien qu'encore non jugée, montre et prouve bien que les soupçons de corruption au sein de la FIFA sont plus que de simples soupçons.
Le président de l'UEFA Michel Platini a annoncé une réunion du comité exécutif de l'UEFA mercredi après-midi. « On a une réunion cet après-midi du comité exécutif et demain on a une réunion de toutes les associations nationales », a-t-il déclaré à la presse à Varsovie, en se refusant à d'autres précisions. Son organisme, l'UEFA s'est dite « surprise et attristée par les événements qui ont eu lieu ce matin à Zurich ». En termes diplomatiques, cela indique que les Européens monteront au créneau vendredi et demanderont des comptes à Blatter, qui a su faire le vide autour de lui, ne maintenant dans son entourage que des personnages absolument fidèles et loyaux.
Certaines voix se sont élevées aujourd'hui à Zurich pour remettre sur le tapis les affaires de Jack Warner, ancien vice-président de la FIFA et Mohamed Bin Hammam, ancien membre du Bureau exécutif, tous deux hommes-liges de Blatter, brutalement écartés pour avoir « désobéi » et aussi pour avoir été en vue pour des affaires de corruption ; leur rôle de fusibles de protection pour Blatter était connu de tous, tous avaient gardé le silence pour ne pas connaître leur sort, mais aujourd'hui que le président semble avoir un genou à terre, tous pensent à parler.
La FIFA crane…
Walter de Gregorio, directeur de la communication, a été sollicité pour défendre ce qui peut encore l'être après ce coup de tonnerre. Il a affirmé que cette perquisition est liée à la plainte déposée le 18 novembre par la FIFA pour des soupçons de « transferts internationaux de patrimoine ». La meilleure défense n'est-elle pas dans l'attaque ?
« Ce n'est pas un jour agréable, mais c'est aussi un bon jour, car les choses avancent et nous avons hâte d'avoir des réponses », a très sérieusement affirmé M. De Gregorio, ajoutant sans rire que « la FIFA est la victime. Nous coopérons, nous donnons toutes les informations demandées. Il est de notre intérêt que toutes les questions posées trouvent des réponses ». Bref, conclut le porte-parole de la FIFA, « c'est bien pour la FIFA, mais pas en terme d'image… plutôt en ce qui concerne le ménage que nous avons entrepris ces dernières années ».
Et Sepp Blatter ? « M. Blatter est concentré sur le congrès et il reste relativement détendu. Ça ne veut pas dire pour autant qu'il danse dans son bureau. Mais il est très calme, il voit ce qui se passe, il coopère avec tout le monde. Il n'est pas un homme heureux aujourd'hui ». On serait malheureux, et inquiet, à moins.


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